Les notes de Koudraogo

Loi de finance rectificative No 2:  Un manque cruel d’imagination !

La deuxième loi de finances rectificative pour l’exécution du budget de l’Etat, gestion 2016 a été adoptée le 25 juillet dernier. Pendant que le gouvernement se vante d’avoir présenté pour la première de notre histoire un budget équilibré, les détails sur cette loi de finance commence à faire jour, et cela n’est pas beau à lire !

Des mauvaises nouvelles pour la consommation

Pendant que tout le monde se plaint de la morosité du climat économique, le gouvernement Thiéba ne trouve pas mieux à faire que d’enfoncer le clou dans le cercueil de notre économie déjà moribonde. En effet au lieu de nous proposer des réductions de taxes pour relancer la consommation et ainsi soutenir l’économie, c’est plutôt à des augmentations tout azimut que nous assistons, depuis la petite bière rafraichissante jusque dans les jeux du hasard ! C’est une attaque sans précédent sur le consommateur burkinabè.

D’une part, la taxe sur les propriétés sera passée directement aux locataires par les propriétaires, pour ce qui est des propriétés mises en location. Quant aux terrains nus, ils risquent bien de rester encore très longtemps sans être mis en valeur, histoire de reporter à plus tard la facture en matière de taxes. Il ne faut pas être devin pour entrevoir les répercussions sur les ventes des matériaux de construction, les salaires et les emplois dans le secteur de la construction. Nul besoin de signaler les baisses que cela entraine au niveau de la collecte des fonds : TVA, IUTS, etc.

D’autre part, on peut bien se demander si la taxe sur les véhicules de tourisme aura un impact quelconque. En effet, les plus grands acheteurs sont exempts de la taxe ! Pour le reste, il s’agit encore plus de sociétés privées que de particuliers. Ici encore, c’est le consommateur burkinabè qui paiera au bout du compte, puisque les frais de production des biens ou des services qu’il consomme augmente.

La taxe sur la bière, elle n’affectera qu’une partie de la population, mais là encore, le consommateur aura le choix de réduire sa consommation. C’est bien ce que nous faisons tous pour joindre un mois à l’autre ! De plus lorsque l’on sait les marges réduites avec lesquelles les vendeurs de boissons doivent faire, on peut s’attendre à ce qu’un bon nombre mette la clef sous le paillasson, les travailleurs allant grossir le lot combien déjà grand des sans-emplois. Chose qui, elle aussi réduira de fait l’assiette fiscale ! A moins que beaucoup passe à la sucrerie, chose qui n’est pas sans implications propres que nous verrons plus tard.

En somme, les mesures prises par le gouvernement auront toutes, une tendance à faire baisser la consommation, donc à ralentir l’économie. Nous ne serons point surpris, si effectivement dans 6 mois les recettes se montrent bien en dessous des expectations et qu’il faille faire passer une autre rectification du budget !

Plusieurs autres choix étaient possibles

Et pourtant, on aurait pu faire autrement.  Il n’y a pas de doute qu’il faut élargir l’assiette des collectes au profit du contribuable. Cependant, le gouvernement disposait de plusieurs options. Il aurait pu faire des choix qui auraient relancé la consommation tout en collectant les fonds nécessaires. Quelques exemples :

On peut élargie l’assiette des recettes en augmentant le nombre des contribuables. Cela veut dire une politique qui permet de mettre beaucoup plus de gens au travail. On pourrait par exemple réduire les charges sur les employeurs afin de les inciter à créer plus d’emplois. On pourrait relaxer les règles quant aux licenciements et aux emplois temporaires. Ce sont autant de mesures qui ont prouvé leur capacité a créer des emplois dans plusieurs autres pays.

On peut aussi élargir l’assiette fiscale en encourageant la consommation. Par exemple, la réduction du prix du ciment pourrait déclencher un boom dans la construction. Le contribuable profite des reversements en TVA, de l’IUTS sur les salaires à cause des emplois supplémentaires crées, etc.

Toujours dans la relance de la consommation, une baisse des taxes aéroportuaires, des prélèvements sur les hôtels, auberges etc. pourraient contribuer à faire du Burkina une destination de choix par la baisse des prix des billets, des couts des hôtels, etc. Et le touriste ou l’expatrié burkinabè qui rentrerait au BF, y dépenserait son argent, toute chose qui ne peut que profiter à l’économie. On n’accroit pas le nombre de passagers aérien du Faso (comme annoncé dans le discours sur l’état de nation) avec des discours ; Il faut des mesures concrètes.

Au lieu de taxer les véhicules de tourisme, on aurait pu réduire les taxes et ainsi impulser un renouvellement du parc automobile nationale, toute chose qui ne peut que bénéficier à la sécurité routière, à l’environnent et au cadre de vie, et une fois encore au fisc du fait du nombre accru des transactions.

Pendant que le monde entier est en train de réfléchir sur une taxe sur le sucre du fait que le diabète est devenu un sérieux problème de santé publique, pendant que le principe est déjà acquis dans certains pays, le Faso passe à côté de la plaque. Pourquoi ne pas taxer les boissons sucrées et ainsi protéger nos enfants contre les carries et l’obésité ? Que dire des cigarettes, cigares et autres tabac ? Quelle sera leur incidence sur le cout de l’assurance maladie que le gouvernement veut établir ? Plusieurs options étaient possible pour répartir les 30% de façon plus équitable !

Equilibrer un budget ne peut pas juste se résumer à des mesures fiscales ! Il faut l’accompagner de mesures d’économie. Nul ne peut vivre au déçu de ses moyens. Si l’argent n’y est pas, il faut bien faire des coupes pour équilibrer les comptes plutôt que de chercher à réunir l’argent, peu importe la façon ! Quand on demande des sacrifices aux contribuables, il faut soi-même faire des sacrifices. La réduction du train de vie de l’Etat doit être une priorité ! Quand comme en 2015 presque 70% des recettes passe dans les salaires, la dette et le fonctionnement, il convient de réagir promptement ! Quelles économies peut-on réaliser par exemple en supprimant les véhicules de l’état ? En réduisant le nombre de séminaires, de missions à l’étranger aussi bien du gouvernement, du parlement que de la fonction publique ? En fusionnant les forces de police ? Cherchez les gaspillages et vous trouverez les économies !

Conclusion

Le budget que l’on vient de nous servir est un budget sans imagination. Il y a un déficit, alors on trouve des nouvelles taxes pour le combler ! Il n’y a aucun mérite à cela, vraiment aucun ! Le Dr. A. Ouedraogo parle à raison de « faire en moins bien, du Blaise Compaoré sans Blaise Compaoré » !

L’opposition a bien critiqué, et s’est abstenu do vote. Nous attendons de voir leurs propositions de budget. C’est seulement ainsi qu’ils nous convaincront qu’ils peuvent offrir une alternative.

Koudraogo Ouedraogo

Blog : http://burkinnafache2015.wordpress.com

Membre, Faso 2020 : http://faso2020.org

“Oser inventer un Burkina nouveau”

Patriotisme ou arrivisme ?

Issac Zida ! Un nom qui divise les burkinabés et continuera de le faire pour encore très longtemps ! Pour certains, il s’agit d’un patriote de la trempe des Zuma, Lula, et Dilma ! (Lula, un patriote sans conteste, Zuma et Dilma ? il faut m’en persuader !). Pour d’autres comme moi, il n’est qu’un arriviste de la pire espèce, plutôt de la trempe des Gbabgo et Compaoré !

