Réformes au Faso: II- Du pouvoir exécutif !

Dans la première parti de mon blog sur les reformes, j’ai suggéré que la constitution élargisse les droits fondamentaux des burkinabè pour inclure le droit à une éducation gratuite et obligatoire jusqu’à 16 ans, le droit à un environnement sain du paludisme, et qu’elle – la constitution –  assure l’égalité de tous devant la maladie en créant les conditions nécessaire à l’épanouissement de structure médicale nationale de haute qualité, en interdisant explicitement les évacuations médicales pour les hommes politiques de notre pays. (1)

Poursuivant ma réflexion sur les reformes, je me propose de me pencher dans ce blog sur le pouvoir exécutif. Ma prétention n’est pas de dicter ce qu’il faut faire, mais plutôt d’ouvrir le débat sur certains de nos manquements actuels, de nos problèmes et aussi de proposer des débuts de solution avec les moyens pour les mettre en œuvre.

Je dois avouer ma déception vis-à-vis de l’effervescence qui existe en ce moment autours des candidatures à la présidentielle de cette année ! Je trouve étonnant, et ahurissant que des hommes, qui n’ont aucunement contribué au débat nationale, avant même d’avoir exposé une quelconque vision pour notre cher pays, puissent trouver parmi nous, une horde de gens suffisamment naïfs, écervelés pour aller dans les salles de conférences pour les brandir en héro et les « appeler » à se présenter ! Certains même se font appeler depuis des années par le travers des medias sociaux !

Nous avons tous été témoin de ce type de dérive, ce type de culte de la personnalité qui n’a rien à envier des Nord-Coréen, qui ont conduit  à la révolution de novembre.  Compaoré est à peine parti que certains burkinabè se sont déjà trouvé d’autres manitous, dieux tout puissants descendus des nues pour sauver notre pauvres Burkina-Faso !

Un seul homme peut-il ‘sauver’ ce pays ? Des hommes qui n’ont pas le courage de regarder le peuple droit dans les yeux pour lui dire qu’ils ont l’intention de briguer la magistrature suprême, mais passe plutôt par l’instrumentalisation des masses analphabètes peuvent-ils vraiment être porteur d’un bon augure pour notre pays ?

A qui la faute ?

La faute, à mon avis, est celle d’un système qui concentre bien trop de pouvoir entre les mains d’un seul homme !  A quoi cela sert-il d’être une Démocratie, et d’avoir un monarque au sommet de l’Etat ? N’est-ce pas la même une contradiction, vu le sens étymologique de mot ? « Demos », le peuple  et « kratos », capable de gouverner ?

Si donc le peuple est capable de gouverner, pourquoi alors faut-il concentrer les pouvoirs entre les mains d’un seul ? Alors les esprits les plus faibles d’entre nous en viennent à prendre cet homme pour un dieu !

C’est à cette situation que je m’efforcerai de trouver une solution. Il faut remettre à César, ce qui est à César !

 Du Président du Faso

Comme le nom l’indique, le président du Faso est vraiment le président de tous les Burkinabè ! Il représente le Faso, la république, l’unité du Faso ! Pourtant !

Personnellement, je n’ai jamais pendant ses 27 années de pouvoir vraiment reconnu Blaise Compaoré comme mon président ! Pas simplement parce que je n’ai jamais voté pour lui ! Simplement, je ne me suis jamais reconnu dans ses aspirations. J’ai grandi sous la révolution, j’ai pleuré quand Sankara est mort, je me suis fâché quand les Burkinabè se sont accommoder de la situation.

Je suis certain que je ne suis pas le seul burkinabè dans une telle situation ! Moi je porte volontiers un regard critique sur l’ère sankariste, sans aucunes complaisances. Bien des gens sont encore incapable de cela !

Compaoré était donc le président de tous les burkinabè, sauf..

N’est-il pas là le danger ! Un président de la république en qui peu de gens se reconnaisse !

Le président du Faso doit être celui qui unifie le pays ! Celui qui rassemble les burkinabés d’ici et d’ailleurs ! Celui qui est au-dessus vraiment de nos critiques! Pourtant, au moment chaud du débat sur l’article 37, nous avons eu droit à des sorties malheureuses comme les « nous avons une majorité dans ce pays.. »

Le président du Faso idéal, donc ne peut exercer aucun pouvoir exécutif ! Son rôle est purement honorifique, un peu comme un monarque constitutionnel ! Tous les honneurs, mais aucun pouvoir exécutif !

Dans de telles conditions, on pourrait envisager les candidatures indépendantes au poste, un mandat un peu plus long – 7 ans renouvelable 1 fois seulement – .

Les attributions d’un tel rôle sont bien décrites dans les constitutions des pays avec un système parlementaire.

Bref, vous avez compris l’idée, je voudrais redonner le pouvoir au peuple à travers une démocratie parlementaire. Dans un tel contexte, le Président du Faso symbolise l’unité nationale. Le pays entier évite de remettre son destin à un seul homme ! Quelques soit son intelligence, un seul homme ne peut avoir des solutions à tous les problèmes d’une nation. Seuls les échanges, les débats, les contradictions permettent de mûrir des solutions efficaces aux maux qui minent les peuples. Ce cadre d’échange, de débat, c’est d’abord le parti politique, puis le parlement. L’exécutif qui doit donc gérer nos problèmes quotidien, doit à mon sens être issu du parlement.

