Les notes de Koudraogo

Réformes au Faso: II- Du pouvoir exécutif !

Dans la première parti de mon blog sur les reformes, j’ai suggéré que la constitution élargisse les droits fondamentaux des burkinabè pour inclure le droit à une éducation gratuite et obligatoire jusqu’à 16 ans, le droit à un environnement sain du paludisme, et qu’elle – la constitution –  assure l’égalité de tous devant la maladie en créant les conditions nécessaire à l’épanouissement de structure médicale nationale de haute qualité, en interdisant explicitement les évacuations médicales pour les hommes politiques de notre pays. (1)

Poursuivant ma réflexion sur les reformes, je me propose de me pencher dans ce blog sur le pouvoir exécutif. Ma prétention n’est pas de dicter ce qu’il faut faire, mais plutôt d’ouvrir le débat sur certains de nos manquements actuels, de nos problèmes et aussi de proposer des débuts de solution avec les moyens pour les mettre en œuvre.

Je dois avouer ma déception vis-à-vis de l’effervescence qui existe en ce moment autours des candidatures à la présidentielle de cette année ! Je trouve étonnant, et ahurissant que des hommes, qui n’ont aucunement contribué au débat nationale, avant même d’avoir exposé une quelconque vision pour notre cher pays, puissent trouver parmi nous, une horde de gens suffisamment naïfs, écervelés pour aller dans les salles de conférences pour les brandir en héro et les « appeler » à se présenter ! Certains même se font appeler depuis des années par le travers des medias sociaux !

Nous avons tous été témoin de ce type de dérive, ce type de culte de la personnalité qui n’a rien à envier des Nord-Coréen, qui ont conduit  à la révolution de novembre.  Compaoré est à peine parti que certains burkinabè se sont déjà trouvé d’autres manitous, dieux tout puissants descendus des nues pour sauver notre pauvres Burkina-Faso !

Un seul homme peut-il ‘sauver’ ce pays ? Des hommes qui n’ont pas le courage de regarder le peuple droit dans les yeux pour lui dire qu’ils ont l’intention de briguer la magistrature suprême, mais passe plutôt par l’instrumentalisation des masses analphabètes peuvent-ils vraiment être porteur d’un bon augure pour notre pays ?

A qui la faute ?

La faute, à mon avis, est celle d’un système qui concentre bien trop de pouvoir entre les mains d’un seul homme !  A quoi cela sert-il d’être une Démocratie, et d’avoir un monarque au sommet de l’Etat ? N’est-ce pas la même une contradiction, vu le sens étymologique de mot ? « Demos », le peuple  et « kratos », capable de gouverner ?

Si donc le peuple est capable de gouverner, pourquoi alors faut-il concentrer les pouvoirs entre les mains d’un seul ? Alors les esprits les plus faibles d’entre nous en viennent à prendre cet homme pour un dieu !

C’est à cette situation que je m’efforcerai de trouver une solution. Il faut remettre à César, ce qui est à César !

 Du Président du Faso

Comme le nom l’indique, le président du Faso est vraiment le président de tous les Burkinabè ! Il représente le Faso, la république, l’unité du Faso ! Pourtant !

Personnellement, je n’ai jamais pendant ses 27 années de pouvoir vraiment reconnu Blaise Compaoré comme mon président ! Pas simplement parce que je n’ai jamais voté pour lui ! Simplement, je ne me suis jamais reconnu dans ses aspirations. J’ai grandi sous la révolution, j’ai pleuré quand Sankara est mort, je me suis fâché quand les Burkinabè se sont accommoder de la situation.

Je suis certain que je ne suis pas le seul burkinabè dans une telle situation ! Moi je porte volontiers un regard critique sur l’ère sankariste, sans aucunes complaisances. Bien des gens sont encore incapable de cela !

Compaoré était donc le président de tous les burkinabè, sauf..

N’est-il pas là le danger ! Un président de la république en qui peu de gens se reconnaisse !

Le président du Faso doit être celui qui unifie le pays ! Celui qui rassemble les burkinabés d’ici et d’ailleurs ! Celui qui est au-dessus vraiment de nos critiques! Pourtant, au moment chaud du débat sur l’article 37, nous avons eu droit à des sorties malheureuses comme les « nous avons une majorité dans ce pays.. »

Le président du Faso idéal, donc ne peut exercer aucun pouvoir exécutif ! Son rôle est purement honorifique, un peu comme un monarque constitutionnel ! Tous les honneurs, mais aucun pouvoir exécutif !

Dans de telles conditions, on pourrait envisager les candidatures indépendantes au poste, un mandat un peu plus long – 7 ans renouvelable 1 fois seulement – .

Les attributions d’un tel rôle sont bien décrites dans les constitutions des pays avec un système parlementaire.

Bref, vous avez compris l’idée, je voudrais redonner le pouvoir au peuple à travers une démocratie parlementaire. Dans un tel contexte, le Président du Faso symbolise l’unité nationale. Le pays entier évite de remettre son destin à un seul homme ! Quelques soit son intelligence, un seul homme ne peut avoir des solutions à tous les problèmes d’une nation. Seuls les échanges, les débats, les contradictions permettent de mûrir des solutions efficaces aux maux qui minent les peuples. Ce cadre d’échange, de débat, c’est d’abord le parti politique, puis le parlement. L’exécutif qui doit donc gérer nos problèmes quotidien, doit à mon sens être issu du parlement.

Au sommet de l’Etat, nous devons protéger l’unité, l’union, la nation entière sans exception et non une frange.

 Du Gouvernement

L’ère Compaoré nous a démontré une chose : on peut créer un ministère pour n’importe quoi ! Se servir des ministères pour récompenser les uns et les autres. J’ai toujours eu du mal à comprendre pourquoi quelqu’un à qui le peuple n’a pas donné sa confiance peut cependant présider au destin national à travers un ministère ? Comment est-il possible que les uns et les autres aillent sur le terrain battre campagne sur un projet de société spécifique, et ensuite il revient à d’autres de mettre le projet en œuvre sans même comprendre de quoi il s’agissait !

Le Président du Faso n’ayant aucun pouvoir exécutif, il revient donc au gouvernement d’exerce ce pouvoir !

Je suggère donc que la constitution fixe un nombre maximum et minimum de ministères. Disons 7 ministères au minimum et 15 au maximum, cela mettra fin au gouvernement récompense. On peut déjà voir se dessiner les ministères clef : Premier Ministère, Finance, Administration territoriale, Justice, Défense, Affaire Etrangère et Coopération, Education nationale, Santé, Agriculture, Environnement, Culture, Transport, Travail (Affaire Innovation et Métier).

Le nombre limité de ministère permettra du reste aux cadres des partis de se spécialiser pour la gestion de ministères spécifiques. L’opposition pourra aussi nommer des porte-paroles pour chaque ministères, afin d’apporter la contradiction au ministre, de critiquer les politiques adoptées et de faire des contre-propositions.

Les ministres doivent être des élus du parlement ou du Sénat, c’est-à-dire une personne en qui un certain nombre de burkinabè ont placé leur confiance. Une personne de terrain, une personne qui connait de fond en comble le programme politique sur lequel il a été élu !

Le premier ministre est désigné par le parlement, parmi les députés élus. Le premier ministre est le chef du gouvernement, et préside le conseil des ministres. Il décide de la taille du gouvernement, de ses orientations et propose les ministres au Président du Faso qui les nomme.

En cas de démission d’un membre du gouvernement, celui retrouve sa place au sein de l’AN ou du Sénat.

Pas grand changement ici, sauf le nombre maintenant fixé des ministères et la responsabilisation devant le peuple des ministres en faisant en sorte qu’ils soient des élus : la seule allégeance d’un gouvernement doit être au peuple. Ainsi donc, le peuple sanctionne directement les ministres incompétents lorsque les élections arrivent. La situation devrait aussi permettre d’obtenir plus facilement les démissions en cas de scandale, parce que le ministre retombe sur son rôle de député. Ces gens qui pensent que la rue ne fait pas tomber de gouvernement réfléchiront par de fois avant !

En faisant des ministres des élus, nous dépolitisons de fait l’administration publique. En effet, seuls les membres du parlement pourront prétendre aux postes de ministre. Ils arrivent au Ministère, élu par le peuple pour un programme qui a convaincu la majorité des burkinabés. Pour le mettre en œuvre, il leur faudra savoir compter sur une administration de technocrates dépolitisés. Il y va de leur propre intérêt et de celui du premier ministre ! Si ils se font complaisants et politise l’administration par des nominations politiques, ils ne seront pas en mesure d’obtenir le meilleurs des cadres lésés de l’administration, chose qui jouera sur leur capacité à obtenir des résultats ! La sentence du peuple sera sans appel ! Du reste, leur collègues députés peuvent très rapidement demander leur démission ! Le parlement contrôlera véritablement l’action du gouvernement en ayant le droit de retirer sa confiance au premier ministre – vote à la majorité des députés -.  Celui-ci devra alors rendre sa démission !

Conclusion :

Deux principaux idéaux ont guidé les propositions faites ci-hauts : l’unité du Faso et la remise du pouvoir du peuple au peuple.

Le Faso ne peut pas être UN, si il a un président qui se bat pour des intérêts partisans ! Il ne peut pas être UN, si le président du Faso peut donner des ordres dont les conséquences pourrait être néfastes pour les uns, allant parfois même jusqu’à la mort. Si le président du Faso n’impose pas le respect de tous, l’avenir de notre pays n’est pas garanti !

De plus, un seul homme, à moins d’être un monarque absolu, ne saurait avoir de tels pouvoirs ! Le pouvoir appartient au peuple et il convient donc que le peuple l’exerce à travers un gouvernement élu. Ultimement, l’allégeance de tout politicien devrait être au peuple, rien qu’au peuple et seulement au peuple.

Dans le chapitre prochain, nous évoquerons le pouvoir législatif, ou nous verrons comment nos suggestions encreront d’avantage le pouvoir dans les mains du peuple.

 (1) https://burkinafache2015.wordpress.com/2015/01/19/reformes-au-faso-i-des-droits-fondamentaux/

Réformes au Faso: I- Des droits fondamentaux !

Apres avoir renversé le régime népotique et kleptocratique de Blaise Compaoré, notre pays s’est engagé dans une transition qui débouchera en Octobre prochain à des élections générales. Nous nous sommes donné ce temps afin de procéder à des reformes.