Le diable se trouve dans les détails

Dans mon Blog « Vers une transition avec des larbins (2) », je posais la question suivante : « .. ce sont les hommes de Zida qui ont tiré sur nous ! Ce sont ces mêmes hommes de Zida qui tiraient sur nous pour protéger François Compaoré ! Les mêmes qui ont escorté Blaise Compaoré hors du pays ! Que l’on m’explique donc, pourquoi c’est le même Zida, qui s’est arrogé tout seul le droit de regard sur notre transition ? » (1)

En tant que numéro 2 du RSP, Zida a beaucoup de choses dont il doit répondre devant le peuple du Burkina ! Blaise Compaoré n’a pas pu être directement responsable des tactiques utilisées par le RSP pour tuer la révolution ! Si sur le terrain les officiers subalternes étaient directement responsables, au centre de commande, ce fut bien des officiers supérieurs qui décidèrent des tactiques de « guerre » ! Zida donc ne peut s’absoudre de l’ordre donné de tirer à balles réelles sur des manifestants non armés pour protéger la fuite des pontes du régime !

A mon sens, c’est bien là qu’il fallait faire preuve de patriotisme ! C’est bien là, qu’il fallait, au lieu de tirer sur la foule innocente, se mettre plutôt avec le peuple et arrêter net dans leur fuite les pontes du régime Compaoré !

Un sombre officier

Issac Zida ! Ce nom, je ne l’ai jamais entendu avant la révolution ! Je ne le connais ni pour aucune prise de position politique, ni pour aucun haut fait d’arme !

Ce sombre officier fait irruption sur la scène nationale à la faveur d’un putsch ! Il faut bien le dire ! Permettez – moi une fois encore de me citer : « Mais Blaise à peine parti, que le chef d’Etat-major général des armées s’autoproclame Président du Faso ! De quel droit ? Il va même jusqu’à dissoudre les institutions de la république. Le mot en français pour qualifier de tels agissements, c’est « coup d’Etat » militaire ! Et comme les coups d’Etat ne trouvent leur ‘légitimité’ que sur la base du rapport de force, alors ce qui devait arriver arriva ! Celui-là qui avait plus de muscle fit à son tour un autre coup ! Ainsi donc, le RSP porta son homme au pouvoir comme ils le disent. » (2)

Si donc Zida est un patriote, alors le général Traore (ex. CEMGA) plus encore, donc !

Ainsi, c’est bien le rapport de force qui, au soir de la révolution met Zida à la place qu’il va occuper pour un peu plus d’un an ! C’est n’est ni sa vision, ni son patriotisme, ni son engagement politique, ni son charisme de leader, ni son opposition à la modification de l’article 37, mais plutôt des instincts aussi bas que la survie, l’opportunisme et l’arrivisme !

Pourquoi consacrer le putsch de Zida et dénigrer G. Diendere et Traore pour les mêmes faits ? Zida a-t-il jamais levé son petit doit lorsque la lutte contre la modification de l’article 37 faisait rage ? Non, il a plutôt envoyé ses hommes nous tirer dessus !

L’opportunisme, l’arrivisme, le putschisme, l’indiscipline sont telle des maux ou des qualités ? Comment peut-on comparer un démocrate et élu comme Lula a un putschiste comme Zida ?

Il est bien passé à la soupe sous Compaoré

Nous avons tous été témoins de la déclaration des biens de Zida (3).  Villa à Ouaga 2000 estimée a combien de centaines de millions ? 350 millions ! Un champs d’une valeur de 100 millions, une ferme de 100 millions, 2 villas, 110 millions, 30 millions d’économie en banque, etc .. Combien de têtes de bovins ? Que l’on me dise, comment un officier de l’armée burkinabè, payé au salaire que nous pensons a pu accumuler une telle fortune ? Plus de 600 millions de CFA !

Que l’on nous montre les preuves du grossissement progressif ou non de cette fortune ! Que l’on nous montre les contributions fiscales qui justifient de cette fortune !

Dans le même temps, un autre officier du gouvernement a de la peine à réunir le dixième de la fortune de Zida !

Je suis certain qu’en économisant tout son salaire depuis qu’il a commencé à travailler, on aurait bien de mal à justifier la fortune de Zida ! C’est cela la corruption ! Ce n’est ni de la jalousie, ni de la médisance ! Ce n’est pas à moi de fournir des preuves de la corruption, mais plutôt à l’intéressé de fournir les preuves justificatives de sa fortune !

A moins que la corruption ne soit une qualité désirable, nul ne peut ériger Zida en exemple ! S’il n’est pas corrompu, qu’il nous en donne les preuves ! Je le défis de le faire !

Conclusion :

A y voir clair, Zida ne peut être vu comme un saint, peu importe l’angle ! Il s’acoquine d’abord avec régime Compaoré pour amasser une fortune immense. Il organise un putsch, le soir même ou le peuple se libère du joug de la dictature et se bombarde président du Faso ! Lorsque sous la pression nationale et internationale il doit renoncer à ce poste, ce n’est que pour faire désigner son candidat au poste !

Poursuivant dans la logique du putsch, il reste présent comme premier ministre. Des citoyens plus méritants ont pourtant battu le pavé ici pour obtenir le départ de Compaoré. Cela n’empêche ! Les burkinabés ont toujours été mystifiés par les hommes en treillis, et sans vergogne Zida se pose à notre jeunesse qui n’avait encore rien vu, comme le nouveau Sankara ! Un Sankara sans aucune histoire de militantisme, peu importe ! Il a la force, et cela suffit à certain ! La raison du plus fort est toujours la meilleure !

J’ai souvent appelé les uns et les autres à la responsabilité ! Il faut s’assumer ! Pas Zida ! Il a violé la politesse au Gal. Honore Traore, mais refuse d’assumer ! Alors il se bombarde Général lui-même !  Un leader, s’assume ! Lula a juré de se blanchir devant les cours, Zida a pris la clef des champs ! Quel contraste !

Zida devrait être à la MACA avec Diendere pour répondre de ses actes le jour de notre révolution ! Mais nous le savons déjà !! Il n’assumera jamais !

Si, dans cette affaire de notre révolution il y a un militaire a glorifie, cela ne saurait être nul autre que le Gal. P. Zagré. Le premier officier de notre armée depuis 1966 à comprendre le rôle républicain de l’armée, cela mérite de félicitation ! Venir au secours de son pays quand bien même la balance des forces ne pesait pas forcement en sa faveur, c’est cela le patriotisme ! Rien ne l’empêchait de se joindre à Diendere ou même de lui faire un contre coup comme Zida à Traore ! Rien, sauf son devoir et sa patrie !

Koudraogo Ouedraogo

Email : koudraogo.ouedraogo@gmail.com

Blog:  https://burkinafache2015.wordpress.com/

Vers une transition avec des larbins (2), 11 novembre 2014

Oser inventer un Burkina nouveau, 2 novembre 2014

 

Burkina 2020 : bori bana !

La vraie alternance en 2020 se met en marche aujourd’hui sur ce blog !

Un Faso du  « Pragmatisme et de l’originalité »

Dans mes blogs sur les enjeux de l’élection du 29 novembre, j’ai identifié 3 conditions sine qua non à la continuation de notre belle révolution après le 29:

  • La Rupture
  • Le savoir oser
  • Le pragmatisme et l’originalité

Dans la première partie de mon propos, « Un Faso de la Rupture », j’ai énuméré les maux que je pense nous avons voulu rompre avec par la révolution des 30 et 31 octobre 2014. J’ai cité la médiocrité, l’arrivisme, la France-Afrique. J’ai essayé de montrer comment certains hommes politiques proéminents de notre pays incarnaient cette médiocrité, cet arrivisme, ces réseaux occultes qui n’ont que fait trop de mal à nos pays.