Au sommet de l’Etat, nous devons protéger l’unité, l’union, la nation entière sans exception et non une frange.

 Du Gouvernement

L’ère Compaoré nous a démontré une chose : on peut créer un ministère pour n’importe quoi ! Se servir des ministères pour récompenser les uns et les autres. J’ai toujours eu du mal à comprendre pourquoi quelqu’un à qui le peuple n’a pas donné sa confiance peut cependant présider au destin national à travers un ministère ? Comment est-il possible que les uns et les autres aillent sur le terrain battre campagne sur un projet de société spécifique, et ensuite il revient à d’autres de mettre le projet en œuvre sans même comprendre de quoi il s’agissait !

Le Président du Faso n’ayant aucun pouvoir exécutif, il revient donc au gouvernement d’exerce ce pouvoir !

Je suggère donc que la constitution fixe un nombre maximum et minimum de ministères. Disons 7 ministères au minimum et 15 au maximum, cela mettra fin au gouvernement récompense. On peut déjà voir se dessiner les ministères clef : Premier Ministère, Finance, Administration territoriale, Justice, Défense, Affaire Etrangère et Coopération, Education nationale, Santé, Agriculture, Environnement, Culture, Transport, Travail (Affaire Innovation et Métier).

Le nombre limité de ministère permettra du reste aux cadres des partis de se spécialiser pour la gestion de ministères spécifiques. L’opposition pourra aussi nommer des porte-paroles pour chaque ministères, afin d’apporter la contradiction au ministre, de critiquer les politiques adoptées et de faire des contre-propositions.

Les ministres doivent être des élus du parlement ou du Sénat, c’est-à-dire une personne en qui un certain nombre de burkinabè ont placé leur confiance. Une personne de terrain, une personne qui connait de fond en comble le programme politique sur lequel il a été élu !

Le premier ministre est désigné par le parlement, parmi les députés élus. Le premier ministre est le chef du gouvernement, et préside le conseil des ministres. Il décide de la taille du gouvernement, de ses orientations et propose les ministres au Président du Faso qui les nomme.

En cas de démission d’un membre du gouvernement, celui retrouve sa place au sein de l’AN ou du Sénat.

Pas grand changement ici, sauf le nombre maintenant fixé des ministères et la responsabilisation devant le peuple des ministres en faisant en sorte qu’ils soient des élus : la seule allégeance d’un gouvernement doit être au peuple. Ainsi donc, le peuple sanctionne directement les ministres incompétents lorsque les élections arrivent. La situation devrait aussi permettre d’obtenir plus facilement les démissions en cas de scandale, parce que le ministre retombe sur son rôle de député. Ces gens qui pensent que la rue ne fait pas tomber de gouvernement réfléchiront par de fois avant !

En faisant des ministres des élus, nous dépolitisons de fait l’administration publique. En effet, seuls les membres du parlement pourront prétendre aux postes de ministre. Ils arrivent au Ministère, élu par le peuple pour un programme qui a convaincu la majorité des burkinabés. Pour le mettre en œuvre, il leur faudra savoir compter sur une administration de technocrates dépolitisés. Il y va de leur propre intérêt et de celui du premier ministre ! Si ils se font complaisants et politise l’administration par des nominations politiques, ils ne seront pas en mesure d’obtenir le meilleurs des cadres lésés de l’administration, chose qui jouera sur leur capacité à obtenir des résultats ! La sentence du peuple sera sans appel ! Du reste, leur collègues députés peuvent très rapidement demander leur démission ! Le parlement contrôlera véritablement l’action du gouvernement en ayant le droit de retirer sa confiance au premier ministre – vote à la majorité des députés -.  Celui-ci devra alors rendre sa démission !

Conclusion :

Deux principaux idéaux ont guidé les propositions faites ci-hauts : l’unité du Faso et la remise du pouvoir du peuple au peuple.

Le Faso ne peut pas être UN, si il a un président qui se bat pour des intérêts partisans ! Il ne peut pas être UN, si le président du Faso peut donner des ordres dont les conséquences pourrait être néfastes pour les uns, allant parfois même jusqu’à la mort. Si le président du Faso n’impose pas le respect de tous, l’avenir de notre pays n’est pas garanti !

De plus, un seul homme, à moins d’être un monarque absolu, ne saurait avoir de tels pouvoirs ! Le pouvoir appartient au peuple et il convient donc que le peuple l’exerce à travers un gouvernement élu. Ultimement, l’allégeance de tout politicien devrait être au peuple, rien qu’au peuple et seulement au peuple.

Dans le chapitre prochain, nous évoquerons le pouvoir législatif, ou nous verrons comment nos suggestions encreront d’avantage le pouvoir dans les mains du peuple.

 (1) https://burkinafache2015.wordpress.com/2015/01/19/reformes-au-faso-i-des-droits-fondamentaux/

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