
Je viens de lire le ralliement de l’ADF-RDA à la cause de CDP ! Je n’ai pas de mot pour exprimer ma tristesse ! Nous avons gagné ! Mais je suis triste ! Oui Nous avons gagné ! :
Oui, quiconque sait lire sait que le projet de loi du gouvernement ne déverrouille pas l’article 37 ! Bien au contraire ! Notre argument sur la personnalisation du pouvoir a été entendu ! Le CDP et ses alliés qui, pendant longtemps nous parlaient de « sauter le verrou », n’auront tout simplement pas gain de cause ! Je ne sais même pas de quoi certains zèles se réjouissent, car j’aurai été eux que je me plaindrais !
Oui, il n’y aura pas de referendum ! Il n’y aura pas de referendum parce que avec le soutien de l’ADF RDA, la majorité des ¾ de notre illustre Assemblée Nationale peut être réuni pour tout simple nous éviter le referendum ! Notre constitution permet cela ! 98 ! Oui il était 98 députés de la mouvance présidentielle à voter pour l’acceptation du projet de loi dans l’ordre du jour de l’Assemblée Nationale ! La majorité des ¾ se situe à 93 !
Personne n’aurait perdu son temps à débaucher l’ADF-RDA si telle n’était pas l’intention ! Comme le dit Gilbert Ouedraogo, dans l’intérêt de la paix, il est temps de mettre fin à la crise et de commencer à gérer l’après crise ! Appeler au referendum, c’est faire perdurer la crise pour quelque mois encore, chose qui ne jouera pas en faveur de la si précieuse paix des burkinabè !
Voilà, j’ai tout dit ! Il n’y aura NI referendum, NI déverrouillage de l’article 37 ! Et pourtant, Blaise Compaoré se présentera en 2015 !
Je ne dis pas que la lutte est terminée ! Je suis tout simplement réaliste ! Dans ce Burkina-Faso que je prétends connaitre si bien, il y aura des remous ! Peut-être même encore plus graves que ceux que nous avons connus à la mort de Nobert Zongo. Mais on finira par trouver un arrangement..
Que s’est-il donc passé ? Nous avons gagné sur le papier et pourtant je ne saute pas le champagne ! Je ne le fait pas, parce que malgré la défaite du CDP et de ses allies, Blaise Compaoré aura le droit de se présenter aux élections en 2015 ! Si vous saviez à quel point Compaoré m’exècre, vous comprendriez !
Que Diable donc s’est-il passé ? Avons-nous mené la mauvaise lutte ? Quelles erreurs avons-nous commises ? Aurions-nous mieux fait d’accepter un referendum au moins depuis le départ ? Les lecteurs de mon blog sauront qu’au départ j’étais pour une façon différente de lutter, chose que j’ai exprimé dans mon article « Comment Battre Blaise Compaoré » (https://burkinafache2015.wordpress.com/2014/01/13/comment-battre-blaise-compaore/). J’ai pourtant soutenu les méthodes de lutte du CFOP, surtout lorsqu’il est devenu claire que l’article 168 ne permettait pas au président d’appeler à un referendum, en tout cas pas pour déverrouiller l’article 37 !
Avons-nous perdu de vu les détails ? La formulation du projet de loi était une surprise pour moi ! Est-ce ceci que le CDP a toujours voulu négocier ? Avons-nous, en étalant nous armes dans la presse donne à nos opposants les moyens de leur victoires ?
Des personnes plus attitrées que moi feront bientôt une autocritique de cette lutte et j’espère que des leçons en seront tirées.
C’est bien une victoire amère que nous savourons ce soir. Tout n’est pourtant pas perdu pour l’alternance en 2015 ! Je reste convaincu que en sensibilisant les burkinabè à aller prendre leur carte d’électeur et à aller exprimer leur vote, nous réaliserons ce rêve pour notre pays.
Le projet de loi est enfin connu ! L’article 37 préserve son verrou, mais cette fois, en lieu et place d’une et une seule réélection, Compaoré en veut deux, portant ainsi “la durée de vie au pouvoir” – pour emprunter sa propre expression, passe à 15 ans ! Mais que se passe- t- il donc de l’autre cote ?
L’article 168 de la constitution a été respecté, dirait-on au CDP : Il n’y a pas de personnalisation du pouvoir, le verrou demeure toujours ! Mieux encore, nous nous engageons à ne plus jamais revenir sur ce sujet ! La durée du mandat ne pourra plus jamais être révisée !
Il n’y a pas de doute que la copie qui est aujourd’hui proposée, est une copie diamétralement opposée au « sautons le verrou de l’article 37 » ! Mais est-elle palatable pour autant ?
Au contraire ! D’accord, le verrou est la ! Mais la question de l’article 168 reste bien entière, et se fait même plus pressante que jamais ! Surprise n’est-ce pas ? Oui, comment peut-on justifier DEUX réélection plutôt que UNE ? Pourquoi 15 ans et pas 10 ? Pourquoi maintenant ?
Pourquoi nous soumettre un projet de loi dont le seul objet est d’accorder une rallonge a Compaoré ? Pourquoi nous demander d’accepter Compaoré pour encore 15 ans ? Oui 15 ans parce que bien sûr les lois ne sont pas rétroactive, et donc, Blaise pourra dormir jusqu’à 2030 !
Il semble que la limitation des mandats n’est plus anti-démocratique ! Ouf ! Finalement ils ont compris ! La proposition du gouvernement semble avoir été savamment pense pour permettre à Compaoré de se redorer le blason : Je ne veux pas d’un pouvoir a vie, mais juste que l’on me donne 5 ans encore ? Non, 15 ans ! Ah ! T’es pas tombe dans le panneau ! Veinard ! Apres 27 ans ! Cela n’émeut personne ! Ni au Faso, ni à l’étranger ! Pas de rallonge, pas même d’une seconde !
En effet, ce que cette proposition de loi vient nous démontrer, c’est le pouvoir a déjà été personnalisé ! Le président de la République vit déjà en violation de l’article 168 de la constitution, et cela parce qu’il vient de nous soumettre un projet dont le seul but est de lui accorder 15 années de plus ! Il n’y a plus aucune raison qui tiennent ! Il ne s’agit pas d’enrichir la démocratie comme certain ânes comme les Dijbo et les Niyamsi voulaient nous en convaincre ! Il s’agit pas non plus de faire respecter les droits ni la souveraineté de personne ! Il s’agit tout simplement, de changer ne serait-ce que une virgule dans l’article 37 afin de permettre à Blaise Compaoré d’évoquer la non-rétroactivité des lois !
Sacre Blaise !
Quand même ! C’est d’une constitution qu’il s’agit ! Je n’ai pu m’empêcher de rire lorsque j’ai lu le texte proposé par le gouvernement ! C’est cela le tripatouillage au sens premier même du mot ! Le Larousse en ligne (http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/tripatouiller/79740) définit tripatouiller en ces termes : Manipuler quelque chose en tous sens, le modifier malhonnêtement, le mettre en désordre : Tripatouiller un texte.
Aucune subtilité ! En fait, un texte tout à fait équivalent, mais qui expose le ridicule pour être bien rédiger en les termes qui suivent :
Art.37 alinéa 1 : Le Président du Faso est élu pour cinq ans au suffrage universel direct, égal et secret. Il est rééligible une fois.
Art.37 alinéa 2 : Le Président du Faso, Blaise Compaoré, bénéficie d’une rallonge non négociable ni renouvelable de 15 années a compte de la fin de son mandat en 2015.
