Ou est mon ‘Tahir square’ ?

Une journée excellente que ce 28 Octobre ! Les foules sont sorties immenses. Malgré les quelques débordement çà et là, on peut considérer dans l’ensemble cependant que tout s’est bien passé ! Pourtant, je reste sur ma faim !

  1. Il faut battre le fer pendant qu’il est chaud

Cela a été exprimé plusieurs fois par diverses personnes : « le 28, c’est trop loin » disaient-ils ! Attendre pompeusement diverses dates pour sortir manifester n’est pas de nature à faciliter les choses. C’est une démarche qui permet du repris au camp d’en face. Le temps leur est donné de peaufiner leur contre-attaque.

Dans le différend qui nous oppose aujourd’hui sur l’article 37, il nous faut exercer la pression en permanence si nous voulons nous faire entendre ! Il ne parait pas opportun de continuer à lutter comme nous l’avons fait dans la première phase de cette lutte ! Nous constatons tous où cela nous a menés : A un projet de loi qui consacre la dictature de Compaoré ! Nous ne pouvons pas continuer avec les mêmes méthodes parce que si elles avaient du succès, nous ne serions justement pas là où nous sommes ! Il faut un changement de tactiques !

Il faut une manifestation permanente ! Il nous faut, à chaque minute rappeler au monde entier que notre constitution est en train d’être violée et que notre peuple à décider de résister à ce viol ! Oui, la victime d’un viol, ne se débattrait pas, puis s’arrêterait, et enfin recommencerait à se débattre ! Elle – la victime – se débattrait, et elle ne s’arrêterait que lorsque le violeur arrêtera !

Oui, les révolutions arabes n’ont pas obtenu le changement en rentrant chez eux pour en ressortir quelques jours plus tard pour manifester ! Ils sont restés dehors tous les jours jusqu’ à la victoire finale ! Oui, pendant des jours, les Egyptiens ont campés sur ce nous appelons aujourd’hui  « Tahir square » ! La jeunesse ukrainienne a utilisé les mêmes méthodes pour obtenir le départ de leur dictateur.   Depuis le mois de Septembre, à Hong Kong, les manifestants occupent la place publique jour et nuit pour réclamer à la Chine, le droit d’élire leur gouverneur ! Au Faso, la place de la nation reste désespérément déserte, sauf l’espace de quelques heures, le temps d’une manifestation ponctuelle de l’opposition !

Je ne demande à personne de commettre des actes de vandalisme ! Je ne demande même pas de bloquer la circulation ! Je demande tout simplement d’installer une manifestation permanente à la place de la nation !  Il faut que les yeux du monde entier se tournent enfin sur notre pauvre pays, qui,  comme un somnambule est entrain de marcher droit vers la dictature !

Pour les questions pratiques, le CFOP devrait pouvoir lancer une souscription afin de soutenir les vaillants citoyens qui donneraient leur temps pour installer cette protestation permanente !

Bruler des pneus, casser des feux, etc., cela ne fait que diminuer notre cause ! C’est du reste ce que recherchent nos adversaires ! Pouvoir aux yeux du monde nous coller l’étiquette de vandale et ensuite s’abattre sur nous à bras raccourcis ! Et pourtant c’est eux qui nous parlent de paix !

  1. Il faut savoir ses priorités

L’heure est grave ! Oui ! Elle l’est ! La vie est chère, c’est aussi vrai, mais il n’y aura pas de vie si la modification l’article 37 est votée le 30 Septembre ! Il me semble que vu les circonstances du moment, certaines luttes devraient être simplement suspendu !

Comment peut-on d’ailleurs un jour demander la démission du gouvernement et du Président du Faso et le lendemain leur demander de prendre des mesures pour améliorer les conditions des Burkinabè ? Oui, les deux luttes sont différentes et ont probablement l’engagement de groupes différents ! Il n’empêche que l’opposition se faisant le portevoix d’une telle lute devrait rester conséquente et logique avec elle-même, et surtout devrait revoir ses priorités en fonction de l’évolution des évènements !

La question de l’article 37 prime tout simplement, et devrait prendre le dessus sur toute autres luttes !

  1. Conclusion

La justesse d’une cause n’est pas une garantie de succès ! Il n’y a qu’à voir les injustices dont notre monde est fait pour s’en convaincre.  Nous sommes aujourd’hui là où nous sommes, pas parce que par le passe nous n’avons pas lutte contre la dictature de Blaise Compaoré ! Bien au contraire ! Nous nous sommes battus, mais pas de façon efficace ! Résultats : aujourd’hui nous devons encore recommencer à zéro ! Il importe cette fois de faire notre lutte afin que définitivement, nous puissions tourner la page.

J’entends déjà certain me dire qu’il est sans doute facile, depuis le calme de mon salon, loin quelque part la bas à l’extérieure, de suggérer ce que je suggère ! Peut-être qu’ils ont raison ! Peut-être aussi qu’ils ont tort parce qu’ils n’étaient pas à mes cotes en Décembre 98 ! Il eut un temps, ou dans l’innocence de l’enfance, je levais le point pour dire « la patrie ou la mort ». En 98, cette devise revêtit tout son sens pour moi ! Je ne suis pas encore mort ! « Nous vaincrons » certainement !

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