Dans la deuxième partie de mon propos, « Un Faso du savoir oser », j’ai essayé de démonter l’argument selon lequel il faut des hommes d’expérience pour gouverner le pays. Obama, Cameron, Tsipras sont autant de leaders récents qui n’ont jamais eu cette expérience, mais qui pourtant font le bonheur de leur peuple. Ce qui compte en réalité, se sont les idées, la vision, la volonté politique. En Grèce antique, des cités comme Athènes avaient même préféré le tirage au sort à l’élection pour remplir certaines fonctions.

Dans cette troisième et je me propose de traiter du pragmatisme, la dernière condition ci-dessus citée.

Le pragmatisme et l’originalité

Sans pragmatisme, il devient très difficile de poser un diagnostic correct. Or la résolution d’un problème commence d’abord par la bonne identification du problème et de ces causes.

Sans originalité, les solutions restent dans des spéculations générales sans aucune chance de résoudre le problème spécifique. C’est vraiment le domaine des « faire en sorte que … ». Une tournure qui, à mon humble avis n’a aucune place dans un programme de société ! Nous savons tous qu’il faut « faire en sorte que … » ! Ce que nous attendons des dirigeants c’est de nous dire comment « on fait en sorte que ! »

Pour mieux illustrer mon propos, je m’appuierai sur des exemples que je prendrai dans les programmes de sociétés que nous proposent les candidats à l’élection présidentielle. L’idée étant de montrer le manque de pragmatisme ou d’originalité.

« La mise en œuvre des actions prévues dans le cadre de mon programme nécessite des ressources financières dont le montant cumulée est évalué à la somme de quinze mille six cent vingt-neuf virgule trente-deux milliards de francs CFA (15 629,32 milliards de F CFA) sur les 5 ans. » Le projet de société de Zéphirin Diabré.

15 000 000 000 000 (15 000 milliard) CFA ! Cela est bien connu, le cerveau humain à de la peine à appréhender de tel grand nombre. Relativisons donc. Que pensez-vous donc de 884 000 CFA ? Plus facile ! Juste en dessous de 1 million CFA ! Figurez-vous que, si l’UPC gagne l’élection, chaque burkinabè (17 million) aura 884 000 CFA de dette après 5 ans de mandat !

C’est 176 800 CFA par an et par burkinabè ! En contraste, plus de 50% de la population du Burkina vie en dessous du seuil de pauvreté qui était de 2 USD/jour en 2015 soit environ 428 000 CFA par an.

Bien sûr, il ne s’agit là que du capital, les intérêts seront en fonction. Comme on sait que des pays comme le Faso n’ont pas une très bonne note auprès des institutions financières internationales (B-/B pour S&P), il faut s’attendre à un taux d’intérêt élevé (fonction du risque encouru à nous prêter de l’argent). Les riches empruntent à un taux d’intérêt faible, parce qu’il y a peu de risque à leur prêter. Les pauvres doivent payer beaucoup plus parce que celui qui prête l’argent prend de gros risques.

Supposons que chaque burkinabè soit prêt à supporter le fardeau d’une telle dette !  Que se passe-t-il lorsque les créditeurs décident que c’est bien trop d’argent pour un pays pauvre comme le nôtre ? Il ne suffit pas de vouloir emprunter pour que l’on vous prête ! Si l’emprunt échouait, ou connaissait un succès autre que total, voici un programme de société qui ne pourra pas être mis en œuvre !

Dans un contexte de crise économique mondiale, où chaque pays parle de réduire sa dette et de ne pas vivre au-dessus de ses moyens, rares seront les partenaires qui voudront supporter un tel projet ! Un proverbe de chez nous ne dit-il pas  « Dort à terre, qui dort sur la natte d’autrui  » ?

« la construction d’une centrale nucléaire civile sera envisagée en partenariat avec les pays de la CEDEAO, ou de l’Union africaine ». Le projet de société de Zéphirin Diabré.

BRAVO ! Seul problème : Aucun pays de la CEDEAO, ne possède la technologie nucléaire. A l’échelle de l’Union Africaine, un pays comme l’Afrique du Sud (qui a 2 centrales nucléaires ne produisant que 5% de leur besoin) vient de signer des accords avec le Congo pour développer les barrages hydroélectriques d’Inga. Une centrale à l’échelle africaine doit être d’une taille telle que le projet sera impossible ou alors il en faudra plusieurs. A cela s’ajoute le fait que l’Afrique est un continent en pleine transformation, ébullition. Un continent instable ! Qui donc aura l’inconscience de nous vendre la technologie nucléaire ? Vendre le nucléaire à des pays ou la moindre rébellion peut à une vitesse fulgurante occuper la presque totalité du territoire nationale ? Imaginez un peu une centrale nucléaire aux mains de Boko Haram, AQMI ou quelques autres groupes rebelles qui arpentent notre continent !

Quand même, nous aurions surpassé tous ces problèmes, « Chez qui va-t-on déposer cette centrale ? » me demandait un ami de la Cote d’Ivoire il y a une dizaine d’année de cela lorsque nous discutions du même sujet ! Certain pays enclavés sont exclus d’avance parce que n’ayant pas les capacités en eau qui sont requises pour le refroidissement. Reste donc les pays côtiers. Mais nous avons vu les émeutes qui sont nées de la création de simple centre de traitement d’Ebola à proximité des habitations dans certains pays. Quand on sait les dégâts que peut occasionner une centrale nucléaire, allez convaincre les populations d’accepter l’implantation d’une, à proximité de leur village !

Les seuls vrais options donc pour un pays en Afrique sont l‘hydroélectrique et le solaire ! Depuis au moins un demi-siècle, c’est bien connu qu’Inga I, II et III à eux seuls éclaireront toute l’Afrique avec même un supplément de production exportable vers l’Europe ou le Moyen-Orient !

L’autre ressource dont regorge l’Afrique, c’est le soleil ! J’ai abordé le problème plus d’une fois dans mes blogs. Inga, c’est du long terme.  Dans le cours terme, il faut de l’originalité dans la pensée pour résoudre les problèmes de déficit énergétique. On peut essayer comme l’UPC de construire des centrales thermiques, photovoltaïques et hydroélectriques. Mais lorsque cela dépend de la capacité de l’Etat à mobiliser les fonds nécessaires, le court terme devient très vite un moyen sinon long terme ! Au problème d’argent viendront se greffer les autres considérations comme écologiques par exemple. Les riverains du barrage de Samandéni en savent quelques choses. Les projets solaires, comme ceux éoliens en Europe rencontreront très rapidement l’opposition des populations quand de vastes ères du pays seront dépaysées pour installer des plaques photovoltaïques.  Autant de terres rendues inutilisables pour l’agriculture et l’élevage.

Pourquoi ne pas permettre que chaque centimètre carré de toit devienne donc une centrale photovoltaïque ? Pourquoi ne pas inverser les rôles et permettre aux ménages de devenir des producteurs d’énergie ? Le ménage produit d’abord pour sa propre consommation et revend son surplus dans un réseau national. J’ai abordé le problème mainte fois sur mon blog. Ce n’est rien de nouveau, cela se fait déjà dans les pays développés avec les propriétaires d’éoliennes. Pour un pays comme le Faso, non seulement cela contribuera à renforcer le revenu des ménages, mais aussi réduira les coûts de production des biens et services par une baisse du prix de KW industriel ! Le pouvoir d’achat augmente doublement donc, une très bonne chose pour la consommation et l’épargne avec des répercutions sur les investissements qui eux a leurs tours génèrerons des emplois.

C’est dire donc qu’avec un peu de pragmatisme et d’originalité, l’économie de notre pays peut être relancée sans forcément avoir besoin d’emprunter des sommes colossales.