Art. 165 : Après la promulgation de la présente loi, aucun projet ou proposition de révision de la Constitution n’est recevable lorsqu’il remet en cause :
– la nature et la forme républicaine de l’Etat ;
Voilà ainsi servi, cela qui nous criait que le nom de Blaise Compaoré ne figurait dans l’article 37 ! Maintenant il y est !
Que diantre, se passe-t-il donc de l’autre cote ? Le PF décide d’ignorer l’appel de son parti à sauter le verrou de l’article 37. Pendant que nous crions « Non au pouvoir a vie ! », il nous répond, « qui vous parle de vie ? Je ne veux rester que jusqu’à 80 ans ! »
Assurément, la proposition de loi du gouvernement ne peut pas passer l’Assemblée Nationale ! Ne serait-ce que sur un plan technique ! On ne peut pas inscrire le nom de Blaise Compaoré dans notre constitution ! C’est pourtant ce que le gouvernement nous demande si l’on croit la paraphrase que je viens de proposer. Le fait que les autre Président du Faso bénéficieraient des 15 ans aussi après Blaise, n’est qu’une conséquence de la cause, dommage collatérale nécessaire pour éviter de mentionner nommément Blaise Compaoré dans la constitution !
Alors donc, même le projet de loi de révision de l’article 37 a été rédigé de façon a ne lui donner aucune chance à l’Assemblée :
Logiquement, aucun député CDP ne peut voter pour ce projet de loi qui est en contraction flagrante avec la ligne du parti ! Le projet de loi est donc mort-né ! Mais vigilance néanmoins ! En 27 ans de ce régime, nous avons appris que certain élus pouvaient se montrer plus cancre que cet hurluberlu de Salia Sanou !
Que veut-donc Compaoré ?
En laçant le CDP sur la fosse piste du déverrouillage de l’article 37, il a réussi à pousser à l’exaspération, les prétendants au sein même du CDP qui auraient pu barrer la route a son frère François ! Si Salif pense qu’il est un as de l’intrigue politique, il doit avoir la tête entre les mains depuis la publication du projet de loi ! Ils se sont fait avoir tout simplement ! François est le dauphin et ce n’est pas le MPP qui y changera quelque chose ! Quel coup de maitre !
Le premier coup étant réussi, que cherche encore Blaise Compaoré ? Simplement une sortie honorable ! Oui, cette affaire de l’article 37 ne l’a pas du tout grandi ! Bien au contraire ! La presse nationale et internationale est couverte des frasques de cette affaire !
Par contre , si l’assemblée venait à rejeter le projet de loi, il acceptera le rejet, et redeviendrait une fois encore, Blaise le Sage, le Pacifiste, le Démocrate même – l’homme a un doctorat honoris causa en la matière – ! Savamment joué !
Même si les députes CDP passaient à côté de la plaque, il lui resterait encore une opportunité pour se redorer le blason. Il ne sera pas candidat en 2015, et aura aussi, si il l’emportait au referendum, assurer 15 années de plus à ce que nous appellerons la dynastie des Compaoré. Dans cette hypothèse, il gagnera double ! C’est aussi l’hypothèse la moins probable de toutes ! Parce que referendum, il n’y en aura pas !
La sagesse africaine veut que, lorsque l’on a encerclé son ennemi au cours d’une bataille, on lui laisse une ouverture pour s’échapper. Ceci parce que si autrement on l’exterminait, alors, son fils s’élèvera ensuite contre nous pour venger le père !
J’appelle donc nos honorables députés à donner cette sortie honorable a Compaoré, en rejetant le projet de loi ! Ne me dites pas que cette sortie honorable n’est pas ce qu’il désire ! Si il ne la désirait pas, il aurait procéder aussi à la mise en place du Senat, en même tant que cet appel au referendum !
La question de la succession dynastique au CDP ne me regarde pas, je n’en suis pas membre ! Mais comme ils le disent eux-mêmes, le « peuple souverain » décidera en 2015, si Compaoré François mérite la magistrature suprême ou pas ! Ce droit appartient au peuple, et je ne m’y opposerai pas, même si d’ores et déjà, je sais que je ne voterai pas Compaoré !
Un Compaoré donc, en cachait un autre !
Nous savions tous que rien n’empêcherait Blaise Compaoré d’appeler au referendum sur la question de l’article 37 ! Je me passerai bien de m’étaler sur la crise, ses raisons, les arguments de part et d’autres d’autant que tout a été dit sur le sujet depuis que la crise dure !
Compaoré a clairement exprimé son intention de tordre le coup à l’article 37. Qu’allons-nous faire ? Que nous reste-t-ils à faire ? Ma conviction, est que ce referendum est illégal et doit être empêché par tous les moyens !
Tous les moyens doivent être utilisés pour contester cette décision du conseil des ministres. Si une plainte est recevable à la cours constitutionnelle, alors qu’elle soit déposée au plus vite ! Ce ne sont pas les arguments qui manques, et nous les connaissons tous : La question de l’article 37 n’est pas une question d’intérêt nationale, un seul burkinabè sur 17 étant touche ! L’article 168 interdit l’idée de pouvoir personnel. Nul ne se doute que modifier l’article 37 nous rapprochera davantage d’un pouvoir personnel ! Finalement, il y a la question de la non-rétroactivité des lois ! Si tant il est vrai que la modification de l’article 37 n’a rien avoir avec la personnalisation du pouvoir, que l’on couple donc ce referendum avec la présidentielle de 2015 ! Le CDP et son candidats pourront toujours défendre leur position, et le peuple souverain tranchera, si tant est que l’on veut la souveraineté du peuple sur cette question de l’article 37 !
Nous ne serions pas au Faso qu’à l’heure où j’écris ces lignes, la foule se serait amassée à l’Assemblée Nationale pour la mettre en garde de prendre ses responsabilités ! Nous payons grassement ces députes pour qu’ils fassent leur travail. Qu’ils le fassent donc au lieu de se cacher derrière le peuple ! Le projet de loi du gouvernement ne devrait JAMAIS dépasser l’Assemblée Nationale ! Les jeunes en particulier ont le devoir citoyen d’aller à l’AN et de le faire savoir aux députes de la majorité. Le vote sur le projet de loi est secret, la constitution le garanti ! Qu’ils entrent et votent en toute conscience, mais qu’ils soient avertis qu’au sortir de l’AN, le peuple est là, qui les attend !
Le projet de loi du gouvernement n’est ni plus ni moins qu’un coup d’Etat, une haute trahison ! Par conséquent, ils sont tous, depuis le Président du Faso, jusqu’au plus insignifiant des ministres, en situation où ils occupent illégalement le pouvoir d’Etat au Burkina-Faso ! Nous citoyens du Burkina, devront faire face à ce coup d’Etat. Nous devons par tous les moyens nécessaires obtenir le départ de ses usurpateurs du pouvoir. Il faut bloquer l’appareille d’ETAT ! Le peuple du Burkina n’est pas moins méritant que les autres ! Les OSC ont déjà interpellé le peuple à prendre ces responsabilités. Elles ont suggère plusieurs façons de résister a ce coup d’Etat !
Les organisations religieuses devraient faire de même ! Les Evêques, les Imans, les Pasteurs, etc. tous doivent prêcher la résistance pacifique à leurs fidèles ! « Si, en face d’une situation d’injustice, vous rester neutre, c’est que vous avez choisi le camp de l’oppresseur », Desmond Tutu, Prix Nobel de la Paix ! La paix donc, ce n’est tendre l’autre joue ! Il n’y a pas de paix dans l’oppression ! Il y a juste un opprimé qui n’ose plus protester sous le joug de son fardeau, et un oppresseur qui en vient à croire que c’est le grand amour avec son opprimé !