Mais de quelles réformes s’agit-il ? D’où viennent-elles ? Attendons-nous que le gouvernent de Zida nous en propose ?

En tant que citoyen, je me propose de partager avec vous, ma vision pour le Burkina Faso de Novembre 2015. Dans ce blog, je vous propose de réfléchir ensemble sur les droits fondamentaux que chacun de nous citoyens, devront avoir à l’issue de ces réformes.

Ma prétention n’est pas de dicter ce qu’il faut faire, mais plutôt d’ouvrir le débat sur certains de nos manquements actuels, de nos problèmes et aussi de proposer des débuts de solution avec les moyens pour les mettre en œuvre.

Le droit à l’éducation

L’analphabétisme est à mon avis le défi le plus grand que doit relever notre peuple. Il a été démontré dans plusieurs pays que l’école permet de hausser le niveau de vie !  Les exemples de pays qui sont passés par la avant nous sont légions : la Chine, l’Inde, la Corée du Sud, le Brésil, etc.

Combien sommes-nous, nous qui lisons ses pages, qui connaissons des gens des mêmes âges, qui n’ont pas eu la chance d’aller à l’école et qui sont soit déjà morts ou sont dans des conditions de vie les plus difficiles ?

Combien sont-ils dans le monde rural qui meurt aujourd’hui pour des causes que la médecine moderne a vaincu ? Des morts « évitables » comme cela se dit !

Oui, une grosse partie de notre pays rame à contre-courant du développement national !

Pour ces raisons donc, le droit à l’éducation doit non seulement être constitutionnellement reconnu, mais aussi rendu obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans ! Les parents sont responsables devant la loi pour que leur progéniture aille à l’école. La loi fixera les sanctions pour les contrevenants. L’enseignement publique est entièrement gratuit (livres et fournitures scolaire y compris).

Il faut développer les écoles de métiers : maçonnerie, électricité, plomberie, mécanique, etc. Pensez que tous les enfants après le BEPC suivront le cycle classique pour aller à l’université est une simple aberration. Très peu de pays au monde ont un taux d’éducation tertiaire élevé. Du reste, lorsque l’on analyse les recettes des pays développés, l’on s’aperçoit que les métiers contribuent énormément au budget de l’état. C’est la TVA collectée par les PME qui renfloue les caisses. Quand est-ce la dernière fois que vous avez payé la TVA sur les services du plombier ou de l’électricien qui est venu ‘bricoler’ chez vous ?

Une façon de financer la gratuité de l’école est de baliser les revenues obtenus du boom minier (circa 200 milliard/an) pour l’éducation nationale. Pour réduire les couts, des initiatives pourrait être développées pour permettre le partage des ressources : livres électronique, tablettes, laboratoires mobiles, etc.. Il appartient aux partis politiques de trouver les idées nécessaires pour respecter les droits fondamentaux des enfants burkinabè à l’éducation.

L’autre façon de financer la gratuite de l’école et surtout la création des instituts de métier est de lever un certain pourcentage de TVA sur des services jusque-là classés dans l’informelle : maçonnerie, boulangerie, pâtisserie, mécanique, plomberie, électricité, agriculture etc.

Tout le monde ne peut pas être fonctionnaire ! Résorber le problème d’emploi des jeunes,  passe par la disponibilité d’une offre de formation qui permet et facilite l’auto-emploi.

Le droit à la santé

Le pays ne pourra se développé non-plus sans une population saine. Le paludisme est la principale cause de maladie en Afrique. L’impact économique du palu est considérable.

A l’échelle du continent, on évalue que le manque à gagner dans l’économie du fait du paludisme peut aller jusqu’à 12,2 milliards USD/ an. A cela s’ajoute presque 1 million de morts, soit 1/5 des totaux planétaire.

Certaines estimations montrent que dans certaines régions d’Afrique, le palu peut couter jusqu’à ¾ des revenus d’un ménage ! Si l’on applique ceci au PIB/habitant de notre cher pays, cela fait jusqu’à 20250 CFA pour se soigner du palu et juste 6750 CFA pour vivre le reste du mois ! Vous conviendrez avec moi qu’une famille qui subit un tel coup dur, tombera très rapidement dans un cercle vicieux de pauvreté. Au même moment, nous payons 4 fois cette valeur à nos vaillants députés pour qu’ils contribuent 0 (zéro)  F. CFA dans les caisses de l’Etat ! En plus, nous leur garantissons l’évacuation sanitaire au compte de l’Etat ! Pourtant les burkinabè naissent égaux en droit nous dit la constitution !

Il convient donc de s’attaquer aux causes d’une maladie aussi dangereuse pour l’économie et les hommes. Je suggère donc d’inscrire dans la constitution, le droit de chaque citoyen burkinabè de vivre dans un environnement sain du paludisme !

Ambitieux, mais possible et réalisable. Des pays comme la Chine et bien d’autre étaient infestés de paludisme dans les années 50. Aujourd’hui, le palu y est éradiqué !

Côté financier, il existe d’importantes ressources internationales pour appuyer les gouvernements dans la lutte contre le paludisme : l’OMS, la fondation Bill et Melinda Gates, etc.

Sur le plan national, on pourrait envisager la levée de quelques taxes pour contribuer à l’effort d’éradication et à l’assainissement du cadre de vie. Quelques exemples :

  • La suppression des évacuations sanitaires pour les politiciens
  • Une taxe sur les ventes de cigarette et d’alcool,
  • Une taxe sur l’utilisation des emballages plastique (N Francs sur chaque emballage plastique produit ou importé)
  • La taxe d’assainissement sur les factures d’eau (forfaitaire ou par mètre cube)

Le droit à la sante va de pair avec l’accès à des structures de santé dignes du nom. Pour encourager les futurs dirigeants du pays à investir dans ce sens, il conviendrait aussi d’inscrire dans la constitution une interdiction formelle d’évacuer au compte de l’Etat, tout citoyen burkinabè exerçant une fonction politique quelconque. En terme clair, pour des raisons d’éthique et de souveraineté nationale, tout citoyen exerçant une fonction politique : Président du Faso, ministre, député, maire, conseiller municipale, etc .. ne peut bénéficier d’une évacuation sanitaire au compte de l’Etat ! Qu’ils travaillent à bâtir ici, les structures de santé pour nous soigner tous ! Mandela n’est pas allez mourir en France ou au Maroc ! Certains pourtant, allaient se vautrer au Val-de-Grace pendant que d’autres se faisaient aveugler ici pour les mêmes procédures. Il faut en finir avec ce système de tiers !

Conclusion :

En inscrivant dans la constitution le droit à l’éducation et le droit à un environnement sain du paludisme, et l’impossibilité pour les hommes politiques de bénéficier des évacuations sanitaires, nous permettrons à notre constitution d’assurer un avenir radieux pour notre pays.

Ceci veut dire que chaque citoyen qui n’a pas accès à une école, un CEG, à l’eau potable ou à un environnement qui minimise le risque du palu , a le droit de poursuivre l’Etat devant les cours pour violation de ses droits constitutionnelles et d’obtenir la réparation de ses conditions de vie.

Ainsi donc, même si l’incompétence elle-même venait à nouveau à s’asseoir au pouvoir dans notre pays, elle n’aurait qu’à respecter la constitution pour que le pays continue à aller de l’avant en attendant de se trouver une équipe compétente.

Bien sûr on peut en faire des lois et non des articles de la constitution ! Mais nous pensons qu’il s’agit ici de droits si fondamentaux qu’il faille plutôt les inscrire dans la constitution.

Koudraogo Ouedraogo

Email : koudraogo.ouedraogo@gmail.com

Blog :  https://burkinafache2015.wordpress.com/

Et pourquoi pas une indemnité de poussière et soleil ?

Mon Dieu ! Je suis tombe des nues après avoir lu la composition du salaire des membres du Conseil National de Transition !

Voyer vous-même :

Salaire brut : 753 000

Frais de secrétariat : 85 000

Frais de sante : 113 000

Frais de carburant : 230 000

Frais de session : 20 000/j

Total mensuel, 1 781 000 CFA – pour Décembre 2014 – sur lesquels aucune taxe n’est prélevée !

Les Burkinabè s’insurgent, mais le Premier Ministre et le Président du Faso demeurent muets ! Ils ont sans doute même la bouche pleine avec la note civile qui leur est servie ! J’ai rarement vu un system de rémunération aussi opaque !

  1. Le Brut !

Inhumain ! Oui, c’est bien ce que j’ai l’intention d’écrire ! Inhumain ! Le PIB/habitant de ce pays était de 580 USD/an en 2011 ! C’est-à-dire 323 000 CFA/an soit 27 000 CFA / mois ! Le brut donc d’un membre du CNT est 3000% supérieur au PIB/habitant ! Voyez-vous-même le problème ! Comment peut-on vivre 3000% fois au-dessus des moyens des burkinabè et prétendre connaitre et comprendre leur problèmes ?

Le député représente le peuple ! Il est le peuple ! Hors le peuple, c’est 27 000 CFA/mois ! Jusqu’à 1000% au dessus du peuple, je peux tolérer ! Plus que 1000%, on ne peut plus vraiment représenter le peuple ! Les banquiers milliardaires et communistes, il n’y a qu’au Faso qu’on en trouve !

  1. Frais de secrétariat !

Il n’y a pas de doute que le député a besoin d’une secrétaire ! Le bon sens aura voulu que l’Etat prenne en charge le salaire d’une secrétaire suivant la grille nationale. Bien sûr, après avoir reçu un contrat d’embauche en bonne et due forme et vérifier que la personne physique officie effectivement au compte du député en question ! Une situation qui favorise la création de quelques emploie.

Si on peut faire ainsi, que l’Assemblée passe un marché avec quelques secrétariat publique auxquelles tous les députes aurait accès pour leur besoin entrant dans le cadre de leur fonction !

  1. Frais de sante

Là, je ne comprends pas du tout ! Quand même ! Tout le monde connait les assurance maladie, les remboursement de frais et ordonnances sur présentation des reçus, etc..

Donc chaque député est malade chaque mois à la hauteur de 113 000 F CFA ? Il va falloir qu’un impose un test de sante alors !!

  1. Frais de carburant

Sans blague ! Ce n’est même pas sur présentation d’un reçu !