 « L’accélération de la mécanisation de notre agriculture pour accroître notre production nationale sera entreprise par la vulgarisation et la diffusion des moyens modernes de production qui seront fabriqués sur place. Ainsi, deux unités de montage de tracteurs et de motoculteurs seront réalisées, grâce au partenariat public-privé ; de même, le taux d’utilisation des semences et des engrais sera porté à plus de 50%, grâce à une bonne sensibilisation des producteurs et à un système d’approvisionnement rendant plus accessibles les coûts des semences et des engrais. Il sera créé, à cet effet, une centrale d’approvisionnement des intrants (engrais, semences) en partenariat avec le privé » Ensemble le progrès est possible – MPP.

Rappelons-nous les ORD (Organisation Rurale de Développement)/CRPA (Centre Régionale de Promotion Agro-pastoral) et les AVV (Aménagement des Vallées des Volta. C’est exactement la mission qui leur avait été confiée dès les premières heures de l’Independence du pays !

Les burkinabé ont donc déjà payé pour ce programme ! Comment peut-on donc oser nous demander une deuxième fois de payer encore pour la même chose ? Les ORD/CRPA et les AVV ont-ils donc échoué ? Pourquoi ? Sans comprendre pourquoi, le risque de refaire les mêmes erreurs est simplement trop élevé ! Or, la solution qu’on nous propose ici semble être exactement la même que celle sur laquelle CRPA et AVV ont travaillé dans le passé. Quelles raisons avons-nous d’attendre des résultats différents ?

L’agriculture pratiquée au Burkina, est une agriculture de subsistance ! Par définition, cela veut dire que celui qui la pratique, cherche d’abord à en vivre ! Ni plus, ni moins. A-t-on besoin de mécaniser un champ de 5 hectares ?  Le fait de construire des unités de montage de de tracteurs ne facilite en rien la mécanisation. Par exemple, il y eu des unités de montage de charrues dans le passé. Quel bilan font-ils au Sénégal de leur unité de montage de bus ?

L’agriculture vivrière ne nous portera jamais à l’autosuffisance alimentaire ! Ce n’est ni la faute des agriculteurs, ni celle des moyens de production. C’est simplement que la méthode (vivrière) n’est pas adéquate pour un tel objectif ! Il faut donc une agriculture moderne, l’agro-business ! Original ? Pas encore ! C’est une simple lapalissade !

Ce qui serait original et pragmatique, c’est de reconnaitre que notre cher Burkina Faso est un pays sahélien. Un pays très peu arrosé, et aux précipitations mal réparties dans le temps et dans l’espace (leçon de géo. , classe de 3 ème.) . Quand j’étais en 3 ème justement, nous étions 6 à 8 millions et un « expert » à l’époque disait que ce pays pouvait encore supporter une population 3 fois plus grande, soit 18 à 24 millions selon mes calculs. Son calcul se basait sur l’état d’appauvrissement de nos sols. A 17 millions aujourd’hui, peut être que nous ne sommes pas si loin de cette limite ?

Dans le court terme, le Burkina est un pays qui aura de la peine à produire suffisamment pour se nourrir : les sols sont trop pauvres, l’eau est rare et les semences sont de moins en moins adaptées à nos conditions climatiques.  Cela ne veut pas dire que nous mourrons de faim ! En tous cas pas si nous développons nos atouts. En effet, pays d’élevage par excellence, et situé au cœur de la CEDEAO, le Burkina Faso a la capacité d’être le pourvoyeur en viande de la région. Le marché est énorme ! Notre potentiel aussi ! Il s’agit là d’un objectif à court que nous pouvons atteindre sans beaucoup d’efforts. À la viande s’ajoutera naturellement les cuirs et peaux.

Un pays comme l’Uruguay tire bien son épingle du jeu par ses exportations en viande. Un pays comme l’Irlande exporte le bœuf jusqu’en Libye, et d’autre pays du moyen orient.

Dans le long terme, on peut envisager la production de lait et d’aliments à partir d’espèce génétiquement modifié pour les adapter à nos conditions climatiques. Le Brésil, un pays tropical comme nous, est passé quatrième producteur mondiale de lait en 2013, loin devant la France, l’Allemagne, la Russie ! Aujourd’hui, leur recherche se concentre sur la production du blé en région tropicale.

Conclusion

Sans rompre avec la répétition, nous n’avancerons pas ! Pour emprunter à l’autre, « Le changement, ce n’est pas le remplacement ! ». Le changement, c’est la rupture ! La rupture avec le passé et les hommes du passé !

Quel changement aurons-nous effectué si nous retournons les mêmes qui étaient là depuis 30 ans ? Les mêmes qui nous proposent de rouvrir les CRPA et les AVV ? Les mêmes qui veulent dépenser notre argent comme si cela ne se remboursait pas ?

Au commencement de cette révolution, certains de nos camarades sont tombés. Ils sont tombés pour déboulonner un système qui asphyxiait notre pays.

Pour honorer nos martyrs, chacun d’entre nous, avant de déposer le vote dans l’urne, se doit de se poser la question « mon vote fait-il honneur à ceux qui ont donné leur vie pour que ce vote ait lieu ? »

Et, mes chers compatriotes, il faut aller voter ! Je ne suis pas emballé moi non plus par la campagne, mais le vote est un DEVOIR citoyen ! Il n’y a pas de quorum à l’élection présidentielle ! Si même une seule personne dans tout le Burkina votait, cette personne alors déciderait pour nous les 16 999 999 de burkinabè qui serait le Président du Faso ! Alors si quelqu’un vous parle de boycott, répondez-lui que « les peuples méritent leur dirigeants ». Si vous ne savez pas pour qui voter, faite un vote de protestation, c’est-à-dire donner votre voix aux candidats pour qui vous n’auriez pas voté en circonstances normales ! Le bulletin nul, est une perte de temps ! C’est comme si vous n’étiez pas allé voter !

Le vote est secret ! Ce que vous ferez dans l’isoloir restera entre vous et votre dieu ! Personne ne saura JAMAIS pour qui vous avez voté !

Pour ma part, je reste sur ma faim quant aux questions de développement, alors la justice sera le maitre mot pour moi.

Erratum

Dans la deuxième partie de ce blog « Un Faso du savoir oser », j’ai écrit :

« Le président du Faso n’est pas là pour « gérer » le pays ! Un seul homme ne peut pas gérer un pays. C’est pourquoi il existe une administration publique ! Le rôle du président, est de gouverner ! »

Il a été porté à mon attention que le premier ministre est celui qui gouverne. Il est d’ailleurs le chef du gouvernement.

Il est tout à fait vrai que le premier ministre gouverne. Cependant, notre constitution en son article 36 dit ceci « Le Président du Faso est le Chef de l’Etat. Il veille au respect de la Constitution. Il fixe les grandes orientations de la politique de l’Etat. .. »

Même en cas de cohabitation, le PF est celui qui définit les orientations du gouvernement. C’est cela le message que j’essayais de passer. Le premier ministre n’est pas élu ! Il serait dangereux alors de lui permettre de mettre en œuvre un quelconque programme de gouvernement ! C’est du reste, à cause d’antagonismes du genre que je suis un fervent militant du système parlementaire. Sur quoi par exemple les candidats aux législatives battent campagne ? Que peuvent-ils honnêtement promettre à leur circonscription électorale ? Le programme qui sera mis en œuvre après l’élection est celui du Président du Faso. Dans de telles conditions, on est en droit de se demander à quoi nous servent les 111 députés que nous élirons ? Si c’est juste pour faire les lois, alors on gagnerait à les tirer au sort (comme à Athènes) et à réduire considérablement leur nombre d’autant que le député n’a pas vraiment les moyens pour défendre sa circonscription. C’est un autre débat.