« Quand le vin est tiré, il faut le boire » ! Chaque burkinabè est aujourd’hui interpellé à sauver la République ! Ne soyons pas dupe ! Ne soyons pas des froussards ! Ne nous abritons pas derrière le « peuple souverain ». Qui est-ce d’ailleurs ce peuple souverain ?: toi ?, lui ?, moi ?, eux ?, vous ?, nous ? Ce referendum n’a rien à voir avec la souveraineté d’un peuple, parce qu’autrement, la question de l’article 37 pourrait lui être posé – au peuple – dans moins d’un an, en 2015, lorsque le peuple ira, comme la constitution le prévoit, voté son président.
Non, ce referendum, c’est la volonté manifeste d’un seul homme, soutenu par une branche de l’armée que nous finançons tous par nos taxes, de soumettre en esclavage notre vaillant peuple !
Le choix est notre !
Nous pouvons comme nous l’avons fait pendant déjà 27 ans, courber l’échine, éviter l’affrontement et nous laisser à leur merci. Esclaves soumis, domptés, assujettis, rêvant de lendemains meilleurs. Oui, nous pouvons faire ainsi, avec la certitude que notre pays ne brulera point aujourd’hui, que rien ne changera, que nos enfants naitrons et mourront en esclavage.
Nous pouvons aussi, comme nos pères avant nous, rejeter le joug de l’esclavage, de la gabegie, de la tyrannie ! Nous ferons ainsi, avec la certitude que nous boirons le vinaigre, que certains d’entre nous ne serons pas là pour jouir de notre victoire. Mais nous aurons la certitude, que tous les burkinabè naitrons libres et égaux en droit !
Nous n’avons ni pétrole, ni diamant ni minéraux rares ! Il ne faut penser que quelqu’un viendra conquérir notre liberté pour nous ! Il ne faut pas non plus croire que nous obtiendrons notre liberté, tranquillement un jour, sans coup férir ! L’histoire nous apprend que chaque peuple doit conquérir sa liberté ! Les USA ont eu leur guerre de cessation, la France sa révolution : « si le temple n’est pas détruit, il ne pourra être rebâtit ! » disait Jesus-Christ et Eugene Pottier de paraphraser :
Du passé, faisons table rase
Foule esclave, debout ! debout !
Le monde va changer de base : Nous ne sommes rien, soyons tout !
Il n’y a pas de dire qui divise autant les burkinabè aujourd’hui que l’assertion du président B. Obama, lors de son discours d’Accra : « L’Afrique a besoin d’institutions fortes, mais pas d’hommes forts ». !
En ce qui me concerne, ce propos est une évidence valable non seulement pour l’Afrique mais aussi pour tous . Pourtant il se trouve bien des gens pour avancer un argument en contradiction avec les propos du président. Je me propose dans cet écrit de relever et d’analyser certains de ces arguments :
L’argument le plus souvent avancé pour contredire Obama, dit plutôt que les institutions fortes émanent des hommes forts. Et les partisans de cette argumentation de citer des exemples d’hommes qu’ils disent forts qui selon eux ont fait le bonbonneur de leur peuple respectif. On y retrouve donc A. Lincoln, Napoleon Bonaparte, M Luther King, etc. Un argument qui culmina en Aout avec la malheureuse sortie du Président du Faso à Washington, où il affirmait qu’il « n’y a pas d’institutions fortes, s’il n’y a pas d’hommes forts ».
Cet argument, à mon sens, présente trois failles principales :
La première faille, est celle d’une lecture erronée des propos du président Obama. Par exemple, Blaise Compaoré situe le propos de Obama dans le contexte de la lutte pour les libertés civiques aux USA ! Fait étrange, d’autant que le président lui-même prend le soin de bien dire « L’Afrique n’a pas besoin d’homme fort … ». Il n’y a pas plus sourde oreille que celle qui ne veut pas entendre !
La deuxième faille, est celle la méconnaissance des faits historiques ! Lincoln par exemple, quoique un élément clef dans la lutte pour l’abolition de l’esclavage, enracine son action dans la force des institutions que représentent le parti républicain, et le Senat américain. Si Lincoln n’avait pas bénéficié de l’appui de son parti, il n’aurait même pas été désigné candidat à la présidence de la République par ce même parti !
Quant à Bonaparte, il ne faut pas oublier que son ascension elle-même découle directement de la Révolution de 1789. C’est donc la révolution française qui donne tout son sens à Napoléon ! Il ne faut pas oublier non plus que lorsque celui-ci s’est éloigné des idéaux de cette révolution en établissant son propre pouvoir despotique, cela a conduit la perte de son régime !
Luther King est un Grand Homme, à ne pas confondre avec un homme fort ! Les Grands Hommes ont ceci de commun : ils sont tous Fort du Caractère : Lincoln, King, Mandela, etc… Faire l’amalgame entre un Grand Homme et un homme fort, c’est bien prendre le jour pour la nuit ! Il ne faut pas confondre Force du caractère et Homme Fort, même si les hommes forts eux-mêmes ont aussi une certaine force du caractère ! Il y a la force de caractère qui permet au Grand Homme de s’opposer contre toute attente à la force inouïe de l’oppresseur ! David contre Goliath ! Et il y a la force de caractère qui fait de vous l’oppresseur, celui qui est sans état d’âme même quand il écrase beaucoup plus petit que lui ! Il n’est pas donné à tous d’être aussi insensible ! Cette force de caractère-là ne fait pas de vous un Grand Homme, mais plutôt un homme fort !
La force de caractère des grands hommes leur permet de s’immoler pour le bien de tous, tandis la force de caractère des hommes fort leur permet d’immoler la nation entière pour leur seul profit !
Mandela c’est le Grand Homme, Hitler l’homme fort !
La troisième faille finalement, c’est que les partisans de l’argument manquent tout simplement de s’apercevoir de l’antagonisme entre institution forte et homme fort ! Il n’est tout simplement pas possible d’avoir les deux ensembles ! L’institution forte signifie que l’individu s’efface au profit de la communauté ! L’individu donc, ne peut rien devant les lois communautaires !
Par contre l’homme fort, efface la communauté. Lui, tout seul fait la loi, la pluie et le beau temps ! Rien n’échappe à son contrôle !
Lorsqu’un érudit comme Laurent Bado nous dit que « les institutions ne valent que ce que valent les hommes », il manque en même temps de nous souligner une nuance, très importante pourtant ! Cette nuance, c’est le terme « les hommes» comme dans « ce que valent les hommes ». Oui, les hommes et non « l’homme » ! Les institutions ne valent pas ce que vaut l’homme, elles valent que ce que valent les hommes ! Les institutions du Faso vont ce que valent les burkinabe et non ce que vaut Blaise Compaore ! Si le peuple est faible, les institutions le seront !
Plusieurs hommes forts, c’est cela la démocratie ! Le peuple entier est fort, chacun avec les autres est fort mais personne tout seul n’est fort!
L’autre argument assez proéminent souvent cité en exemple pour s’apposer au propos du président Obama, consiste à nous énumerer les cas encore plus récents de l’histoire du moyen orient. Ainsi donc, des pays comme l’Irak, l’Egypte, la Tunisie et la Libye, du fait des troubles profonds qu’ils connaissent depuis la chute de leurs dictateurs respectifs, démontrent de l’utilité des hommes forts !
La faille principale de cette argumentation, c’est de ne pas aller au bout du raisonnement ! La logique voudrait que justement des pays comme la Libye soit un exemple palpable des limites du modèle « homme fort » ! L’humanité a fait des progrès depuis, mais tous les hommes sont encore mortelle, que cette mort soit accidentelle, précitée ou arrive à son terme normale ! Le modèle homme fort nous enseigne donc qu’il faut accepter une période de passage à vide comme en Libye, après la mort de l’homme fort, en attendant qu’un nouvel homme fort émerge parmi les prétendants comme en Egypte. Le modèle nous enseigne aussi que cela peut prendre jusqu’à des décennies comme en Irak.