Bien sûr les déplacements du députes doivent être rembourse ! Mais seulement sur présentation du ticket de bus ! Cela leur permettra d’ailleurs d’apprécier la vétusté des transports en commun dans certaines régions et de prendre des mesures pour permettre leur renouvellement afin d’assurer la sécurité de nos concitoyens ! Si un député préfère voyez en voiture, c’est tant pis, on lui rembourse ce que le transport publique lui aurait couté, classe économique ! J’y reviendrai dans mes blogs sur les reformes, mais il faut faire tourne l’économie ; tout l’Etat doit passer au transport publique. Il faut en finir avec cette histoire de véhicule ‘fond rouge’ ! Ça coute les yeux de la tête pour acheter et maintenir, et ensuite en carburant !

Conclusion :

J’avais parlé d’une transition avec les larbins ! Il me faut maintenant ajouter les kleptomanes !

Bonne Année 2015 !

Une fois n’est coutume, en lieu et place du maintenant traditionnel récapitulative statistique, je vous propose un blog pour vous souhaiter une Bonne et heureuse année 2015 !

  1. Une vraie révolution

Burkina fâché 2015 ! Bon, le Burkina s’est fâché juste avant 2015 ! Et vu la multiplication des mouvements d’humeur, d’aucun pensera qu’il est encore fâché ! Peut-être que si certaines personnes avait d’ailleurs parcouru mon blog ou bien d’autres, ils auraient vu comme nous venir cet heure ! Pendant que les uns et les autres réclament la victoire pour eux, j’aimerais tout simplement porter mes félicitations a tous ces formistes qui comme moi ont méthodiquement sensibilise l’opinion, et qui a mon avis on beaucoup contribuer l’aboutissement de la lutte contre le régime kleptocratique de Compaoré ! J’ai encore en mémoire, mes premiers échanges avec le « Koro Yamyélé » ! Une époque où il croyait encore en Blaise Compaoré, mais pas au CDP, ou tout argument contraire au sien rencontrait très rapide un flot d’injures et de malédictions, en commençant depuis le sommet de votre arbre généalogique le plus complet ! Bref, les contributions des « Anta », des « Oiseau de Minerve », … Félicitations à tous, et bonne année ! Oui, bonne année à vous tous ces anonyme qui pendant de longues années avez œuvre patiemment contre la dictature de Compaoré ! Bonne année à Nyamsi et à Dijbo ! Leur dévouement totale à la cause de la dictature a sans raffermi plus d’un contre la dictature !

La vraie révolution a eu lieu ! Elle n’a pas été concoctée quelque part dans les bureaux des officiers de l’armée ! C’est le peuple lui-même qui est sorti prendre son destin en main. Ceux qui parlent d’insurrection peuvent bien parcourir le net pour comprendre que nous ne sommes arrivés là par hasard ! Il y a bien eu organisation, coalisions, sensibilisation pendant des années !

La révolution a eu lieu, mais mon blog demeure ! J’avais pensé le fermer pour en recréer un autre, sous un nom diffèrent ! Seulement, la lecture de l’actualité me dit que la révolution n’est pas encore terminée ! Contestations par ci et par là, toute une transition à asseoir et des élections pour achever la révolution. Oui les défis sont énormes et les occasions pour trébucher multiples :

  1. Un roi a Kossyam

Les contestations se multiplient et cela juste quelques mois après la formation du gouvernement ! Ceci était à prévoir, étant donné que, depuis le Président du Faso, jusqu’au dernier des membres du Conseil National de Transition, aucun d’eux  ne dispose d’un mandat à eux confie par le peuple ! Nous voici pour encore 11 mois, avec une équipe qui n’a ni programme, ni même une idéologie commune ! Que le PF commence à classifier les revendications en celles juste et celles injustes, l’on se demande sur la base de quels critères arrive-t-il à cette conclusion ! N’est-ce pas là encore même une démonstration que notre system politique place bien trop de pouvoir entre les mains d’un seul homme ? Pourquoi avoir une république avec un roi a Kossyam a le pouvoir de caresser ou de servir suivant son humeur ? Peut-être que, si le pouvoir était remis au peuple à travers son parlement, nous obtiendrons beaucoup plus the modération dans l’action et dans le propos ! Pour ma part, le régime présidentielle  sans des institutions propre de contrebalance comme aux USA, est une aberration démocratique ! La révolution française a troqué Versailles pour l’Elysée ! La révolution burkinabè devrait se méfier de faire de même ! Je souhaite un Burkina Faso en 2015, ou le Président du Faso est garant des institutions et de la souveraineté, mais n’exerce aucun pouvoir ! Il en est ainsi en Allemagne, en Espagne, en Belgique, au Royaume Unis, en Ireland, au Japon, etc. ..

  1. Vivre avec le peuple, mourir avec le peuple

Certaines contestations nous font entrevoir le type de Burkina Faso que nous devons essayer de construire. Par exemple, que nos membres du CNT s’octroyant des émoluments de l’ordre de 800 000 CFA/ mois quant au même moment les plus gradés de la fonction publique approchent difficilement des 400 000 CFA, démontre, si besoin en était, l’élitisme d’une telle institution pourtant sensé représenter le peuple ! Un parlement représente son peuple et à ce titre la représentativité est très importante ! Il doit être représentatif aussi bien en nombre qu’en condition et surtout pas élitiste ! Le taux de représentativité donc est très important ! Le plus il est bas, le mieux cela est : 1 députes pour 50 000 habitants est certainement plus représentatif que 1 députe pour 150 000 ! A 1/50000, notre AN compterait près de 400 députes ! Bien plus difficile de faire de « touk guili » dans de telle conditions, encore moins de ‘s’acheter’ une majorité au parlement comme cela s’est vu lors du projet de modification de l’article 37.  Représentatif dans les conditions. L’idée étant que le parlement travaille pour le bien de tous, il va de soi que les parlementaires ait un intérêt a ainsi faire. Ce n’est pas en payant grassement les parlementaires que nous obtiendrons de meilleurs résultats ! La situation actuelle du Burkina, nous le prouve ! Le parlementaire doit recevoir un salaire en proportion avec la moyenne nationale ! Si le commun de nous, arrivons à joindre les bout avec nos 200 000 mensuelles, qu’ils fassent de même ! Nous vivons tous dans le même pays, avons tous les mêmes responsabilités sociales ! On ne peut pas justifier 800 000 CFA sous le prétexte que le député doit contribuer aux jamjoba , baptêmes et funérailles ! Nous le faisons tous, et pourtant, nous ne recevons pas 800 000/mois ! L’Etat ne peut pas encourager l’affairisme et l’achat des consciences en politique ! Du reste, on ne devrait pas aller en politique pour se faire un meilleur salaire, mais plutôt parce que l’on a quelque chose à contribuer ! Une assemblée plus représentative, moins élitiste est donc mon vœu le plus cher pour cette année ! J’y reviendrai, dans un blog sur les reformes.

  1. S’assumer en politique

Parlant d’aller en politique pas pour se faire de l’argent mais plutôt pour contribuer à l’édification de la nation, que dire donc de la situation du CDP, de la FEDAB /BC et de l’ADF/RDA ?

La FEDAB/BC devrait s’auto-dissoudre étant donne que BC n’est plus sur la scène politique burkinabè ! Il faudrait se poser des questions sur l’opportunité de permettre la création d’association consacrée à la glorification, a la déification d’individu ! Le culte de la personnalité n’est pas un crime ! Mais a-t-il sa place dans une société démocratique ?

Quant à l’ADF/RDA et au CDP, bien sûr qu’il n’appartient pas au MATS de les suspendre ! Ce serait une injustice monstre ! Par contre, jusqu’à présent, ces deux partis font montre de leurs immaturités ! Que les responsables de l’ADF/RDA pensent que sortir faire un mea culpa public suffit à réintégrer paisiblement la vie politique nationales est tout simplement scandaleux ! En politiques, lorsque l’on s’est trompé, on ne demande pas seulement pardon. On rend sa démission aussi ! Ceci est très important ! Il faut montrer que l’on sait prendre ses responsabilités ! Il faut s’assumer ! Le peuple vous a vomit ! Prenez-le comme tel ! Il n’y a pas de retour possible d’une telle disgrâce ! Il appartient aux militants de ces partis de faire le ménage s’ils veulent que leurs partis survivent à la crise. Il faut simplement vider les instances dirigeantes de tous ceux qui ont contribué à la situation que nous avons vécue.  Si les militants ne font pas le nettoyage, le peuple du Burkina sera alors dans son droit de se faire entendre de force façon ! Imaginez un Assini Kounda ou un Gilbert Ouedraogo tenir un meeting quelconque encore dans ce pays ? ! Ne serait-ce pas  le comble de la provocation ? Chaque député de l’ex-majorité, chaque membre proéminents des chacun des partis de l’ex-majorité devrait bien méditer sur son sort ! Il y va de leur propre sécurité !

Conclusion :

Cinquante ans après son indépendance, notre beau pays a besoin de se refonder ! Ayons le courage de nous départir du mimétisme servile de notre ancienne puissance colonisatrice pour bâtir un system véritablement burkinabè ! Il en y aura qui verseront beaucoup d’encre pour vous justifier l’opportunité de la gendarmerie et de la police ! Seulement, nous ne sommes pas en France, mais plutôt au Burkina Faso, un pays Independent !

Bonne Année à tous !

Le Président du Faso doit démissionner.

Maintenant que les contours de la transition se dessinent plus clairement, je pense à mon humble avis qu’il n’y a plus aucun doute : la transition est vraiment celle des larbins ! Avec un président que nous et la communauté internationale pensons aux ordres de son premier ministre, une premier ministre lui-même aux ordres du RSP, et bientôt une assemblée ou les uns et les autres pensent qu’ils ont été appelés à une soupe collective, nous voici parti pour douze long mois, ou le seul programme politique est celui de la refonte des institutions et de la réconciliation nationale. Il n’y a pas de programme économique, ni sociale. Le pouvoir est exercé et pourtant le peuple n’a conféré aucun mandat ! Sous d’autres cieux, cela s’appelle un putsch !

  1. La consécration du coup d’Etat

En résume, le candidat de l’armée l’a emporté à l’élection du Président de la transition. C’est encore le candidat de l’Armée qui est Chef du gouvernement. Au vu de ce qui se passe au niveau des partis politiques et des OSC pour la désignation des membres du  CNT, nul ne serait étonné si le candidat de l’armée venait à être désigné comme président du CNT !