Koudraogo Ouedraogo

Email: koudraogo.ouedraogo@gmail.com

Blog: https://burkinafache2015.wordpress.com

Un Faso du  « Savoir oser »

Dans la première partie de mon propos, « Un Faso de la Rupture », j’ai énumérer les maux que je pense, nous avons voulu rompre avec par la révolution des 30 et 31 octobre 2014. Nous avons cité la médiocrité, l’arrivisme, la France-Afrique. Nous essayer de montrer comment certains hommes politiques proéminents de notre pays incarnait cette médiocrité, cet arrivisme, ces réseau occultes qui n’ont que fait trop de mal à nos pays.

Nous avons cite 3 conditions sine qua non à la continuation de notre belle révolution :

  • La Rupture
  • Le savoir oser
  • Le pragmatisme et l’originalité

Nous nous proposons de traiter cette fois du « savoir oser » !

Savoir oser

Un casse-tête que j’aime bien :

« De l’œuf et du poussin, lequel des deux fut le premier ? », dans un contexte créationniste, la question ne se pose sans doute pas, ou importe peu ! Dieu aurait pu créer l’œuf d’abord, qui donna ensuite naissance au poussin ! Il aurait aussi pu créer d’abord le poussin, qui pondra l’œuf ensuite ! Bref, pas de casse-tête !

Dans le contexte évolutionniste, darwinien, c’est un peu plus compliqué ! L’œuf a-t-il évolué avant le poussin ? – de quoi ? – ou le poussin a-t-il évolué avant l’œuf – de quoi ? – ?

La question de l’expérience est très souvent soulevée à propos de l’élection du 29 Novembre ! Pour certains, il faut absolument des hommes d’expérience à la tête de l’Etat ! Dans notre contexte, après 27 ans de dictatures, les seuls qui peuvent se vanter d’une expérience quelconque ne peuvent que être ceux qui ont composé d’une façon ou d’une autre avec la dictature ! D’où mon problème de l’œuf et du poussin ! Il faut avoir gouverné pour en avoir l’expérience ! Hors, si on a gouverné au Faso ces 30 dernières années, l’ont fait sans aucun doute parti de cette classe que la révolution des 30 et 31 Octobre 2014 a balayé ! Révolution ou pas, le pays n’en veut plus ! Puisque vous insistez, les urnes vous le prouveront !

Mais l’expérience est-elle nécessaire pour gouverner le pays ?

En 2008 aux USA, un jeune sénateur qui n’en était qu’à son premier mandat de sénateur décida de s’attaquer à l’ « establishment » démocrate et de conquérir le pouvoir d’Etat ! Sa vision ? Un pays plus juste ! Un pays plus juste sur le plan interne par l’accès à une assurance médicale pour de millions de familles qui subissaient de pleins fouets les effets néfastes des pratiques des sociétés d’assurance ! Un pays plus juste sur le plan externe, en se mêlant moins des affaires des autres et en préférant la diplomatie à la guerre ! Avançons 7 années plus tard et c’est 16.4 millions supplémentaires d’américains qui bénéficient de l’assurance médicale ! Deux guerres américaines arrêtées en Irak et en Afghanistan. De nombreux dictateurs jadis soutenu par l’oncle Sam qui ont été virés sans ménagement : Tunisie, Egypte, Yémen, Burkina-Faso, etc. Des percées diplomatiques sur le nucléaire iranien, un réchauffement des relations avec Cuba. La crise économique la plus grave du pays depuis 1929 jugulée en moins de 6 mois après son investiture !

Le même exemple fut répéter avec succès dans beaucoup d’autre pays : Royaumes Unis, Grèce, etc ..

Comparaison n’est pas raison, mais en mathématique, il suffit de démontrer qu’il existe au moins un cas qui ne satisfait pas la règle pour conclure qu’elle est fausse !

On n’a donc pas besoin d’expérience pour gouverner un pays ! On a besoin d’idées, de projets, des objectifs !

Supposons que moi Koudraogo, ingénieure du génie logiciel par formation, architecte technique de logiciel par métier me retrouve à la tête du ministère de la culture ! Supposons que j’y arrive avec une seule idée dans la caboche : « l’acculturation du burkinabè commence à sa naissance, par le nom qu’il reçoit de ses parents. Il faut combattre cette pratique, pour que le senoufo ne se nomme plus ‘Abdul’ comme un arabe, et que le moaga ne prétende pas être français en s’appelant ‘Pierre’ ». (A propos de ‘Pierre’, je dois du reste protester avec véhémence que, du nom original en hébreux, il fut traduit en ‘Cephas’, ‘Peter’, ‘Poitr’, etc.. et quand ce fut le tout de dire ‘Kougri’, on lui a préféré ‘Per’ ! Quand même !)

Bon sujet de dissertation pour mes directeurs généraux, qui eux sont des ‘experts’ de la culture ! Un mois après, j’ai leurs conclusions sur mon bureau. En résume, il y a plusieurs possibilités me disent-ils, mais les 2 principales sont légiférer ou sensibiliser. Au Zaire, une loi interdisait les noms non-autochtones, et l’effet escompté fut produit. Au Sénégal, il n’y a pas de loi, mais on note quand même que beaucoup de musulmans ne portent pas forcement des noms arabes : Maky, Pap, etc. Ni l’Islam, ni le Christianisme ne requièrent des gens qu’ils abandonnent leurs noms traditionnels ! En tant que Ministre, j’écoute les avis de mes experts et ensuite je prends ma décision !

Il est temps pour une autre petite parabole :

Un jeune étudiant en première année de MBA dans une université prestigieuse arrive pour son stage dans une grande institution mondiale. Son tuteur lui confie un essai : « un pays membre de l’institution connait de grosses difficultés financière. Si rien n’est fait, le pays sera en rupture de paiement dans les mois qui suivent. Nous avons l’argent pour venir en aide au pays, mais pour l’instant, nous ne faisons que jeter notre argent dans un gouffre sans fin, et cela doit changer ». L’étudiant tout perspicace qu’il est, répond : « il faut restructurer les finances du pays, monsieur !».  Le tuteur : « Mais à quoi penses-tu ? » L’étudiant : « Réduire les charges sociales, euuuh , -50% sur les allocations au chômage ? » Le tuteur : « Hmm, tu es sur la bonne, mais c’est un pays peu avancé, il n’y a pas d’allocation au chômage ! Mais tu comprends bien ce qu’il faut faire. Tiens, voici un résumé du portefeuille du pays. N’hésite pas à te débarrasser de tout ce qui engloutit de l’argent sans jamais le retourner.. ».

Quelques jours plus tard, notre jeune à élaborer un programme entier de coupes sombres afin d’assainir les finances du pays. Le tuteur est content ! Il reprend le texte dans un langage plus officiel. Il rencontre le ministre des finances du pays en question, qui se trouve être un docteur es science de la gestion ! L’accord est très vite signé : cure d’amaigrissement contre financement.