Il apparait aussi clairement que si ces pays avaient des institutions fortes, la pagaille aurait été évitée ! Le Sénégal après la démission de Senghor ne s’est pas entretuer ! La Cote d’Ivoire, a la mort de F. Houphouet-Boigny n’a pas été plongée dans la pagaille ! En tous cas pas, immédiatement ! La Zambie n’a pas été plongée dans le chaos par la mort de Mwanawasa en 2008.
Ce sont les institutions qui assurent la pérennité d’un Etat. Les hommes, tous, forts ou faibles passent ! Qu’un enseignant d’université développe une thèse aussi bancale que celle de L. Bado ?, cela repose toute la question du mal de l’Afrique : Avons-nous mal appris ou sommes-nous que trop souvent émotion plutôt que raison ?
Comment peut-on raisonnablement expliquer que le président du pays le plus pauvre de la planète réplique au président du pays le plus riche et le plus fort de cette meme planete, qu’en Afrique, il faut des hommes forts pour créer des institutions fortes, sans même se soucier d’appuyer son propos avec un exemple ?
Si vraiment la force des institutions n’y était pour rien, Mr. Compaoré ne devrait-il pas, avant d’ouvrir la bouche, craindre qu’une ogive nucléaire ramène son petit pays insignifiant à l’ère précambrienne ?
– « Battons-nous, justement, pour des scrutins véritablement démocratiques plutôt que pour des verrous constitutionnels destinés à limiter la durée de vie au pouvoir »
Ha ha ha ! « limiter la durée de vie au pouvoir » ! Ça veut dire quoi ? Cela sonne comme si l’on disait « après 2 mandats, tu meurs » ! Ha ha ha ! ho ho ho ho ! J’ai mal ! ha ha ha , hi hi hi hi, ho ho ho ho ! Bon, je comprends ce que tu veux dire, mais quand même !
Bravo ! Comment arrive-t-on au premier sans passe par le second ? Comme tu le dis toi-même, tes victoires aux élections ne sont pas véritablement démocratiques ! Cela concerne aussi les referenda ! N’est-ce pas ?
Et puis, tu as tendance à appliquer trop facilement des règles occidentale à une démocratie balbutiante comme celle du Faso ! Oui, toujours le même argument de nous égrener toutes les démocraties avancées ou il n’y a pas de limitation des mandats ! Des pays ou les ressources humaines sont alphabétisées à presque 100%, ou le débat politique est un débat d’idée plutôt que de personne, conduisant donc de fait à un nombre assez limité de partis politiques. Des pays, ou, à l’intérieure même des partis politiques les militants se battent par les idées pour arriver dans les instances dirigeantes ou recevoir les nominations requises. Des pays ou, la démocratie, ce n’est pas seulement dans les scrutins, c’est aussi dans les parties, les institutions, etc .., bref la fibre constituante de la société ! Peut-on comparer ces pays à d’autre ou Raogo reçoit 5000 F pour se présenter à l’arrêt du bus qui va le conduire droit au bureau de vote ? Des pays ou un étudiant de deuxième année de philosophie est en mesure de produire des écrits contre une souscription nationale d’un parti politique avec comme seul argument que les responsables sont personnellement suffisamment fortunés pour financer les activités du parti et la conquête du pouvoir ? Ce n’est pas demain la veille que ce futur penseur assimilera les concepts avancés de « chose publique » (République) et de « société de bien-être » ! Surtout si le pouvoir Républicain venait à être « patrimonisé » !
– « On a tendance à appliquer un peu facilement à l’Afrique les concepts occidentaux de gouvernance. Mais être président sur le continent, à la tête d’Etats fragiles, cela n’a rien à voir avec être président de la France ou des Etats-Unis. Des pays développés où les institutions sont fortes, les ressources financières et humaines abondantes, où les routes se construisent sans avoir à trouver des bailleurs, etc. Pour obtenir des résultats, en Afrique, nous avons besoin de plus de temps ».
Quand-même ! 26 ans au pouvoir et voilà ce qu’il nous sort ! Quels résultats as-tu donc obtenu en 26 ans ? Ne me dites pas que vous n’avez pas eu le temps ! Non ! Pour obtenir des résultats, il faut des objectifs, des ambitions, du travail ! La révolution de 83 à 87 a obtenu des résultats, bons et mauvais en 4 ans !
Et puis le principe de la gouvernance, est occidental ! Il n’y a pas de concept africain de gouvernance ! Cela n’existe pas et n’a jamais exister ! Nos petits royaumes ca et la ne se sont jamais coaliser en ETAT. Il faut le comprendre ! Ceux qui avant toi ont essayé de gouverner ces états modernes comme le Moogo Naaba le faisait de son petit royaumes ont tous simplement échouer !
Des routes qui se construisent sans bailleurs de fond ! Quelle ânerie ! N’as-tu pas compris que le premier bailleur de fond c’est le contribuable ? Le principe est simple pourtant ! Le citoyen cotise dans une cagnotte commune, et l’ETAT se charge de redistribuer suivants les besoins. Chacun contribue à la proportion de sa richesse ! Attention ! Cela ne marche que si les uns et les autres arrêtent de voler tout le monde ! Si on prend tes amis avec des mallettes bourrées d’argent !!! , cela ne passera pas … Le respect de la chose publique est la regle ! Bref ! Il n’y a pas de route au monde qui s’est construite sans bailleurs de fond !
Et les institutions ! Elles ne sont pas sorties de terre forte ! Quelqu’un les a voulus fortes ! Quelqu’un a défendu leur force ! Cela commence bien sûr par le respect de ses institutions ! Chacun doit jouer son rôle. Si vous êtes les garants des institutions, vous devez alors faire en sorte qu’elles soient fortes ! Si elles ne le sont pas, alors vous n’avez pas bien fait votre travail ! C’est aussi simple que cela ! Pourquoi alors persévérer dans la médiocrité ? Pourquoi ne pas laisser la place a quelqu’un d’autre pour que cette personne à son tour essaye de bien faire le travail ?
– « A son époque, il n’y avait aucune liberté dans ce pays : ni de presse, ni d’association, ni d’entreprendre, ni syndicale, ni politique… […] Il y a le mythe et il y a la réalité »
C’est vrai ! Mais les règles du jeu étaient claires pour tous ! Aujourd’hui, vous vous prétendez le père de la démocratie burkinabè, et pourtant, les uns disparaissent sans laisser de traces, les autres sautent avec des grenades dans leur voiture, les uns encore sont brulés, d’autres sont battus presqu’a mort pour avoir simplement exiger d’autres citoyens qu’ils respectent les règles de la circulation routière, etc.. La réalité ? Nous n’avons pas encore tourné la page de cette époque ou nous n’avions aucune liberté ! Et puis, ne met pas tous en bloque sur le dos de Sankara ! Tu as ta part de responsabilité, n’est-ce pas ? Si les partis Sankariste ne brillent pas aux élections, c’est sans doute comme tu l’as constaté toi-même, de l’absence « de scrutin véritablement démocratiques »
– « Il n’est d’ailleurs pas exclu, même si l’article 37 de notre Constitution venait à être modifié, que je m’arrête en décembre 2015, comme c’est pour l’instant prévu ».