Appelez-moi de tous les noms que vous voudrez ! Les faits sont là ! Pour parvenir à un consensus sur la personne du président de la transition, il a fallu tordre le coup à la charte de la transition par deux fois moins ! Si cela souffrait d’un doute qu’un diplomate ayant passé l’essentiel de sa carrière à l’extérieure n’est pas de notoriété nationale, je pense que le micro-tendu réalisé par les media burkinabè dans plusieurs localité du pays vous situe très vite dessus : « Mr. Kafando, je ne le connais pas.. »

Si, il est difficile de soutenir qu’en tant qu’ambassadeur représentant le BF, Mr. Kafando n’a pas pu défendre des causes autres que celles du gouvernement, dont la modification de l’article qui du reste ne date pas de cette année, il est aussi difficile de démontrer une implication personnelle de notre président dans cette affaire. Admettons donc le doute. Le moins que l’on puisse donc reprocher à notre ambassadeur, c’est de ne pas être impartial ou intègre ! Que pensez de quelqu’un qui d’une façon ou d’une autre a collaboré au plus haut niveau avec le pouvoir de Blaise Compaoré ?  Salif Diallo, depuis son ambassade de Vienne avait au moins produit son papier sur la patrimoinisation du pouvoir ! Qu’a fait ou dit notre président de la transition ? Le péché n’est pas seulement commis en action, il l’est aussi par omission, et pour reprendre cette phrase de D. Tutu que j’aime tant : « Si en situation d’injustice vous rester neutre, c’est que vous avez choisi le camp de l’oppresseur ! » De quel camp donc fut notre cher président, lorsque nous vivions sous l’oppression du CDP et de Blaise ?

Après avoir lu le CV de notre nouveau président, une expression du temps de la révolution m’est venue en tête : « cube maggi » ! Oui, ce fameux bouillon suisse dont nous raffolons au Faso – en Allemagne aussi dois-je reconnaitre -, et qui se met dans presque toute les sauces ! Je ne suis pas certain du sens exact de l’expression. Peut-être qu’un certain Blaise Compaoré pourrait nous éclairer. Le sens que je donne à l’expression – sous réserve d’être corrigé – est « personne sans conviction propre, qui s’accommode de toute situation ». Son CV est bien étoffé, il n’y a pas de doute ! La Sallien, il n’y a pas de doute qu’il a de la matière grise à revendre. Moi-même, FECiste, reconnait aisément la qualité de la formation que l’on y reçoit. Si pourtant, l’excellence académique était un gage de succès politique, Laurent Gbagbo ne serait pas à La Haye ! Ce qui manque plutôt, à la lecture de son CV, ce sont les couilles ! Oui excuser le terme, mais il faut manquer de couille pour taire ses propres convictions et s’accommoder de tout le monde ! En fait, n’importe qui d’autre aurait vu que la nomination d’un militaire à la tête du gouvernement n’aurait fait que renforcer le climat de suspicion qui règne entre le peuple, la communauté internationale d’une part,  et l’armée burkinabè d’autre part ! Quelques heures après sa nomination au premier ministère, un diplomate bien averti disait qu’il n’y avait aucun doute que c’était lui – Zida – qui détenait le vrai pouvoir ! Pourquoi donc, le chef de l’Etat a-t-il trouvé nécessaire et opportun de se mettre dans une situation aussi embarrassante ? Pourquoi donc le chef de l’Etat a-t-il trouvé nécessaire de risquer des sanctions sur notre pays déjà à mal ? Il est diplomate lui aussi ! Nul doute qu’il serait parvenu à la même conclusion que tous les autres diplomates !

S’agissait-il tout simplement de remercier l’armée pour avoir soutenu sa candidature ? Si oui, ou se trouve donc cette intégrité, cette impartialité que nous recherchons tous pour une réussite de la transition ?

S’agit-il plutôt de respecter des engagements pris avant sa nomination comme chef de l’Etat ? Comment donc pourra-t-il léguer a son successeur une administration débarrassée de l’affairisme que nous décrions tous ?

Que retenir de cette réponse très diplomatique de l’homme de la transition lorsqu’il s’est agi du RSP ? Et pourtant même les écoliers du CP savent ce qu’il faut en faire ! Les mots ne manquent pas pour pantheoniser nos vaillants martyrs. N’est-ce pas pourtant une fuite en avant ? Ne sied il pas de s’arrêter un instant et se poser la question de savoir qui les a martyrise ? Comment peut-on promettre aux burkinabés que cela n’arrivera plus jamais et en même refuser de poursuivre ce par qui cela est arrivé ?

  1. Le burkinabè est mystifié par l’armée

Le président Kafando a-t-il tout simplement été mystifié comme nombre de burkinabè par les actions de Zida !?

En effet, peu sont ces burkinabè qui aujourd’hui garde leur sang-froid dans cette affaire du Lt-Cnl Zida ! Je n’ai rien contre l’homme ! Je trouve cependant surprenant que l’homme soit décoré pour avoir supposément remis le pouvoir aux civiles ! C’est aberrant ! On passe sous silence que, ce pouvoir, il ne devrait même pas en être proche d’abord, à plus forte raison s’en accaparer pour le remettre ensuite sous la pression !

Je suis désolé, mais si l’armée avait été républicaine, elle n’aurait jamais usé de la force pour s’autoproclamer Président du Faso, Chef de l’Etat ! Elle aurait appuyé les forces paramilitaires dans le rétablissement de l’ordre, et trouve les voies et moyens pour établir le dialogue qui a abouti à cette transition. Nous n’étions pas sous attaques étrangère, et j’ai de la peine à voir pourquoi cela pressait de suspendre la constitution, et d’avoir un Président du Faso, Chef de l’Etat ?   J’ai déjà abordé le sujet dans un blog précédent : un putsch est d’abord une Haute Trahison de l’Etat, puis un détournement de la force publique a son seul profit ! En effet que peut-on dire la probité de celui qui prend les armes et les hommes que NOUS les contribuables payons, pour s’autoproclamer président du Faso ? Peut-on penser que cet homme-là a commis une faute plus pardonnable que celui-là qui est coupable des détournements de deniers publics ? Notre président dit que « des détournements sont faits et on connait les responsables », c’est vrai ! Seulement, lui, au lieu de sévir, il l’a fait premier ministre !

Sommes-nous toujours vraiment au stade ou quelques licenciements abusifs nous fait encore applaudir ? Et qui paiera les dommages à ces messieurs ? N’est-ce pas vous et moi ? Ou sommes-nous alors dans cette logique ou leurs dossiers iront prendre de la poussière en justice ? Mais alors de quelles reformes judicaires allons-nous nous prévaloir pour réussir cette transition ?

Le nouveau Faso que nous appelons de toutes nos forces, est-il celui ou des généraux sans aucune fonction officielle dans la république viennent se pavaner sur le tapis rouge à chaque occasion que dieu fait ? Ce nouveau Faso, est-il celui ou les efforts des uns et des autres pour empêcher que la lumière soit faite sur les circonstances de la mort de nos héros nationaux  sont récompensés par des postes ministériels ? Peut-on ainsi traite notre peuple avec dédain et ensuite parle d’humilité ? Sous d’autres cieux, ceci du reste est une erreur d’appréciation qui ne pardonne pas : la seule façon de s’en sortir, c’est démission ! Attendons donc de voir si Zida rendra sa démission ! S’il le fait, il méritera alors sa décoration. Oui, Zida, parce que la faute ne vient pas de SAGNON. C’est Zida qui a pensé si peu de notre peuple qu’il a nommé Sagnon ! C’est donc Zida qui doit partir, avec ses 26 ministres ! Pourtant la charte dit vient au plus 25 ministres ! Et tous ces ministres qui n’ont rien pensé de mal à travailler avec Sagnon ? Ce que je disais tantôt pour le président est aussi valable pour le gouvernement. Le péché n’est pas seulement en action mais aussi par omission : omission de ne pas démissionner alors même que un gouvernement de 26 membres viole la charte de la transition, omission de démissionner alors même que l’un de ceux assis à la table du conseil des ministres est de cette espèces que nous voulons tous extirper de la vie de notre nation. A y voir claire, le Président du Faso lui-même à nommer les membres du gouvernement ! C’est que la bévue s’arrête !

Un citoyen burkinabè a été mis en prison sans que personne n’ait prouvé la moindre chose contre lui ! Pire encore, d’autre citoyen burkinabè applaudissent ! S’agit-il d’une détention préventive ? Si oui, quel juge en a décidé ainsi ? Au vu de quelles preuves ? Est-il coupable d’avoir des accointances dans l’ancien régime ? Si oui, de quelle réconciliation nationale allons-nous nous prévaloir pour réussir cette transition ?

Est-ce ceci le Faso nouveau que nous voulons bâtir ? Un pays sans loi, ou nous, nous devons les bourreaux et eux les victimes ? Sankara a été assassiné en 1987 ! J’étais jeune à l’époque ! Depuis, j’ai vu plusieurs imposteurs se lever ici et là pour se réclamer de lui. Je ne suis plus si jeune que cela aujourd’hui, et la mauvaise graine comme les Dadis Camara, Moussa Sanogo, je les reconnais aussitôt ! Je ne suis plus si jeune aujourd’hui, et je peux porter un regard critique sur Sankara sans pour autant trahir la mémoire de cet homme. Par exemple, je ne lui pardonne pas d’avoir été putschiste, même si c’est Blaise qui fit le putsch ! En fait, de Sankara, je retiens de très bonnes idées et de très médiocres méthodes ! Figurez-vous que c’est plus de 20 ans après sa mort que la communauté internationale a trouvé une solution au problème de la dette des pays pauvres ! Savez-vous quelle solution elle a retenu ? Oui, son annulation pure et simple ! Trente ans plutôt, Sankara avait appelé les uns et les autres a refusé de payer la dette ! Il y a comme le jour et la nuit entre négocier une annulation et refuser de payer ! Le résultat est le même pourtant, ou presque ! Les exemples sont légions pour qui veut bien se prêter à cet exercice.

Sankara avait-il de bonne idée par ce qu’il était militaires ? Avait-il de mauvaise méthode parce qu’il était militaire ? Sans être devin, on ne peut pas répondre par l’affirmative à aucune de ses questions. Statistiquement, cependant, les militaires ne sont que 14 000 au Burkina. Il n’y a aucun doute que le plus grand  nombre de gens avec des bonnes idées soit plutôt du côté des civiles !

Pourquoi donc cette fascination de notre peuple avec les hommes en treillis ? En bons africains, nous sommes sans doute de ceux qui pensent que le treillis donne une certaine autorité. Assurément, comme le dit Mgr. A. T. Sanon, nous confondons le pouvoir et la force !