Quelques années plus tard, notre jeune étudiant qui est maintenant spécialiste en restructuration publique, lit en ligne un commentaire « Quand le Dr. Xxx était ministre, ce pays a été reconnu comme le meilleure élève dans l’application du plan ». Cela le fait sourire : « Pauvre con ! » pense-t-il. « Quel mérite y a-t-il à cela ? Nous aurions pu passer notre plan directement au technicien du ministère ! Lui, son rôle était de produire le plan, et il n’en avait aucune idée ! Docteur !!, Mes fesses oui ! J’étais en première année quand j’ai pondu ce plan, messieurs ! »

Un phénomène beaucoup plus répandu en Afrique qu’ailleurs ! Certains politiciens cherchent à nous impressionner avec leur CV : Dr es bla bla, directeur de ci,  directeur adjoint de ça ! Ca fait beau ! Mais sont-ils bon à rien ? Trois questions pour vous situer :

  • Comment sont-ils arrivés à ces ‘gros’ postes ? Parachutage ou longue marche à travers les échelons ?
  • Ou sont-ils allés à partir de ses ‘gros’ postes ? Plus haut par mérite ou ont-ils quitté comme ils sont arrivés ?
  • Qu’ont-ils entrepris par eux-mêmes ? Avec quel succès ? Si c’est des bureaux de consultation, nous en avons tous. Les prestations de services à l’Etat, on a tous fait ! Celui qui ne peut que gérer les entreprises des autres ne sera qu’un administrateur à la tête de l’Etat ! Ce n’est pas ce que nous recherchons !

L’intelligence et le succès académique sont deux choses très différentes ! Je connais moi des analphabètes qui sont milles fois plus intelligents que des PhD ! Vous n’êtes certainement sans savoir qu’Albert Einstein par exemple n’a jamais été un élève brillant ! Pourtant, il était doué d’une intelligence sans pareille ! Par contraste, vous connaissez tous le Dr. Watson, James Watson, prix Nobel, père de la génétique moderne ! Figurez-vous que cet érudit respecté et respectable dans le domaine scientifique, ait tenu les propos suivants en 2007 : « ceux qui ont à traiter avec des employés noirs savent que ce n’est pas vrai ». « Nos politiques sociales se fondent sur le fait que leur intelligence est la même que la nôtre (Occidentaux blancs), alors (…) que toutes les recherches concluent que ce n’est pas vraiment le cas », a-t-il affirmé au journal britannique.
Mais bien sûr qu’il raisonne comme un pied en dehors de la génétique !

Il n’y a pas d’école préparatoire au poste de Président de la République ou de Ministre ! Il y a cependant des écoles pour être administrateur ! Mais, il ne s’agit pas d’élire un administrateur ! Le président du Faso n’est pas là pour « gérer » le pays ! Un seul homme ne peut pas gérer un pays. C’est pourquoi il existe une administration publique !

Le rôle du président, est de gouverner ! Il y a une nuance ! Il est vrai que ceux-là qui ont beaucoup d’expérience, n’auront aucune peine à gérer le pays, « bien gérer » le pays pour emprunter le terme a certains mange mil ! Une fois encore, il ne s’agit pas de voter un gestionnaire, mais plutôt un gouverneur, un président !

Quand nous avons eu besoin de « gérer » le pays, le temps de la transition, nous avons fait une offre d’emploi. Un profil a été publié, et le recrutement s’est fait sur la base du CV, pas au suffrage universelle ! Le profil, effectivement demandait de l’expérience dans le protocole et le fonctionnement de l’Etat. On n’a pas demandé quelqu’un avec des projets, avec une vision ou quoi que ce soit ! Les anglais parlent de « care taker », celui qui prend soin de, en attendant.

Quand on y pense, l’expérience en politique n’est pas forcément une bonne chose. En Europe, ils appellent ceux-là les « politiciens de carrière ». C’est-à-dire des gens qui vivent grassement sur le dos du peuple, sans jamais avoir connu ce que cela faisait d’aller faire un travail ordinaire tous les matins et de payer ses taxes pour entretenir ces politiciens qui n’ont aucune idée de la galère du citoyen lambda. Croyez-moi, ils n’ont pas du tout le vent en poupe de nos jours ! On considère que l’on rentre en politique pour conquérir le pouvoir, parce que l’on a des idées que l’on veut faire valoir ! Quand ensuite on y passe le temps d’une carrière entière, c’est qu’en vérité on est incompétent ! Cela parce que l’objectif qu’on s’est fixé en entrant en politique n’a pas été atteint ! L’objectif n’a pas été atteint, parce que les électeurs n’en ont pas voulu ! Un honnête homme se retire alors et vaque à ses propres occupations.

Ceux qui passent leur vie à chercher le pouvoir ont rarement fait le bonheur de leur peuple. Les exemples sont légions : Joseph Kabila, Laurent Gbagbo, Abdoulaye Wade, Alpha Condé, etc. Qui aurait pensé qu’après les violences exercées sur lui par l’ancien pouvoir, Alpha Condé aurait lui-même violemment réprimé son opposition ? Le Congo se meurt toujours de la bêtise de Kabila, père et fils ! Le Pr. Gbagbo n’a pas trouvé mieux que les commandos de la mort pour remplacer les CRS. Wade lui, utilise l’argent du peuple pour construire des monuments dont il retient les droits d’auteur ! Je passe sous silence le ministère du ciel et de la terre, dont le ministre n’était nul autre que son fils !

Les sondages, surtout sous nos tropiques n’engagent que ceux-là qui les produisent ! Compaoré en Aout 2014 juste pendant le sommet USA-Afrique s’en sortait avec une cote de popularité de  70% suivant un sondage publié à l’époque  (http://www.gallup.com/poll/174287/african-leaders-scorecard-mixed-bag.aspx) – 81% lorsqu’on considère uniquement la population des 45 ans et plus . Quelques mois plus tard, on le mettait à la rue !

Conclusion :

Si nous avons osé faire la révolution, nous devons oser la poursuivre ! Nous devons oser mettre des gens avec des idées neuves à la tête de l’Etat ! Il y a aura des erreurs certes ! Mais au moins, ne feront pas que refaire la même chose et escompter des résultats différents. L’affaire du développement d’un pays est in tâtonnement ! Un tâtonnement pour trouver ce qui marche ! Lorsqu’on a trouvé le bon bouton, la machine démarre en trombe ! Voila ! C’est un peu comme un tour chez le mécano : Il commence par la bougie, il la nettoie .. rien, le gicleur .. , le carburateur .. et Vroomm !

Le développement, c’est la même chose ! Ce n’est certainement pas le nombre d’écoles construites en « dur » comme on dit chez nous ! Même sous les manguiers, on apprend ! Ban Ki Moon, vous a d’ailleurs dit que lui il a fait les classes sous les arbres ! Endetter un pauvre pays lourdement endetté pour construire des écoles en dur, c’est de la bêtise, surtout dans un pays à forte croissance démographique ! A un coup d’au moins 25 millions l’école, avec une population a plus de 60% en âge de scolarité ! Nous n’en finiront jamais ! C’est pour nous dire dans 5 ans, « Aaah ! J’avais oublié que les burkinabè ‘bossent’ beaucoup la nuit dé ! ». Moi je connais des pays « hyper-développés » – si je puis ainsi dire – ou les enfants vont en classe dans les « préfabriqués » (sorte de maison-conteneur préfabriqués, prête à être utilisé !).

Le développement, ce n’est certainement le nombre de kilomètre à parcourir pour arriver à un centre de santé ! Blaise est allé se faire opérer de la cataracte a presque de 6000 km de Ouaga ! Pourtant il avait bien un médecin particulier !

Koudraogo Ouedraogo

Email: Koudraogo.Ouedraogo@gmail.com

Blog: https://burkinafache2015.wordpress.com

Un Faso de la Rupture !