Je vous le donne ! Un peu de sarcasme, ça ne fait aucun mal ! Si ce n’est pas du sarcasme, ce serait alors un propos d’une arrogance inouïe ! Dans tous les cas, rappelles-toi que M. Tandja allait « droit dans le flanc de la montagne » ! Ouagadougou, ce n’est pas Niamey, mais les aspirations des deux peuples sont les mêmes ! Alors, « murit » vite et bien la réflexion !
Depuis la levée des boucliers au sujet de la modification de l’article 37, le jeu politique burkinabè est devenu beaucoup plus intéressent à observer.
De mémoire de burkinabè, on n’avait jamais vu Blaise Compaoré déployer tant d’effort sur la scène nationale ! Le protocole d’état s’est fixé comme objectif de rendre le président visible à ses concitoyens. Du coup nous avons accès à tous les vas et vient de Mr Compaoré. Même ses multiples voyages privés nous sont communiqués. Il fait un discours ci, une autre là, se réunit avec les bailleurs de fonds, promeut le pays a l’extérieur, crée des organisations internationales … bref, le président du Faso est omniprésent dans la presse nationale. La maladresse va parfois même à lui donner un don de bilocation. En effet, en même temps qu’il préside son conseil des ministres – qui s’achève généralement en début d’après-midi -, on le retrouve, 5000 kilomètres plus loin en plein jour entrain de serrer les pinces aux princes de ce monde. Si ce n’est de la bilocation, notre président s’est donc doté d’un appareil supersonique pour couvrir de telles distances en un temps record.
Dans cette nouvelle donne, la politique internationale qui était prétendument son fort est désormais passe au second plan. Apres l’échec cuisant une fois encore de sa médiation au Mali (Rappelez-moi, quelle médiation de cet homme a été un succès ?), l’homme par qui passe le salut de notre peuple, daigne enfin porter son attention sur les taches pour lesquelles 1,2 millions de burkinabè (sur 17) l’ont élu !
Accusé par ses amis d’hier d’être un libéral dans un parti d’obédience sociale-démocrate, il trouve comme meilleur réponse de faire implémenter par son gouvernement des mesures dites sociales. Un piège pour les libéraux qui ont le vent en poupe en ce moment ! Piège qu’ils ont su éviter en ignorant tout simplement le sujet. Pourtant, nous savons tous que distribuer l’argent du contribuable de cette façon n’est pas une bonne gestion du tout. Et puis, ce n’est pas de programme ad hoc du genre, ni même du genre de celui des « fameux » engagements nationaux dont ce pays a besoin. Quand après 26 ans au pouvoir, on gère encore un pays de cette façon, cela est bien lamentable.
En réplique a l’opposition qui gagne de le la force et s’organise, il crée un Front Républicain (il aime bien les Fronts, populaire ou Républicain – le militaire revient au gallot -) en rassemblant quelques veules individus qui ne représente que eux-mêmes au pays des hommes intègres.
Comme à leur début avec les doctorats Honoris Causa (en faveur de la démocratie l’auriez-vous cru), notre Docteur honore (pour emprunter le terme à Nobert Zongo) cherche à embellir une fois encore son CV bien maigre et peu fourni. Tour à tour les organisations internationales régionales et africaines passent témoigner de leur appréciation. Les ambassades en quête elle-même de recognition sont mise à contribution. Même la première dame n’est pas en reste ! Elle collecte les prix et les honneurs pour ses efforts en faveur de la femme africaine ! Je suis certaine que les mères des orphelins de ce régime auront beaucoup à dire sur le sujet.
Malgré les apparences, le camp présidentiel, royaliste si je puis ainsi dire se rend à l’évidence de la défaite de leur cause. Les signes sont multiples.
Chacune des défections du camp présidentiel en faveur de l’opposition a été un coup dur. D’une part cela signifie que la bête a sans doute perdu de son mordant. Quand elle était encore jeune et pouvait, mal lui en aurait cuit, qui oserait quitter la barque ! Aujourd’hui le mythe est levé et tous les rats quittent la calle avant le naufrage !
Il ne faut pas oublier que avec les défections au plus haut niveau de l’appareil de Blaise Compaoré, se sont aussi ses secrets ‘industriels’ qui font défection ! Ces hommes qui ont orchestré le succès de Blaise aux élections, sont aujourd’hui de l’autre côté. Et comme pour le dire clairement, le premier acte déterminateur qu’ils ont posé a été celui d’un long voyage d’étude au Sénégal ! Clairement, ils se voient dans les mêmes chaussures que Macky Sall du Sénégal. Si eux donc sont Macky Sall, qui est Wade ?
Compaoré a aussi et surtout perdu la bataille à l’étranger ! Ce n’est pas pour rien que nous avons assisté à des enfantillages tel que le retrait avec fracas des passeports diplomatiques. Lorsque les ambassadeurs résidents des pays qui « comptent » vont à la rencontre de l’opposition pour connaitre leurs plans, c’est la façon diplomatique de dire à l’autre de foutre le camp ! Les révolutions arabes, la crise en Côte-d’Ivoire ont laissé des leçons que la communauté internationale ne peut ignorer : les pouvoirs à vie sont déstabilisateurs. Ce fut le cas en Libye, en Egypte, en Syrie, au Yémen, au Zimbabwe, en Côte d’Ivoire. Le mythe de l’homme fort a été démystifié. Il suffit d’une bande armée pour que le pays entier bascule dans la violence, particulièrement en Afrique ou les armées nationales sont mal entrainées, peu motivées et incapables : la cote d’Ivoire et le Mali sont deux exemples cuisants près du Burkina Faso.
Certaines plumes payés, ont vite fait de se taire au vu des répliques réfléchies, muries et logiques qu’elles ont reçues à leurs écrits. Dans les média sociaux, non content de promouvoir leur cause sur leur propres pages, c’est dire celle d’un pouvoir a vie, les tentatives de provocations se sont multiplier sans succès sur d’autres pages et groupes ouvertement oppose à leur dessein. Là encore, ils ont fini par se taire.
L’opportunisme ! Quand un juge de la cours constitutionnelle est assassiné comme cela porte à croire, le devoir et le bon sens, dans le contexte que nous connaissons appelle n’importe quel pouvoir en place à se démarquer rapidement pour éviter des débordements. Hors, dans l’affaire du juge Nebie, le régime de Compaoré semble trainer les pattes, laissant ainsi planer le doute dans les esprits … Coupable ou non, le doute profite au régime, d’ où l’opportunisme. En trainant avant élucider cette affaire, le pouvoir fait croire qu’il a quelque chose à craindre : Nous voici donc de retour à l’ère des intimidations ou les grenades sautaient dans les voitures des opposants ! Une dernière carte à jouer lorsque tout a échoué … et le temps presse. Vraisemblablement, vu le récent meeting de l’opposition, personne n’a été intimidé !
La crise autour de la modification de l’article 37 a eu le mérite de faire voir Blaise Compaoré à tous, au pays comme à l’étranger tel qu’il est, et tel que nous, nous l’avions vu depuis le 15 Octobre 1987 ! Il n’y a pas de doute qu’une opération de charme est en cours à Ouagadougou. Mais qui le régime cherche-t-il à charme ? Les burkinabè ou la communauté internationale ? Et à quelle fin ? Pour l’obtention d’un de ces postes internationaux qui se murmurent ca et la ?