Vivons-nous vraiment dans une société ou la violence et la force sont glorifiée ? Il est vrai que la gloire du Moaga est de dire « Mam panbda mè dè » – moi je frappe – quand bien même il s’agit de sa femme ou de ses enfants ! De penser de cela se traduit à l’échelle nationale par une glorification de la violence à travers l’armée me fait froid au dos !

Conclusion :

Nous burkinabè, depuis 1966 avons toujours cru au putsch salvateur ! A chaque fois nous avons été déçu, et cette fois encore, nous somme tombe dans le panneau.

A quand le réveille du peuple du Burkina-Faso ? L’armée du Burkina n’a jamais résolu les problèmes du Burkina ! La preuve ? C’est eux qui dirigent depuis 1966 ! Avons-nous des problèmes ?

Cette transition commence avec des violations dans tous les sens de la charte difficilement pondue par les parties. Des erreurs grossières ont été commises, et je pense qu’au plus haut sommet de l’Etat, les conséquences devraient être tirées, et l’exemple donné. Je ne réclame pas moins que la démission du gouvernement et du Président du Faso !

CHARTE DE LA TRANSITION

PREAMBULE

Nous, représentants des partis politiques, des organisations de la société civile, des forces de défense et de sécurité, des autorités religieuses et coutumières du Burkina Faso signataires de la présente Charte :

Nous fondant sur la Constitution du 2 juin 1991 ;

Considérant le caractère populaire de l’insurrection des 30 et 31 octobre 2014 ayant conduit à la démission du Président Blaise COMPAORE ;

Considérant le lourd tribut payé par les filles et les fils du Burkina Faso ;

Considérant le combat pour la reprise du pouvoir par le Peuple,

Considérant la contribution et le comportement patriotiques et républicains des forces de défense et de sécurité qui ont assuré la continuité du pouvoir d’Etat

Considérant la nécessité d’une transition politique, démocratique, civile, apaisée et inclusive ;

Considérant le nécessaire accompagnement de la Communauté internationale pour relever les défis majeurs auxquels le Burkina Faso sera confronté tout au long de la période de la transition ;

Considérant notre attachement aux valeurs et principes démocratiques tels qu’inscrits dans la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance du30 janvier 2007 de l’Union Africaine et dans le Protocole A/SP1/12/01 du 21 décembre 2001 de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance ;

Tirant leçon de notre expérience politique et engagés à construire un véritable Etat de droit démocratique ;

Conscients de l’urgence de doter le Burkina Faso d’organes de transition afin de combler le vide institutionnel dans la conduite des affaires publiques ;

Approuvons et adoptons la présente Charte de la transition qui complète la Constitution du 2 juin 1991 et dont le présent préambule est partie intégrante.

TITRE I : LES VALEURS DE REFERENCE

Article 1
Outre les valeurs affirmées par la Constitution en son préambule, la présente Charte consacre les valeurs suivantes pour guider la transition, ses organes et l’ensemble des personnalités appelées à la conduire :
-  le pardon et la réconciliation ;
-  l’inclusion ;
-  le sens de la responsabilité ;
-  la tolérance et le dialogue ;
-  la probité ;
-  la dignité ;
-  la discipline et le civisme ;
-  la solidarité ;
-  la fraternité ;
-  l’esprit de consensus et de discernement.

TITRE II : LES ORGANES DE LA TRANSITION

Chapitre 1 : Du Président de la transition

Article 2
Le Président de la transition occupe les fonctions de Président du Faso et de Chef de l’Etat. Il veille au respect de la Constitution et de la Charte de la transition. Ses pouvoirs et prérogatives sont ceux définis par la présente Charte et au Titre III de la Constitution du 2 juin 1991 à l’exception de ceux incompatibles avec la conduite de la transition.
Le conseil constitutionnel statue en cas de litige. Son mandat prend fin au terme de la transition après l’investiture du Président issu de l’élection présidentielle.

Article 3
Tout candidat aux fonctions de Président de la transition doit remplir les conditions suivantes :
- être une personnalité civile ;
- être burkinabé de naissance ;
- être âgé de 35 ans au moins et de 75 ans au plus ;
- être compétent ;
- être intègre
- être de bonne moralité ;
- être impartial ;
- être une personnalité de notoriété publique ;
- n’avoir pas jamais fait l’objet d’une condamnation ou d’une poursuite judiciaire pour crime ;
- être reconnu pour son engagement dans la défense des intérêts nationaux ;
-  avoir une connaissance du fonctionnement des institutions et une expérience de leur gestion ;
-  n’avoir pas soutenu le projet de révision de l’article 37 de la Constitution ;
-  n’être affilié à aucun parti politique.
-  Il ne saurait être une personne des forces de défense et de sécurité en activité, en disponibilité ou à la retraite.

Article 4
Le Président de la transition n’est pas éligible aux élections présidentielle et législatives qui seront organisées pour mettre fin à la transition. La présente disposition n’est pas susceptible de révision.

Article 5
Le Président de la transition est choisi par un Collège de désignation sur une liste de personnalités proposées par les partis politiques, les organisations de la société civile et les forces de défense et de sécurité à raison de trois (3) personnalités au plus par composante.

Article 6
La liste des candidats de chacune des parties mentionnées à l’article 5 ci-dessus est déposée au siège du Collège de désignation sous pli fermé en trois (3) exemplaires dont l’original.

Article 7
La désignation du Président de la transition se fait sur la base des critères ci-après :
-  le caractère consensuel de la personnalité au niveau national ;
-  la capacité à conduire une nation et à gérer des situations de crise ;
-  la capacité à conduire avec neutralité et objectivité les élections présidentielle et législatives ;

Article 8
Le Collège de désignation, qui prend en compte les jeunes et les femmes, se compose comme suit :
-  cinq (05) membres représentant les partis politiques ;
-  cinq (05) membres représentant les organisations de la société civile.
-  cinq (05) membres représentant les forces de défense et de -sécurité ;
-  huit (08) membres représentant les autorités religieuses et coutumières
Excepté les représentants des partis politiques, les autres membres du Collège de désignation ne doivent pas être membres de l’organe dirigeant d’un parti politique.

Article 9
La procédure de désignation comporte deux (2) phases : une phase de présélection et une phase de sélection. La présélection est opérée par le Collège de désignation en vue de retenir trois personnalités. La sélection est précédée d’un entretien avec chacune des trois personnalités présélectionnées sur les motivations de leur candidature. La sélection définitive se fait par consensus au sein du Collège de désignation. Le candidat retenu est investi Président de la transition, chef de l’Etat, par le Conseil constitutionnel.

Article 10
Au cours de la cérémonie d’investiture, le Président prête le serment suivant : « Je jure devant le Peuple burkinabé et sur mon honneur de préserver, de respecter, de faire respecter et de défendre la Constitution, la Charte de la transition et les lois, de tout mettre en œuvre pour garantir la justice à tous les habitants du Burkina Faso »

Le président du Conseil constitutionnel reçoit la déclaration écrite des biens du Président de la transition. Cette déclaration est publiée au Journal officiel.

Dans un délai maximum d’un mois suivant la fin de la transition, il reçoit une seconde déclaration écrite. Celle-ci est publiée au Journal officiel, accompagnée des justificatifs éventuels en cas d’augmentation du patrimoine.

Le Conseil constitutionnel en relation avec la Cour des comptes, veille à l’application des présentes et est investi de tous les pouvoirs pour établir le patrimoine des personnalités concernées.

Cette disposition s’applique également à tous les membres des organes de transition institués par la présente Charte, à l’entrée et à la fin de leurs fonctions.

Article 11
Lorsque le Président de la transition est empêché de façon temporaire de remplir ses fonctions, ses pouvoirs sont provisoirement exercés par le Premier ministre.
En cas de vacance de la Présidence de la transition pour quelque cause que ce soit, ou d’empêchement absolu ou définitif constaté par le Conseil constitutionnel saisi par le Gouvernement, le Premier ministre assure l’intérim en attendant la désignation d’un nouveau Président de la transition conformément aux dispositions de la présente Charte.

Chapitre II : Du Conseil National de la Transition

Article 12
Le Conseil national de la transition est l’organe législatif de la transition. Il est composé ainsi qu’il suit :
- Trente (30) représentants des partis politiques affiliés au CFOP ;
– Vingt-cinq (25) représentants des organisations de la société civile ;
- Vingt-cinq (25) représentants des forces de défense et de sécurité.
- Dix (10) représentants des autres partis.
Sa composition prend en compte les jeunes et les femmes.

Le Conseil national de la transition exerce les prérogatives définis par la présente Charte et au Titre V de la Constitution du 2 juin 1991, à l’exception de celles incompatibles avec la conduite de la transition. La Conseil constitutionnel statue en cas de litige.

Article13
Les membres du Conseil national de la transition ne doivent pas être des personnes ayant ouvertement soutenu le projet de révision de l’article 37. Ils ne doivent pas avoir fait partie du dernier gouvernement dissout de la IVème République. Son Président est une personnalité civile élue par ses pairs. Le Président du Conseil national de la transition n’est pas éligible aux élections présidentielle et législatives qui seront organisées pour mettre fin à la transition.

Chapitre III : Du Gouvernement de la Transition

Article14
Le gouvernement de transition est dirigé par un Premier ministre nommé par le Président de la transition. Il exerce les prérogatives définis par la présente Charte et au Titre IV de la Constitution du 2 juin 1991,à l’exception de celles incompatibles avec la conduite de la transition. La Conseil constitutionnel statue en cas de litige. Le gouvernement de transition est constitué de vingt-cinq (25) départements ministériels. Sa composition prend en compte les jeunes, les femmes et les syndicats.

Article 15
Les membres du gouvernement doivent remplir les conditions suivantes :
-  avoir la majorité civile,
-  être de nationalité burkinabé
-  avoir les compétences requises
-  être de bonne moralité.
-  Les membres du gouvernement de la transition ne doivent pas être des personnes ayant ouvertement soutenu le projet de révision de l’article 37. Ils ne doivent pas avoir fait partie du dernier gouvernement dissout de la IVème République.

Article 16
Les membres du gouvernement de la transition ne sont pas éligibles aux élections présidentielle et législatives qui seront organisées pour mettre fin à la transition.

Article 17
Il est créé auprès du Premier Ministre une Commission de la réconciliation nationale et des réformes, chargée de restaurer et de renforcer la cohésion sociale et l’unité nationale.