Ayez le malheur d’apporter votre contribution sur les sujets vifs du moment au Faso, et très rapidement on vous taxera ou d’être du MPP ou de l’UPC. Paresse intellectuelle ou activisme mal intentionné ? On a comme l’impression que nous sommes de retour pleinement, à cette époque des Valère Somé et des Etienne Traoré, avec des tracts nuitamment publiés, des dogmes politiques, économiques et sociologiques récités comme des perroquets, des démonstrations mathématiques qui ne repose sur rien d’autre que la conviction de l’individu qui énonce le théorème. Deux exemples que j’ai lu récemment :

  1. CDP = Faso Autrement = UPC è Voter MPP pour sauver la révolution du 30 Octobre 2014 !
  2. Sous l’égide de Z. Diabré en tant Ministre de l’économie, le Faso est passé meilleur élève (de la banque mondiale) sous régionale, voire africain ou mondiale è Voter UPC ils sont compétents !

Dépassons un moment les personnes, les clans, et parlons de la substance.  La substance dont je veux parler, c’est l’enjeu des élections du 29 novembre. Mon avis personnel, et cela n’engage que moi, est celui-ci :

La révolution d’Octobre 2014 prendra fin à l’élection, ou alors elle ne fera que commencer !

Moi, je suis révolutionnaire ! Je veux continuer la révolution après le 29 novembre. Pourtant, la révolution ne sera poursuivi que si le 29 Novembre il y a :

  • De la Rupture
  • Du savoir oser
  • Du pragmatisme et l’originalité

Rompre avec quoi ?

Avec quoi voudrais-je rompre ? Je ne peux pas vous donner une réponse succincte à cette question ! Entaillons donc ensemble mon propos. Mais avant, posons-nous la question suivante :

Qu’est-ce que la politique ? Est-ce l’art de tromper ? De la duplicité ? Est-ce la franchise ?  La probité ? Est-ce l’art de gouverner ? De gérer ? Autant de questions auxquelles j’essaierai de répondre tout au fil de mon propos.

Rompre avec l’échec

Ce qui rend les élections différentes en Afrique, c’est leur enjeu ! Dans les pays développés, on va élire un président/premier ministre d’abord pour maintenir le statu quo, c’est-à-dire, la richesse, le développement ! De temps en temps, on procède à une légère redistribution pour réduire la fracture sociale, mais on n’ira jamais aussi loin au point de voter l’extrême gauche au pouvoir – en Grèce quand-même, plus par protestation que par conviction, mais de toute façon la richesse était perdue déjà –  !

En Afrique, chaque élection est l’opportunité de nous poser la question : Avons-nous avancé depuis la dernière élection ? Plus concrètement, notre classement dans l’indice du développement du PNUD a-t-il changé ? De combien ? Pourquoi ? Au Faso, on est obligé, à ces questions de répondre, qu’après 27 ans passés à développer la paix et la cohésion sociale, nous n’avons pas la paix dans l’estomac, encore moins la cohésion physique de nos corps, tant il est vrai que les palus et les diarrhées mous malmènent !

Il n’est donc pas question de voter pour maintenir le statu quo ! Pour refaire les mêmes choses qui depuis 50 ans n’ont pas marché ! Pour continuer les mêmes choses qui ne marchent pas même quand elles sont bien faites ! Il faut un changement, une rupture ! La révolution doit se poursuivre !

Une petite parabole :

Un homme, une fois rêvait de grandes choses pour son peuple. Il était promis à un grand destin. Le sort avait jeté son dévolu sur lui, et au jeune âge de 27 ans, il dirigeait déjà la plus grande banque de son pays. Depuis, il n’avait jamais été loin du sommet. La nature lui a donné 30 longues années dans les couloirs du pouvoir. Aujourd’hui, dans son pays, à 27 ans, les enfants n’ont pas encore totalement fini l’université, du fait des longues semaines de grèves pendant les années académique. A 27 ans, peu de jeune gens de son pays ont déjà gagné 1 F de leur propre chef ! Ce n’est pas qu’ils sont paresseux !  Du tout ! C’est tout simplement que, après 30 ans d’application et d’expérimentation des idées de cet homme, il faut, même pour être balayeur des rues, connaitre ou son ami le bourgmestre ou connaitre quelqu’un qui le connait !

Le pays de cet homme en a finalement eu marre ! Les gens sont sortis, ils ont tout cassé et ont décidé de tout reconstruire. Cet homme aujourd’hui se pose comme l’homme de la reconstruction, celui qui peut faire renaitre le pays !

Simon se leva, déchira la poche de sa tunique et s’indigna en ces termes : « Comment cet homme peut-il ainsi insulter l’intelligence de son peuple ? N’a-t-il pas honte ? Si pendant 30 ans déjà, il n’a pas pu faire le bonheur de son peuple, que pourrait-il faire en 10 ans ? Cet homme-là ne mérite pas la confiance de son peuple !»

On lui répondit, « Simon, cet homme, c’est ton candidat Rock! Depuis le CNR, l’ODP/MT, le CDP, le MPP et bien d’autre partis et mouvement sociaux, il nous emmerde avec ses doctrines mal apprises ! Nos problèmes sont demeurés les mêmes, Simon !

S’il y a une forte pluie cette nuit, demain matin nous en en appellerons à la solidarité internationale !

Si les pluies de l’hivernage accusent un retard, les américains devront venir nous distribuer du « cathwel » ! Le nombre d’échangeurs à Ouaga n’y pourra rien ! ».

Je veux rompre avec l’échec ! Je veux rompre avec la médiocrité ! L’échec et la médiocrité c’est ce que nous avons fait ces 50 dernières années – moins 4 ans de 83 à 87 – que nous sommes indépendants : nous sommes toujours pauvres, mal éduqués, mal soignés et au chômage !

Rompre avec la complaisance

« L’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort » ! Si on vient nous dire dans notre sous-développement, que des choses ont été bien faites et qu’il faille les continuer, ne serait-il pas alors clair que certains ne sont pas prêts à assumer leur révolte ?

Il faut rompre avec la complaisance ! S’il faut sortir un contre-rapport du PNUD pour nous convaincre nous même que nous ‘avançons’, c’est tant pis pour nous même ! Le reste du monde est jugé sur des critères différents, qui ne sont pas les nôtres !

Si on nous chante à coup d’article chèrement payés dans la presse internationale que l’on dispose de réseaux internationaux solides à même de développer notre cher Faso, ne sommes-nous pas en droit de terminer note citation ci haut. ? En effet, elle dit dans la suite : « Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. » Quel réseau a jamais ‘développer’ quel pays ? Dans quel intérêt ?

 http://www.legrigriinternational.com/article-blaise-compaore-descendra-t-il-plus-bas-avec-sarkozy-qu-avec-chirac-67156701.html

Oui la photo !

On pourrait écrire une thèse entière de sciences politiques à partir de cette photo : « Comment dompter un homme fort en 48 heures pour les Nuls ! » En l’espace de quelques heures de visite à Paris, « l’homme fort » de Ouaga, s’est métamorphosé en un enfants docile, servile même !

En culture ‘européenne’, deux hommes adultes ne se montrent pas en publique, les mains dessus-dessous ! Sauf si ils sont gays ! C’est du machisme certes, mais ainsi va la société ! Voici donc notre homme africain, communément vu par nos cousins européen comme le prototype du machisme par excellence, qui s’affiche devant la presse internationale, main dans la main avec un autre homme ! Il a la main dessous ! Il est soumis ! Il s’écarte (ou s’écartèle) – voyez l’autre main -, prêt à recevoir son maitre : La FrancAfrique !

« Si l’on traite ainsi le bois vert, qu’en est-il du bois mort ? » Voici Compaoré ! Regardez bien ! Comment peut-il se rattraper ensuite dans l’estime de ses ‘amis’ et de son entourage ? Comment peut-il leur montrer que c’est lui Blaise leur maitre à eux ? Il doit faire pire que son maitre ! Il doit les traiter d’une façon qui leur fera voir son propre traitement à lui comme préférable, acceptable, digne !