Le balais est organisations régionales et interafricaine auprès de note docteur honoré peut s’interpréter soit comme une caution soit comme un au revoir. Nous choisissons de l’interpréter comme un au revoir. D’une part, même si un referendum était organisé, son issue me parait moins certaine avec les défections de poids qu’a connu le pouvoir. Et même si il l’emportait, il devra confronter d’une part la crise qui s’en suivra du fait du refus catégorique de l’opposition politique et d’autre part, d’un éventuel rejet des résultats par ses anciens compagnons de route. La bagarre pourrait être bien sale … A l’extérieure, tout le monde dénoncera le coup de force, et les sanctions s’abattraient sur l’un des pays les plus pauvre de la planète. Du dégradement de la situation déjà délétère de notre économie, s’en suivra des émeutes comme jamais encore vu dans ce pays, et qui enfonceront le clou sur un régime déjà moribond.
Le seul salut de Blaise Compaoré ne peut venir que d’une volteface de l’opposition burkinabè. Hors, cela est difficilement envisageable dans les conditions actuelles, même si il nous reste encore une année et demi jusqu’à l’échéance de 2015. Nous appelons Blaise Compaoré à renoncer publiquement a son projet afin la préparation de son départ commence. Pour la deuxième fois de son histoire, le peuple du Burkina ira aux urnes pour s’élire un président, sans doute venu de la société civile. C’est un évènement de marque, et il mérite bien une préparation.
Dans le contexte nationale actuel, je voudrais un instant prendre du recul pour analyser la situation.
Le pouvoir actuelle a-t-il des chances d’arriver à la modification de l’article 37 ? Nous le savons tous, cette modification ne peut se faire que de deux façons :
– Par voie référendaire
– Par voie parlementaire
Trois possibilités pour l’organisation d’un referendum:
Selon certains juristes, le président du Faso ne peut pas lui-même décider d’un referendum en la matière : Cela serait anticonstitutionnelle ; et la raison avancée est simple : Permettre à Blaise Compaoré de se représenter en 2015 n’est pas une question d’intérêt nationale !
La question qui serait d’un intérêt nationale serait celle de l’opportunité du déverrouillage de l’article 37. Hors a cette question nous connaissons tous déjà la réponse. En effet le peuple du Burkina a déjà par 2 fois sanctionne ce verrouillage en 1991 d’abord, puis en 2000 ensuite.
Vraisemblablement, si le droit est dit, le PF ne peut rien en la matière. Si il est vrai que le CDP s’active sur le terrain pour organiser une pétition (1), l’on ne se tromperait donc pas de penser que le Président du Faso serait donc au courant et même accepterait l’anti-constitutionnalité d’une telle décision !
L’opposition a déjà dit non et nous le savons tous. Bien joue d’ailleurs parce que a y réfléchir, cela sentait bien comme un piège. J’expliquerai pourquoi dans un instant, en traitant de la pétition.
Nous savons des négations qui ont été entamés que les positions sont toujours aussi divergentes. La plate-forme de négociation proposée par les médiateurs n’est guère favorable à cette modification. Si d’une part la proposition de mettre en place le Sénat pourrait paraitre comme un coup de pouce aux partisans de la modification de l’article 37, la proposition d’autre part d’insérer l’article 37 parmi les articles non modifiables de la constitution coupe nette toute velléité !
On peut envisager un scenario ou Blaise Compaoré sacrifie le Sénat au profit d’un referendum ; mais pas l’inverse !
Quelles sont donc les chances réelles de la médiation ?
Nous savons déjà qu’une association de la place a dénoncé une telle campagne (1). Suivant l’article 98 de notre constitution, 15 000 signatures de citoyens en droit de voter doivent être réuni pour cela. Nous n’avons pas encore eu vent du dépôt d’une telle pétition à l’Assemblée Nationale, mais logiquement, 15 000 signatures, cela ne devrait pas être difficile pour le CDP.
Mais quel sont les chances de succès d’une telle pétition ? Aucune !
Aucune parce que l’article 98 s’applique à tous ! Si l’opposition organisée autour du CFOP ne dépose pas une contre-pétition, alors, les citoyens le feront, et j’irai même plus loin comme je l’ai suggérer dans mon email ouvert au CFOP (2).
On pourrait très vite arriver à une guerre des pétitions paralysant donc toute décision quant à la tenue ou non d’un referendum. Une situation qui jouera plutôt en la faveur du camp de ceux qui s’oppose à la modification de l’article 37 !
Nous savons déjà que la raison pour laquelle le CDP ne privilégie pas cette voie, c’est bien parce qu’il ne peut pas réunir la majorité des ¾ que la constitution exige ! Quelles sont donc les perspectives de ce côté ?
Selon certains analystes avertis de la scène politique, en mettant en place un Sénat acquis à sa cause, le CDP pourrait réunir les ¾ de majorité requise entre L’Assemblée Nationale et le Sénat. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles l’opposition dit catégoriquement NON à la mise en place du Sénat.
Pendant combien de temps encore l’opposition peut-elle résister à la mise en place du Sénat ?
Le pouvoir de Blaise Compaoré est coincé de toute part ! Clairement, le referendum n’est qu’un bluff d’autant qu’il apparait clairement que, à moins que le Président du Faso prenne lui-même la décision, il ne sera pas possible d’obtenir l’organisation d’un referendum sur la question. Or, s’il prenait la décision, elle serait très controversée et combattue juridiquement, chose qui, non seulement entacherait sa légitimité, mais aussi pourrait donner lieu à une longue bataille juridique ! Une fois encore, le temps ne jouera pas en sa faveur, d’autant qu’il ne nous reste plus que à peine 15 mois pour organiser un tel referendum ! Mai 2015 est la date butoir selon la charte de le CEDEAO
La seule voie qui lui reste c’est de mettre le Sénat en place et de faire un passage en force par la voie parlementaire. Là encore, sa légitimité en prendrait un coup, et il se mettrait et l’Union Africaine, et la CEDEAO sur le dos ! De plus, il plongera alors le pays dans une crise aussi profonde que celle de 98 ! On voit mal comment une élection se tiendrait dans ces conditions. Son mandat expirerait, plongeant le pays dans un vide constitutionnel et juridique. Les sanctions tomberont de toutes parts ; les médiations aussi. Pour finir, il lui faudra accepter de partir ou alors d’être délogé comme Gbagbo !
« Tel est pris qui croyait prendre », pour reprendre les propos de M. Bénéwendé Sankara (3) ! Il me semble que la stratégie du CDP avait été de lever le faux lapin du référendum pour forcer l’opposition à conclure un marché : le Sénat et pas de referendum ! Le Sénat aurait alors été consensuelle, et la modification de l’article 37 acquise.
Cette fois, c’est le coup de force ou la fin ! Les bonzes démissionnaires (4) ont sans doute compris cela depuis un certain temps ! Et si certain hurluberlus commence à claironner les noms de François et même Djamila, c’est qu’un Compaoré peut bien en cacher un autre (5)
(1) http://lefaso.net/spip.php?article57383&rubrique2
(2) https://burkinafache2015.wordpress.com/2014/01/29/email-ouvert-au-cfop/
(3) http://www.lefaso.net/spip.php?article57726
(4) https://burkinafache2015.wordpress.com/2014/01/07/echec-et-mat/
Cher Monsieur Nyamsi,
C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai lu votre tribune international sur la situation au Burkina – Faso. En tant que panafricaniste moi-même, je vous félicite pour cet écrit, parce que je pense qu’il est grand temps que les africains se mettent ensemble pour trouver des solutions à leur problèmes. Il est alarmant de penser que hier nous avons décrié la balkanisation de notre continent, et aujourd’hui, des hommes sans scrupule font trop souvent appel à la fibre ethnique, clanique pour diviser et régner ! Le cas lugubre du Soudan du Sud ne cesse de m’attrister tous les jours ! Quel gâchis !
Si je puis me permettre de vous résumer, vous vous présenter comme un opposant au régime de Billa au Cameroun. Par conséquent vous soutenez non pas « … un pouvoir à vie pour le président Compaoré au Burkina Faso, mais d’une transition souple et démocratique à la tête du pays des hommes intègres ».