Article 18
La Commission de la réconciliation nationale et des réformes est composée de sous-commissions dont notamment :
-  la sous-commission vérité, justice et réconciliation nationale ;
-  la sous-commission des réformes constitutionnelles, politiques et institutionnelles ;
-  la sous-commission réforme électorale ;
-  la sous-commission finances publiques et respect du bien public ;
-  la sous-commission gestion des médias et de l’information.
Une loi organique fixe les attributions, la composition, l’organisation et le fonctionnement de la Commission de la réconciliation nationale et des réformes.

TITRE III : LA REVISION DE LA CHARTE DE LA TRANSITION

Article 19
Par dérogation aux dispositions prévues par le Titre XV de la Constitution, l’initiative de la révision de la présente Charte appartient concurremment au Président de la transition et au tiers (1/3) des membres du Conseil national de la transition.
Le projet ou la proposition de révision est adoptée à la majorité des 4/5 des membres du Conseil national de la transition. Le Président de la transition procède à la promulgation de l’acte de révision conformément à l’article 48 de la Constitution du 2 juin 1991.

TITRE IV : LES DISPOSITIONS TRANSITOIRES ET FINALES

Article 20
La durée de la transition ne peut excéder douze (12) mois à compter de la date de l’investiture du Président de la transition.

Article 21
Les institutions de la période de la transition fonctionnent jusqu’à l’installation effective des nouvelles institutions.

Article 22
La participation des Burkinabè de l’étranger à l’élection Présidentielle qui sera organisée pour mettre fin à la transition se fera conformément aux dispositions de la Constitution et du code électoral.

Article 23
Le mandat des membres du Conseil constitutionnel arrivé à échéance est prorogé jusqu’à la mise en place des institutions de la transition, le cas échéant.

Article 24
La présente Charte entre en vigueur dès sa signature par les parties ci-dessus mentionnées dans le préambule. Sa promulgation intervient dès sa signature.

Article 25
En cas de contrariété entre la Charte de la transition et la Constitution, les dispositions de la présente charte prévalent. En cas de conflit, le conseil constitutionnel statue.

Fait à Ouagadougou, le 13 novembre 2014

Les signataires :
Les partis politiques
Les partis politiques affiliés au CFOP
Les autres partis politiques
Les organisations de la société civile
Les forces de défense et de sécurité
Les autorités religieuses et coutumières

Vers une transition avec les larbins ? ( 2)

Ce n’est pas mon habitude que de me répondre à moi-même ! Mais, vu l’importance du sujet et la véhémence de certains propos, je me suis fait un devoir de revenir sur les questions qui fâchent.

Je m’excuse du terme « larbins », je ne vise personne en particulier. Du reste, les partis politiques semblent m’avoir donné raison, en obtenant dans la version finale de la charte, que les membres de l’Assemblée puissent se présenter aux élections !

 Je ne me défendrais pas quant à mes appartenances politiques ! Cela n’est d’aucune importance dans les sujets dont nous traitons. Ceux qui veulent en avoir le cœur net peuvent consulter mon blog pour décider d’eux même : https://burkinafache2015.wordpress.com

  1. De l’Assemblée

C’est vraiment la pire des trouvailles de cette charte ! Si vraiment il y a des projets législatifs qu’il faut régler pendant cette transition, alors,  que le droit revienne simplement au peuple par une élection législative transparente, dans les 3 mois qui viennent !

Ne me dites pas que même après le départ de B. Compaoré et de son  CDP, nous ne sommes pas en mesure d’organiser des élections transparentes ! Il faut remettre au peuple sa révolution et cela ne peut se faire qu’en donnant au peuple souverain sa voix ! Avons-nous peur des urnes ? pour reprendre les propos des partisans de la modification de l’article 37 ! Si non, alors « Vox populi, vox Dei » ! Pas besoin de contorsion du genre une assemble non élu se prévalant d’un titre quelconque de la constitution !

Les bénéfices d’une telle élection sont multiples, comme je l’ai souligné dans le premier parti de mon article ! De l’élection sortira non seulement une Assemblée Nationale qui représente vraiment le peuple souverain du Burkina-Faso, mais aussi un gouvernement, qui avec l’Assemblée assurera le fonctionnement du pays.

Ce que je refuse, c’est de m’engager dans 12 mois de démocratie consensuelle, ou personne en réalité n’est responsable de rien, et pire encore, on refuse au peuple le droit d’appliquer la sanction ultime en rejetant ces larbins de la façon la plus cuisante aux urnes ! Non, Si nous voulons d’un pays qui avance, il faut que les uns et les autres soient responsables devant le peuple ! La seule façon de faire ainsi, c’est par les urnes !

  1. De l’Ex-Majorité

La constitution du Faso leur garanti leur droit. Il ne m’appartient pas moi Koudraogo de le leur retirer, encore moins à travers une charte ad-hoc ! Le peuple est souverain ! Organisons les élections législatives. Si le peuple veut reconduire ceux-là même qui ont causé le problème, qui suis-je moi pour m’y opposer ? La sentence des urnes est sans appel ! Il ne faut jamais se substituer aux peuples.

Si le CDP ne peut avoir voix au chapitre, pourquoi est-ce donc les Secrétaires Généraux qui assurent actuellement le fonctionnement de l’Etat ? Pensez-vous donc que nous sommes si naïf que, malgré la politisation de l’administration que nous avons tous décrié, nous pensons que les SG des ministères ne sont pas de la nomenclature de l’ex-majorité ?

Nous sommes tous d’accord que l’ex-majorité est responsable de la situation qui prévaut dans le pays. Mais ce sont les hommes de Zida qui ont tiré sur nous ! Ce sont ces mêmes hommes de Zida qui tirait sur nous pour protéger François Compaoré ! Les même qui ont escorté Blaise Compaoré hors du pays ! Que l’on m’explique donc, pourquoi c’est le même Zida, qui s’est arrogé tout seule le droit de regard sur notre transition ? Et le même Ibriga , qui était à ses côtés applaudissait, et nos martyrs n’étaient pas encore en terre ! Plus maintenant, semble-t-il ! Il veut des clarifications sur certains propos de Zida ! C’est ce qui arrive lorsque les ‘académiciens’ s’érigent en politicien d’un jour ! Ce que tout le monde a vue venir de loin, ce n’est que maintenant qu’il s’en aperçoit !

En Europe, les partis néo-nazis existent ! Il y a eu même qui contrôlent des communes entières dans certains pays ! En Grèce, ils ont même fait des percer au parlement a la faveur de la crise économique ! En France, le FN n’a jamais eu autant de succès ! Pensez-vous que les Français ou les Grecques sont tous nazis ? Pensez-vous qu’il n’y a personne dans ces pays qui voudrait bien faire taire ses partis pour toujours ?

Si vous voulez l’avis personnel de Koudraogo, moi j’aurai frappé inéligibilité à vie tous les membres proéminents des partis qui ont conduit à la situation que nous vivons ! D’ailleurs je le ferai, parce que je n’ai jamais voté pour eux, et je ne le ferai jamais non plus ! Mais ceci, c’est juste un ressentiment personnel, que je ne saurais vouloir ériger en loi (ou article d’une charte) à l’échelle nationale ! Oui, nous sommes une nation, un peuple qui veut bâtir dans la paix ! Faire de l’ex-majorité des martyrs, c’est simplement semer les germes de la zizanie pour les générations à venir ! Il faut faire confiance au peuple souverain et croire en sa capacité à sanctionner lui-même ceux qui l’ont trahi !

Conclusion :

Un de mes amis du Mali, ne cesse de me répéter que Sanogo est le pur produit de la démocratie consensuelle de président ATT. Par « démocratie consensuelle », il entend bien, cette politique du « mange et tais toi » ! Nous avons tous lu les rapports qui font état de discutions houleuses lorsqu’il s’est agi de s’accorder sur le principe de la déclaration des biens des ministres et députes de la transition ! Quoi de plus normale lorsque l’on veut montrer patte blanche ? Et pourtant ! Ceci présage-t-il d’une transition qui sera conforme aux veux de notre révolution ?

Le Consensus à mon sens, n’est pas du vocabulaire de la démocratie ! Pour moi, il faut toujours quelqu’un qui répond devant le peuple d’une décision. Cela permet au peuple de cautionner ou de châtier, suivant qu’il est d’accord ou contre ! Dans le consensus, il n’y a pas de responsable ! Tout le monde est gagnant ou perdant selon vos tendances ! Nous savons tous que cela n’est qu’une illusion ! C’est pourquoi, je pense que la meilleure façon de procéder, est de responsabiliser le peuple au plus vite ! Cela passe par des législatives dans les délais les plus brefs, puis la présidentielle d’ici à 6 mois !

12 mois de passage à vide, dans la vie d’une nation, c’est beaucoup ! Même dangereux ! Nous nous sommes unis pour une cause commune : le départ de B. Compaoré ! Compaoré est parti ! Il serait une grossière erreur que de penser que cette alliance de circonstance tiendra encore 12 mois !

La tâche est difficile, nul ne s’en doute ! Nous faudrait-il donc, au nom de la paix, ferme les yeux aux grosses bêtises qui sont en train d’être commise ? N’est-ce d’ailleurs pas ainsi que B. Compaoré nous a fait chanter pendant 27 ans ? Il lui suffisait de prononcer le mot ‘Paix’ et tous se calmaient ! Cette époque est révolue à jamais !

Vers une transition avec les larbins ?

Je viens de parcourir la charte de la transition ! Un texte expéditif, vrai qu’il a été rédigé dans les conditions que nous savons, mais qui une fois encore nous démontre que nous n’avons encore tiré aucunes leçons des évènements qui ont conduit à la révolution ! J’en veux pour preuve :

  1. Article 3 :

Outre les conditions fixées par la constitution en son Titre III, tout candidat aux fonctions de Président de la transition doit être un civil et ne saurait être une personne des Forces de défense et de sécurité à la retraite. …

N’avoir pas soutenu le régime déchu, et plus particulièrement le projet de révision de l’article 37 de la Constitution

 

Avec toute la polémique autour de l’article 37, on s’étonne que de telles ambiguïtés soient encore acceptées dans nos textes officiels !