C’est notre vœux à tous ! C’est pourquoi il faut que la constitution soit respectée en son état ! Certains bonzes du régime développent des arguments aussi ridicules les uns que les autres :
C’est bien sûr ignorer qu’il n’y a pas que la lettre qui compte en droit ! Il y a bien sûr et surtout l’esprit ! La lettre c’est des mots, toute interprétation peut être acceptable. L’esprit par contre c’est autre chose ! L’esprit de l’article 37, à sa restauration en 2000 était clair pour tout le monde ! Y Compris le CDP ! Cela ne saurait souffrir d’aucune contestation aujourd’hui. Pardonner, ce n’est pas oublier ! Même à l’église, on fait pénitence pour le pardon ! Quelle aurait donc été le but de la restauration de l’article 37 si ce n’était que Blaise Compaoré fasse pénitence ?
Balivernes ! Qui ? Quand ? Comment ? Avec quoi ? Quelle armée ? Si Blaise Compaoré à effectuer 26 ans au pouvoir, c’est parce qu’il n’existe plus une armée au Burkina Faso depuis les évènements de Koudougou en 1987 ! Blaise est le ministre de la défense ! Depuis la mutinerie, seuls les soldats du RSP ont des munitions.
Assurément ! Cela fait 26 ans qu’il est la ! Mais ce n’est pas Blaise Compaoré qui fait tourner le Faso du matin au soir ! Ce sont ces fonctionnaires si mal payé ! Eux ils restent, ils ne vont nulle part. Quand Blaise va se vautrer en France pour une opération de la cataracte, personne au Burkina ne sait qu’il n’est pas la ! Ne vous y trompez pas ! Le départ de Blaise sera aussi inaperçu que le mien ! J. Rawlings a sans doute beaucoup plus marqué le Ghana que Compaoré le Burkina ! Rawlings est parti, le Ghana lui a survécu. L’expérience n’a rien à voir avec les hautes fonctions de l’Etat ! C’est pourquoi des officiers subalternes de l’armée peuvent s’en accaparer, eux dont la formation ne les préparent aucunement à de telles fonctions !
Quel est l’âge de la retraite au Burkina Faso ? Quel est l’espérance de vie ? Si Blaise avait si bien travaillé et que la retraite était à 65 ans et l’espérance de vie à 75, je vous l’accorderais bien volontier ! Mais voilà, c’est 55 ans la retraite et 57 l’expérience de vie ! C’est dire que les millions de Burkinabè qui sont né le même jour que Blaise Compaoré jouissent tous depuis presqu’une décennie de leur retraite ! Ceux-là qui n’ont pas eu la chance de se faire opérer de leur cataracte en France sont morts depuis 6 ans déjà ! A 63 ans, Blaise Compaoré est entrain de battre un record de longévité dans son Faso émergeant ! Le Burkina est un pays jeune ! Blaise est simplement trop vieux ! C’est la rigueur des statistiques du pays !
Et puis, dans une vraie démocratie ce n’est pas un homme personnellement qui fait des choses. Si Blaise a fait de bonnes choses pour le pays, c’est bien sûr a travers son parti le CDP dont il a influencé les projets de sociétés et les programme et autres manifestes. Le CDP continuera de bénéficier de cette intelligence qu’il prise tant et si le peuple veut bien voter CDP, il ne perdra rien.
En 1987, Blaise non plus n’avait pas la carrure d’un homme d’Etat. Ne dit-on pas d’ailleurs que c’est à cause de son manque de charisme que Sankara a été vote leader du CNR en 1983, alors que Blaise était celui-là même qui avait pourvu les hommes pour le coup d’Etat ?
Et puis, penser que ce sera forcément l’opposition ou un des ténors de la scène politique actuelle qui gagnera en 2015, c’est vendre la peau de l’ours avant de l’avoir vaincu. Qui vous dit que moi par exemple je ne serais pas candidat aux élections ? Que savez-vous de moi ? De mes chances de gagner ? Rien !
Quelle arrogance ! C’est le peuple qui fixe les règles de jeu de sa démocratie. En 1991, en toute connaissance de cause le peuple du Burkina Faso a adopté la constitution avec l’article 37 ! Le même peuple (ou une partie du peuple) a exigé sa restauration en 2000.
La constitution fixe un âge minimum pour être éligible en tant président de la république ! Ce n’est pas pour autant que nos concitoyens qui n’ont pas encore cet âge réclament la modification de la constitution ! Cela est-il anti-démocratique peut-être ?
La constitution fixe une caution à déposer pour être candidat. La plupart des burkinabè mourront sans jamais pouvoir réunir cette caution ! Réclament-ils pour autant la révision de la constitution ? Non !
Ce qui fait la démocratie, c’est la constitution ! Si l’article 37 est anti-démocratique, alors la constitution est anti-démocratique elle-même ! Nous aurons donc vécu sous un Etat d’exception depuis 1991.
Oui, le peuple est souverain ! Il a déjà décidé en 1991 et ensuite en 2000 ! Combien de fois faut-il le dire ? Ou alors faut-il faire voter le peuple jusqu’à ce que les résultats que vous escompter soient obtenus ? Dans ce cas, tripatouillez directement l’article 37 ! Nous aurions gagné du temps et de l’argent !
« Il ne s’agit pas seulement d’organiser des élections – il faut voir ce qui se passe entre les scrutins. La répression revêt de nombreuses formes et trop de pays, même ceux qui tiennent des élections, sont en proie à des problèmes qui condamnent leur peuple à la pauvreté. …. Personne ne veut vivre dans une société où la règle de droit cède la place à la loi du plus fort et à la corruption. Ce n’est pas de la démocratie, c’est de la tyrannie, même si de temps en temps on y sème une élection ça et là, et il est temps que ce style de gouvernement disparaisse. » Barack Obama
Un non-sens ! Qu’est que cela veut dire ? Le président est parti, vive le président ! Quand le peuple vote pour le changement c’est qu’il veut un changement ! Pas une transition en douceur ! Comment fait-on d’ailleurs une transition apaisée ? Comment remplacez-vous une administration Républicaine par une autre Démocrate de façon apaisée ? En créant un troisième parti de Démocrates -Républicains ? Aberration n’est-ce pas ! Un changement est un changement ! Il n’y a pas de transition en démocratie : un jour, il y a une président, le lendemain il y a en a une autre. Les fonctionnaires du palais de la présidence introduisent le nouveau dans ces fonctions. C’est ça la pérennité de l’Etat !
Blaise a eu 5 ans pour finir ses chantiers ! Il lui reste encore 2 ans d’ici à décembre 2015. Aux USA – ou il y a limitation des mandats – ils parlent de ‘lame duck’, ‘canard boiteux’ pour qualifier la dernière session, le dernier mandat.
Le CCRP s’est accordé sur le principe de l’amnistie. C’est dire que nul ne pourra même si il le voulait causer des ennuis à Compaoré.
Alors de quel apaisement parle-t-on donc ? De quel non apaisement s’agit-il ?
Mon cher Nyamsi, il me semble que vous avez un peu perdu le fil de votre argument après votre introduction. Sans prévenir, votre tribune s’est transformée en une défense véhémente des mérites du président Compaoré. Pour ce faire, vous avez développé les mêmes arguments que les caciques du régime Compaoré. Ces arguments, vous conviendrez avec moi ne tiennent pas à la scrutation.
Mon cher Nyamsi, je ne suis pas d’accord avec vous quant à la grandeur et la valeur de Blaise Compaoré. Mais, c’est votre droit de penser du bien de lui et je me battrai pour que vous puissiez le faire.
Mon cher Nyamsi, méditons ensemble sur cet extrait du discours du Leader du Monde Libre : « Alors ne vous y trompez pas : l’histoire est du côté de ces courageux Africains, et non dans le camp de ceux qui se servent de coups d’État ou qui modifient les constitutions pour rester au pouvoir. L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais de fortes institutions. »
Barack Obama
Cordialement,
Du livre de Daniel dans l’ancien testament, la citation est interprété comme signifiant : “Compté, pesé et divisé”, « ton règne est compté, pesé et divisé ». Selon la bible, aucun des conseillers du roi Belshazzar n’a pu interpréter l’inscription sur le mur ! Seul Daniel, connu pour sa sagesse fut à mesure de le faire !
Aux sages auto-proclamés qui se sont autosaisis des affaires de notre pays, donnez à Blaise Compaoré le vrai sens des évènements : « Mene Mene Tekel Upharsin ! »
Depuis l’avènement de Blaise Compaoré au pouvoir au Burkina- Faso en 1987, il a semé tout seul tous les ingrédients pour une explosion sociale. Rappelons :
A la mort de Norbert Zongo en 1998, c’en était vraiment trop. Blaise devait partir. C’était ma conviction. Lorsque la foule présente au cimetière pour l’enterrement de Norbert s’est mise à marcher, j’ai enfin compris que l’heure avait sonnée ! Sans rien forcer ni précipiter, je me suis naturellement retrouvé à la tête de cette foule immense qui marchait sur la présidence du Faso, pour faire ce que plus d’une douzaine d’année plus tard, les tunisiens, les égyptiens et les libyens réussiront. Le reste, c’est de l’histoire … Quand je parle d’un peuple de moutons ou de froussards, je sais de quoi je parle ! Moi, quand je marche, je marche ! Je ne cours pas !
Libérer après 36 heures de « manœuvres » au camp de gendarmerie de Paspanga, je me retirai pour ruminer mes griefs envers la 4eme République et observer avec abjection pendant que la CFD et les sages sabotaient ma belle révolution populaire ! Le Faso avait manqué son rendez-vous avec l’histoire ! En lieu et place de la résolution du problème, les politiciens ont préféré une bombe à retardement ! La confrontation entre Blaise Compaoré et le peuple du Burkina Faso est inévitable ! Tout le monde le sait, surtout ces hommes qui se disent sages ! C’est pour cette raison qu’à chaque fois ils s’empressent de faire des médiations dans l’espoir que si un coup d’Etat ne l’emporte pas, Blaise s’en ira volontairement et la bombe sera desarmorcée ! Mais voila ! Au pays des coups, il n’y aura ni coup, ni depart volontaire ! TIC TAC TIC TAC … va la bombe !
Nous sommes dans un match ou l’arbitre à arrêter le match et joue la montre ! Pourtant, que cela soit par la prolongation ou les tirs au but, il faut un vainqueur et un vaincu à l’issue du match !
Que ceux qui veulent attendent les prolongations ! Que d’autres encore attendent les tirs au but ! Pour ma part, je vais jouer ce match. Personne ne viendra du banc de la touche me remplacer ! C’est mon match ! Pas le leur ! Je refuse de léguer à mon fils un Burkina Faso ou cette confrontation pendra sur sa tête comme une épée de Damoclès ! Non, je refuse !
Compaoré provoque ! C’est toujours le même gars qui provoque depuis 26 ans ! Que voulez-vous que nous fassions ? N’avons-nous pas fait suffisamment éviter la confrontation ? Que nous reste-t-il encore à faire ? Baisser la culotte et écarter les jambes pour se faire enculer ? C’est cela que vous voulez messieurs les médiateurs autosaisis ? JAMAIS, JAMAIS et JAMAIS !
Quelle médiation y a-t-il à faire pour que le premier des citoyens respecte la constitution ? Nous savons tous que la lettre de l’article 37 permet sa révision ! L’esprit de l’article était pourtant de permettre à Blaise de partir et de nous éviter la guerre civile que nombre de pays d’Afrique ont connu ? Quel juste milieu existe-t-il donc entre le départ de Blaise et son maintien ? Son départ à moitié ?
Compaoré joue avec le feu ! Dans un contexte sous régionale aussi volatile que le nôtre ou la Cote d’Ivoire est en train de se remettre d’une guerre civile pour exactement les même causes, ou les armes pullulent au Nord du Mali suite à la rébellion Touareg, une armée de mercenaire est vite levée pour le faire partir de grés ou de force. Ou est-ce bien cela qu’il veut que nous fassions ? Un prétexte à la Gbagbo ou à la faveur de la guerre, l’échéance de 2015 est remise ?
Compaoré me donne l’impression de quelqu’un qui n’a aucune intention de quitter le pouvoir vivant ! Pour preuve ! A Chaque fois qu’on lui trouve un arrangement, il s’arrange pour créer un autre problème ! Qu’il le dise ouvertement si c’est cela son intention ! Nous pourrions faire les arrangements nécessaires en termes de loi et laisser les familles des victimes citées ci-haut lui rendre justice après son départ de la présidence ! Au moins aurait-il la satisfaction d’avoir payé certaines de ses dettes !
Médiation ou pas, Blaise doit partir en 2015, sinon !
Je ne me sentirai nullement lié par aucune médiation dont le résultat serait de maintenir Blaise Compaoré après 2015. Cette fois, je ne me mettrai pas à l’écart pendant que d’autre saboteront mon pays !
Oui, la recréation est vraiment terminée au Burkina Faso ! Blaise Compaoré, « Mene Mene Tekel Upharsin » !
Mesdames, Messieurs du CFOP,
Ceci constitue un pas sans précèdent d’autant que je préfère apporte ma contribution à l’édification de notre pas à travers mon Blog essentiellement, et plus récemment, par la page de sensibilisation sur Facebook.
Blog : https://burkinafache2015.wordpress.com/
FaceBook: https://www.facebook.com/fasoalternance2015
Pour ce qui est la lutte pour l’alternance en 2015, quoique je salue et respecte votre engagement, je suis plutôt d’avis que les méthodes ne sont pas les meilleurs. Blaise Compaoré est un homme qui utilise et manipule la loi à son profit. Pour donc le battre a son propre jeu, je suggère l’utilisation de l’article 98 de la constitution à notre avantage :
Article 98
Le peuple exerce l’initiative des lois par voie de pétition constituant une proposition rédigée et signée par au moins quinze mille (15 000) personnes ayant le droit de vote dans les conditions prévues par la loi.
Alinéa 2 (Loi N° 002/97 /ADP du 27 janvier 1997)
La pétition est déposée sur le bureau de l’Assemblée Nationale. Le droit d’amendement appartient aux Députés et au Gouvernement quelle que soit l’origine du texte.
L’idée est d’introduire une pétition pour rendre l’article 37 non révisable comme cela fut le cas pour Tandja au Niger. Je vous laisse le soin d’en étudier les aspects techniques et juridique avec vos conseils et constitutionalistes. Ma suggestion pour un tel article :
Article N : L’article 37 de la présente constitution n’est pas révisable ni par voie parlementaire, ni par voie référendaire pour une durée de 200 ans a compte de ce jour 29 janvier 2014.
Au terme des 200 années, le peuple sera consulté par un referendum sur le renouvellement du présent article pour N années supplémentaires ou sa suppression.
Le présent article prend précédence sur tout autre fixant les modalités de modification de l’article 37.
Je reste confiant que vous pourrez réunir 15 000 signatures en quelques jours seulement.
Cordialement,