Le CDP par exemple nous le savons tous a soutenu la modification de l’article 37 ! Qu’en est-il de la responsabilité individuelle de chacun des 70 députés CDP ?  Qui peut me dire si individuellement, chacun était pour ou contre ? D’accord, les députés les plus en vue se sont exprimés publiquement, et avec un peu de chance, ils ont été enregistrés et nous avons donc des preuves ! Qu’en est-il donc de ceux qui n’ont pas eu cette chance de s’exprimer publiquement ?

Les RSS, comme ils sont maintenant connus, ont publiquement supporté la modification de l’article 37 à au début ! Je me rappelle avoir écrit un blog sur l’arrogance de Rock Kaboré lorsqu’il nous a sorti que « l’article 37 était anti-démocratiques » ! Je me rappelle aussi avoir écrit un blog sur son mea culpa public ! Alors, sont-ils ou ne sont-ils pas exclus ?

  1. Diabré lui-même fut ministre de Compaoré ! D’ailleurs, son programme politique parle de « renforcer ce qui a été bien fait », etc.. Nul ne dira qu’il n’a pas soutenu le régime de Compaoré !

Qui décidera de si oui ou non untel a supporté ou non le régime sortant ? Quelles preuves doit-on fournir pour prouver qu’untel a supporté la modification de l’article 37 ?

Derrière un article aussi anodin, se cache à mon avis un casse-tête juridique !

  1. Article 20
    L’initiative de la révision de la présente Charte appartient concurremment au gouvernement de la transition et au tiers (1/3) des membres de l’Assemblée nationale de transition, à raison de 15 membres par composante.
    Le projet ou la proposition de révision est adoptée à la majorité des 4/5e des membres de l’Assemblée nationale de transition.
    Le Président de la transition procède à la promulgation de l’acte de révision conformément à l’article 48 de la Constitution.

Ainsi donc, l’article 21 de la charte qui fixe la durée de la transition peut être modifié ! On pourrait passer de 12 mois à 60 si seulement 1/3 des membres d’un gouvernement que personne n’a élu en décidait ainsi !  Je rêve ou quoi ? Il en va de même pour chaque article de cette charte ! Donc de la charte elle-même !

Une seule chose pourtant devrait être inscrite en lettre dans cette charte ! La durée, non négociable de la transition !

Chaque Homme a son prix : espèces trébuchantes, gloire, orgueil, sexe, etc .. Dans un tel contexte, il n’est donc pas impossible, d’envisager un scenario ou cette transition est prise en otage et des gens dirigeraient confortablement notre pays sans jamais avoir été élu pour ce faire ! L’enfer est pavé de bonnes intentions dit-on ! Les bonnes intentions derrières cette charte ne suffisent pas à la mettre à l’abri des abus ! J’en veux pour preuve la restauration de l’article 37 en 2000 ! Les ambiguïtés dans le langage avaient permis à Compaoré de se prévaloir de 10 années après la fin de son second mandat en 2005 ! Il est franchement temps que nous arrêtions de recourir à ces juristes qui ne font que nous créer des bombes à retardement dans nos textes officiels !

  1. Article 13
    L’Assemblée nationale de la transition est composée de quatre-vingt-dix (90) membres désignés par les partis politiques et la société civile selon la clé de répartition suivante :
    50% pour les partis politiques et,
    • 50% pour la société civile.

L’Assemblée nationale de la transition exerce les prérogatives prévues au Titre Y de la constitution. Son président est élu par ses pairs.
Le principe de large inclusion prévaut à la mise en place de l’Assemblée nationale de la Transition.

« Pati sankana ! », pour copier un de mes anciens profs ! Une assemblée ! Pour faire quoi ? Une assemblée qui n’est pas élu ne peut pas se prévaloir du titre Y de la constitution ! Arrêtons ce massacre de la République !

Nous sommes dans une transition ! L’heure n’est pas aux grands projets législatifs ! Il s’agit de faire fonctionner l’état pendant une période déterminée ! L’exécutif seulement suffit largement !

 Le seul projet législatif dont la transition doit s’occuper est :

  • Le verrouillage de l’article 37
  • Le renforcement des institutions de la république !

Le verrouillage de l’article 37 devrait se faire par referendum ! Un referendum qui a mon avis devrait avoir lieu dans les 3 mois afin de permettre des élections législatives sur la base du code électorale actuel ! Il n’est pas si mauvais que ça dans les textes ! Il faut appliquer les textes !

Pour le second volet, un comité pourrait rapporter sur comment nous devrions procéder pour nommer nos juges et magistrats, la cours constitutionnelle, la réorganisation de la CENI et de la loi électorale ! Ces aménagements devraient eux aussi faire l’objet de referendum ! Ainsi le peuple libre du Burkina mettrait lui-même en place ces fortes institutions dont nous rêvons tous ! Ce travail, finit, le peuple souverain élirait ses députés (dans les 6-9 mois).  Chose qui devrait mettre fin au gouvernement de transition d’autant que ceux qui sortiraient majoritaire à l’assemblée devraient pouvoir former un gouvernement !

  1. Les médiocres au pouvoir !

Les articles 12 et  14, frappent d’inéligibilité aux élections qui mettront fin à la transition, toute personne qui participerait à la transition en tant que ministre ou membre de l’assemblée ! L’article 4 le fait aussi pour le président de la transition !

Notons d’abord que cette inéligibilité ne dure que au plus 5 ans ! Tous peuvent être candidats en 2020 ! Ou, si par quelques truchements, en 2015, après toutes les élections, nous venions à connaitre des élections anticipées, ils pourraient donc être candidats ! Supposons donc qu’après l’investiture du nouveau président en 2015, celui-ci décide d’appeler à des élections anticipée parlementaire et présidentielle ! Toutes les personnes touchées par les articles 12, 14 et 4 de la charte sont alors éligibles ! Si l’esprit de ces article est d’éloigne ces personnes de la chose publique au moins 5 ans, dans la lettre, ils disent tout le contraire !

Le problème que j’ai avec ces mesures c’est qu’elles ne nous permettrons pas d’avoir les ‘meilleurs’ de nos cadres dans cette transition. En effet, du cote des partis politiques, seuls ces militants qui n’avaient aucune chance de voir le soleil seront présentés pour la transition ! Les autres, vont tout simplement se réserver pour l’après transition, faisant de fait de la transition, une transition faible : une transition des larbins !

Ceci vous fait froid au dos à penser que les seconds de la classe, non les premiers,  mèneront notre pays pour au moins 12 mois !

Conclusion :

Il est dommage qu’il n’y ait pas eu de fuite de ce document avant son adoption pour mettre au burkinabè de réagir dessus, afin de guider les débats ! C’est ce qui se fait dans certaine démocraties avancées, afin de permettre à la société de contribuer utilement au débat ! Nul n’est omniscient ! L’adoption d’une charte comme celle-ci demandait que le peuple entier soit consulte de façon indirecte, surtout lorsque nul d’entre nous ne sais comment Zida en est arrivé à cette liste de citoyen qu’il considère nous représentent pour discuter de notre avenir ! Par exemple, G. Diendéré a été reçu au CES, sans que personne, même pas les journalistes aient demandé à quel titre il le fut ! Une première faille dans notre marche vers une démocratie véritable ! Apres lecture de de la charte, elle m’a d’abord rappelé Blaise Compaoré et son fameux « Large rassemblement »  -de mangeur- !

Oui, la charte rassemble large, mais seulement le médiocre de nous-même, en frappant d’inéligibilité les meilleurs d’entre nous, si jamais ils voulaient apporter leur pierre ! Sacrifice insignifiant me dira-t-on que 5 années d’inéligibilité pour qui aime son pays ? Peut-être ! Peut-être aussi que le risque de laisser le pays à la dérive pour 5 ans est plus grand !?

Pour ma part, la transition n’a pas besoin d’une Assemblée ! Elle n’a pas besoin de 12 mois, et frapper un ministre d’inéligibilité pour 5 ans, alors même que la fonction de ministre n’est pas soumise au suffrage ne me parait pas logique non-plus !

Cette charte est une opportunité manquée de mettre notre pays sur les rails. Il ne nous reste plus qu’à espérer que le peuple du Burkinabè verra la charte pour ce qu’elle est : une consécration des numéros 2, comme Zida lui-même, et restera mobiliser afin d’assurer le succès du pays pendant les longs 12 mois qui viendront.

J’ose espérer que les grandes ambiguïtés de la charte de la transition ne présage pas de ce qui est à venir pour notre constitution et nos institutions !

Oser inventer un Burkina Nouveau!

Le monde entier a clamé sa joie lorsque enfin, le Burkina Faso s’est inscrit au nombre des pays qui pourrait connaitre une alternance démocratique aux prochaines élections ! Mais très vite, l’éphorie du moment à céder a consternation !

  1. Le coup d’Etat

S’il est vrai que les manifestants ont demandé aux militaires de « prendre leur responsabilités », il me semble que la substantifique moelle du message a été perdue dans cette phrase digne d’une foule en liesse et non de l’élite politique qui a conduit et organisé cette révolution. Ma compréhension est que, le peuple demandait à l’armée de prendre Kosyam étant donne la lourdeur de l’armement du RSP. Stratégie intelligente, qui devrait permettre d’éviter un carnage. La victoire ne faisait aucun doute, c’est plutôt le prix à payer pour cette victoire qui était matière à réflexion pour l’opposition.

Nous savons tous que l’armée n’a pas assumé ! Elle n’a pas pu protéger le peuple face au RSP, qui je le rappelle avait déjà maté la mutinerie du camp Ouezzin à Bobo en 2011. La même chose malheureusement allait se répéter ce 31 Octobre 2014 ! Je passe sous silence les causes qui ont conduit au départ de Blaise ! Que ce soit un départ volontaire ou forcé parce qu’une partie du RSP s’est retourné contre lui, nous aurons tout le temps de faire la lumière dessus ! Mais Blaise à peine parti, que le chef d’Etat-major général des armées s’autoproclame Président du Faso ! De quel droit ? Il va même jusqu’à dissoudre les institutions de la république. Le mot en français pour qualifier de tels agissements, c’est « coup d’Etat » militaire ! Et comme les coups d’Etat ne trouvent leur ‘légitimité’ que sur la base du rapport de force, alors ce qui devait arriver arriva ! Celui-là qui avait plus de muscle fit à son tour un autre coup ! Ainsi donc, le RSP porta son homme au pouvoir comme ils le disent.

  1. Oser inventer un Burkina Nouveau

La seule OSC qui supporte ce coup d’Etat du RSP, semble être le Balai Citoyen ! Là encore, je pense qu’à part les dirigeants qui comptent bien monnayer leur influence à Zida, la base du mouvement n’a pas été consultée et a déjà été trahi :

  • Plus d’une trentaine de mort et avant même leurs obsèques, sans même essayer de faire la lumière sur les circonstances de leur mort, nous invitons les présumés coupables à table ! Comment cela peut-il être une démarche pleine de probité et de sens ? S’il y a une chose que nous devons retenir de l’ère Compaoré, c’est que si un crime reste impuni, d’autres crimes s’en suivront malgré les promesses de ne pas récidiver ! Depuis la nuit des temps, les peuples châtient les crimes pour l’aspect dissuasif du châtiment !
  • Ce n’est pas une journée de deuil qui rendra justice à ces victimes de la pire des injustices ! Ce qui leur rendra justice, c’est que nous retrouvions, jugions et punissions ceux la même qui ont causé leur mort ! Si le RSP n’est pas responsable de toutes les morts constatés, on ne peut certainement pas l’absoudre non plus ! Si Zida était le commandant adjoint de ce régiment, il a donc de prêt ou de loin quelque chose à voir avec les tactiques que celle-ci à utiliser ! En tant que le plus grade de cette organisation qui est encore sur le territoire nationale, il convient qu’il aille rendre témoignage devant nos juges pour voir si ils le trouvent Blanc ou Noir !
  • Après avoir annoncé avec grande pompe que la révolution appartenait au peuple et que les décisions ne se prendraient pas dans les bureaux mais plutôt à la place de la Nation, ils ont vite fait de s’installer à Kosyam avec le nouvel « Homme Fort » ! Quel honte ! Sur les media sociaux, ils nous parlent de « Quel civil peut diriger la transition », « il faut oser inventer un Faso nouveau », « il y avait beaucoup d’hésitation de l’opposition » , etc .. Ils ont déserté la place de la nation pour les salons feutres de Kosyam !

Qui aime bien, châtie bien ! Le premier point de cette transition doit être sans conteste de faire la lumière sur les circonstances de la mort de nos camarades. Il faut autant que possible retrouver les coupable et les châtier à la hauteur de leur forfait pour que plus jamais pareille tueries n’adviennent dans notre nation ! Comment pourrons-nous faire ainsi si ceux la même qui ont tiré sur nous a balle réelle président la transition ? Je ne déclare pas le RSP coupable ! Je dis simplement que ni moi, ni le reste de l’armée n’avait suffisamment d’arme pour effectuer les tueries que nous avons vues ! Le Nouveau Faso que le Balai Citoyen veut bâtir doit commencer pas la ! C’est la seule façon de garantir que plus jamais aucun burkinabè ne tombera impunément sous les balles criminelles d’aucun régiment de notre armée !

Le nouveau Faso qu’il faut oser inventer, c’est un Faso sans les hommes forts ! Un Faso ou enfin, l’armée commencerait à faire le travail qui est le sien plutôt que de s’accaparer le pouvoir. L’armée dans notre pauvre pays est aux affaires depuis 1966 ! Nous ne nous en portons pas bien pour autant ! L’heure est venu de penser ce Burkina nouveau, sans les bidasses sinon à la place qui est la leur dans une république : celle de servir le peuple en assurant l’intégrité du territoire, des personnes et des biens.

Penser que aucun civil ne peut diriger la transition est un argument qui se défait lui-même ! Les civiles devront gérer le pays après la transition, ad eternam ! Comment pourrions-nous alors leur faire confiance si nous ne pouvons le faire maintenant ?

Quant aux hésitations de la classe politique, quoi de plus normale ! En 48 heures, sans crier gare, un régime vieux de 27 ans est tombé ! Tout le monde a été pris de cours, et prendre hâtivement des décisions ne pouvait que conduire à des heures grossières comme celle commises par les leaders du Balai Citoyen ! De plus, quand il s’agit de prendre la tête du pays pour une transition, il faut comprendre que un préalable souvent accepte en pareille situation est que le Président de la transition ne pourra se présenter aux élections !

  1. Conclusion

Je partage pleinement les préoccupations de l’opposition et de la communauté internationale ! La transition doit rester civile, et ce pour les raisons que j’ai évoqué ci-haut en réponse aux justifications que le Balai Citoyen a donné sur ses agissements.

Le Balai Citoyen est une organisation qui a forcé mon admiration en organisant et en sensibilisant notre jeunesse ! Elle a certainement contribue à la Victoire que nous savourons tous en ce moment ! Mais en tant que organisation apolitique, elle doit reconnaitre que la gestion de l’état appartient au domaine de la politique. Elle doit reconnaitre ses limites et arrêter de pousser le pays vers la confrontation en créant les dissensions que nous avons vu ces derniers jours ! Il est concevable que tous ne soient pas du même avis ! Cela est même souhaitable ! Je souhaite vivement qu’un rejoigne le lot des autres OSC et suivent les décisions prises à la majorité par ces OSC.

Il faut féliciter les efforts CFOP pour dénouer la crise. Mon veux est que de la concertation qui se tient en ce moment même, il ressorte une légitime du peuple à assumer son destin, et que notre armée assume finalement son rôle républicain, chose qu’elle n’a pas faite depuis 1966 ! La place de l’armée, ce n’est pas à la tête de l’Etat, et cela à aucun moment de la vie d’une nation !

Ou est mon ‘Tahir square’ ?

Une journée excellente que ce 28 Octobre ! Les foules sont sorties immenses. Malgré les quelques débordement çà et là, on peut considérer dans l’ensemble cependant que tout s’est bien passé ! Pourtant, je reste sur ma faim !

  1. Il faut battre le fer pendant qu’il est chaud

Cela a été exprimé plusieurs fois par diverses personnes : « le 28, c’est trop loin » disaient-ils ! Attendre pompeusement diverses dates pour sortir manifester n’est pas de nature à faciliter les choses. C’est une démarche qui permet du repris au camp d’en face. Le temps leur est donné de peaufiner leur contre-attaque.

Dans le différend qui nous oppose aujourd’hui sur l’article 37, il nous faut exercer la pression en permanence si nous voulons nous faire entendre ! Il ne parait pas opportun de continuer à lutter comme nous l’avons fait dans la première phase de cette lutte ! Nous constatons tous où cela nous a menés : A un projet de loi qui consacre la dictature de Compaoré ! Nous ne pouvons pas continuer avec les mêmes méthodes parce que si elles avaient du succès, nous ne serions justement pas là où nous sommes ! Il faut un changement de tactiques !

Il faut une manifestation permanente ! Il nous faut, à chaque minute rappeler au monde entier que notre constitution est en train d’être violée et que notre peuple à décider de résister à ce viol ! Oui, la victime d’un viol, ne se débattrait pas, puis s’arrêterait, et enfin recommencerait à se débattre ! Elle – la victime – se débattrait, et elle ne s’arrêterait que lorsque le violeur arrêtera !

Oui, les révolutions arabes n’ont pas obtenu le changement en rentrant chez eux pour en ressortir quelques jours plus tard pour manifester ! Ils sont restés dehors tous les jours jusqu’ à la victoire finale ! Oui, pendant des jours, les Egyptiens ont campés sur ce nous appelons aujourd’hui  « Tahir square » ! La jeunesse ukrainienne a utilisé les mêmes méthodes pour obtenir le départ de leur dictateur.   Depuis le mois de Septembre, à Hong Kong, les manifestants occupent la place publique jour et nuit pour réclamer à la Chine, le droit d’élire leur gouverneur ! Au Faso, la place de la nation reste désespérément déserte, sauf l’espace de quelques heures, le temps d’une manifestation ponctuelle de l’opposition !

Je ne demande à personne de commettre des actes de vandalisme ! Je ne demande même pas de bloquer la circulation ! Je demande tout simplement d’installer une manifestation permanente à la place de la nation !  Il faut que les yeux du monde entier se tournent enfin sur notre pauvre pays, qui,  comme un somnambule est entrain de marcher droit vers la dictature !

Pour les questions pratiques, le CFOP devrait pouvoir lancer une souscription afin de soutenir les vaillants citoyens qui donneraient leur temps pour installer cette protestation permanente !

Bruler des pneus, casser des feux, etc., cela ne fait que diminuer notre cause ! C’est du reste ce que recherchent nos adversaires ! Pouvoir aux yeux du monde nous coller l’étiquette de vandale et ensuite s’abattre sur nous à bras raccourcis ! Et pourtant c’est eux qui nous parlent de paix !

  1. Il faut savoir ses priorités

L’heure est grave ! Oui ! Elle l’est ! La vie est chère, c’est aussi vrai, mais il n’y aura pas de vie si la modification l’article 37 est votée le 30 Septembre ! Il me semble que vu les circonstances du moment, certaines luttes devraient être simplement suspendu !

Comment peut-on d’ailleurs un jour demander la démission du gouvernement et du Président du Faso et le lendemain leur demander de prendre des mesures pour améliorer les conditions des Burkinabè ? Oui, les deux luttes sont différentes et ont probablement l’engagement de groupes différents ! Il n’empêche que l’opposition se faisant le portevoix d’une telle lute devrait rester conséquente et logique avec elle-même, et surtout devrait revoir ses priorités en fonction de l’évolution des évènements !

La question de l’article 37 prime tout simplement, et devrait prendre le dessus sur toute autres luttes !

  1. Conclusion

La justesse d’une cause n’est pas une garantie de succès ! Il n’y a qu’à voir les injustices dont notre monde est fait pour s’en convaincre.  Nous sommes aujourd’hui là où nous sommes, pas parce que par le passe nous n’avons pas lutte contre la dictature de Blaise Compaoré ! Bien au contraire ! Nous nous sommes battus, mais pas de façon efficace ! Résultats : aujourd’hui nous devons encore recommencer à zéro ! Il importe cette fois de faire notre lutte afin que définitivement, nous puissions tourner la page.

J’entends déjà certain me dire qu’il est sans doute facile, depuis le calme de mon salon, loin quelque part la bas à l’extérieure, de suggérer ce que je suggère ! Peut-être qu’ils ont raison ! Peut-être aussi qu’ils ont tort parce qu’ils n’étaient pas à mes cotes en Décembre 98 ! Il eut un temps, ou dans l’innocence de l’enfance, je levais le point pour dire « la patrie ou la mort ». En 98, cette devise revêtit tout son sens pour moi ! Je ne suis pas encore mort ! « Nous vaincrons » certainement !