Combien arriviste aurait-il fallu être pour collaborer avec Blaise donc ? Rock, Simon, Salif, Ablassé, Zéphirin …  Combien peu intègre ? Combien veule ?

N’est-ce d’ailleurs pas cela même, le problème – sinon la malédiction – de l’intelligentsia – par abus –  africaine ? Les ambitions des uns et des autres ne se limitent qu’à leur ventre, leur bas-ventre, leurs vicaires ! En Octobre 1959, à 10 mois de l’indépendance de la Haute-Volta, un homme politique voltaïque faisait cette déclaration à Ouahigouya : « Seuls les fous et les démagogues peuvent revendiquer l’indépendance ! Comment peut-on dans un pays qui ne peut même pas fabriquer une boite d’allumette, oser parler d’indépendance ? » Cet homme, n’est nul autre que le PERE DE L’INDEPENDANCE de la Haute-Volta ! Maurice Yaméogo ! Choquant n’est-ce pas ! Plus choquant encore, ce sont ceux-là qui ont entendu ce discours, mais l’ont tout de même soutenu et supporté jusqu’à en faire le premier président de son pays !

Ils sont toujours là ces lettrés, ces intellectuelles malhonnêtes, malveillants qui crient « PEUPLE » et ne voient que leur ventre, crient « POPULAIRE » et n’entendent que leurs boyaux ! Comment autrement peut-on oser, alors même que le sang des martyrs de la révolution est encore chaud, nous appeler à remettre en selle ceux par qui ils ont été martyrisés ? Ceux-là qui, les trente dernières années nous ont montré leur incompétence, leur mépris, leur mensonges ?

Le peuple n’a-t-il pas bon dos !? On le met en mouvement depuis l’arrière chambre des salons feutrés ou il n’a jamais été ! On construit des hôpitaux pour le peuple, et on affrète, au frais du peuple, des Boeing entiers pour aller ailleurs se faire opérer d’une cataracte ! L’enseignement publique émerge pour peuple, pendant que leurs enfants vont étudier dans le privée ou à l’étranger !

Pourquoi nous le peuple, devront accepter ce Burkina qu’eux construisent mais dont ils n’en veulent pas ?

A la faveur de la révolution, certain pensent que l’heure a enfin sonné pour eux ! Eux qui d’ailleurs n’étaient que des « second couteaux » pour emprunter le terme a Blaise Compaoré ! Oui, toute ces personnes à qui d’autres faisaient de l’ombre au CDP sont enfin aux premières lignes ! Ils sont devant, ils salivent, ils bavent même, ils ne peuvent plus se retenir ! La cloche a sonné le repas de midi ! Ils sont surs d’eux même qu’ils nous clament, avant même d’avoir pris part, qu’ils ont leur assises dans le milieu rural ! Ces villages qui depuis 30 ans sont restes des villages mais qui tout de même continuent de suivre ses gens qui ne leur apportent rien ! Ruse pour préparer les esprits ? On sait qu’ils ont la recette ! Le « touk guili » ! N’est-il pas vrai que nous avons attendu en vain qu’ils nous disent les secrets du « touk guili » ! Pour encore emprunter à l’autre, « Si JAMAIS ! Si JAMAIS ! Ah ! »

Certains osent même parler de « vrai révolution » ! De quelle révolution s’agit-il donc vraiment ? Politique ? Idéologique ? Personnel ? Certainement personnel ! On vire les premiers du CDP et ont prend les seconds pour en faire des premiers tout en les dispersant dans divers partis !

Conclusion :

BURKINA – FASO ! Pays des hommes et des femmes INTEGRES ! INTEGRES ! INTEGRES !

Le premier des Burkinabé doit incarner l’intégrité de notre pays ! Des burkinabè intègres sont tombés pendant la révolution. Des burkinabés intègres sont tombés avant la révolution, pendant que certains étaient aux affaires !

Le sens des responsabilités aurait voulu que des personnes se mettent à la disposition de notre justice pour lui dire ce qu’elles savent des crimes des 30 dernières années ! Ayant fui toute responsabilité, ces mêmes personnes aujourd’hui sont entre le marteau et l’enclume : Si elles nous disent qu’elles ne savent rien de ce qui se passait quand elles étaient aux affaires, nous aurons la preuve de leur incompétence ! Si par contre elles en savent quelque chose, le juge devra prononcer leur inéligibilité, le gel de leurs avoirs et leur mise à la disposition de la justice !

Mes chers concitoyens, nous devons rompre avec les « crocodiles au yeux gluants » qui n’ont que trop duré dans la mare !

N’insultons pas le mémoire de nos martyrs en votant une quelconque immunité pour des gens qui au peuple doivent d’abord la vérité !

Il faut rompre avec l’impunité ! Aucun faire valoir, pas même d’avoir soutenu or organiser la révolution !

Koudraogo Ouedraogo

Lorsque  l’impunité entrave la liberté d’expression et d’opinion !

La transition burkinabè est presque à son terme. Bientôt, nous en dresserons le bilan. Mais avant, les récents événements dans notre cher Faso, nous invitent à la réflexion. Je reviens encore à la charge sur un sujet que j’ai déjà moult fois traité : l’impunité !

Selon le Larousse en ligne, le mot est défini comme «le fait pour quelqu’un de ne pas risquer d’être puni pour ses fautes ».

Qui a été puni pour les événements ayant conduit à la révolution du 31 Octobre 2014 ?

Le fretin ! Le menu fretin par insistance et tautologie ! On se rappelle l’initiative louable du ministre A.D. Barry. Une initiative qui avait permis l’arrestation de plus d’un pour des malversations diverses.

On se rappelle aussi les pressions qui ont été exercées jusqu’à son débarquement du gouvernement. Manifestement, il en gênait plus d’un !

Lorsqu’on se pose des questions sur la révolution d’octobre dernier, on se demande pourquoi après 11 mois de transition, les questions restent encore entières autour de la question ?

  • Les députes de l’ex-majorité ne pouvaient certainement pas tous supporter cette modification. Y a t’il eut coercition ? Y a t’il eut corruption ?
  • Il y a tout de même eu des morts, des exfiltrations! Qui en sont les coupables ?

Le 31 Octobre, c’est à tout un système que le vaillant peuple du Burkina a dit NON ! Un système fait d’affairisme, de corruption, d’assassinats, de fraudes électorales, etc ..

Les maux sont donc connus de tous, et je refuse de croire que le gouvernement de la transition ait cherché sans trouver, les chefs d’accusation qui étaient nécessaires pour sanctionner ceux qui ont voulu bafouer notre peuple !

Qui a été jugé, condamné et pénalisé pour ces maux que nous avons décriés le 31 octobre ?

La cours constitutionnelle entre le marteau et l’enclume

Ce que la transition a failli de faire par la loi, elle a voulu rattraper par le code électoral ! D’où cette disposition du code qui fait aujourd’hui l’objet de toutes sortes d’interprétations, de contestations et nous a même valu un coup d’Etat !

Pour mieux comprendre l’argument de ceux qui demande le rejet de la candidature de Rock M.C. Kaboré, il convient de nous rappeler l’histoire mouvementée de notre article 37 :

Rappelons-nous qui étaient aux commandes, en Janvier 1997 lorsque l’article 37 était tripatouillé pour la première fois pour faire disparaitre le terme « une fois » après le mot « rééligible ». M. Mélégué Traoré était président de l’A.N, Rock M.C Kaboré était conseiller spécial de Blaise Compaoré.

Rappelons-nous aussi certains propos tenus par ces mêmes personnes au commencement de cette deuxième tentative de modification de l’article 37 !

Si la cours considère tous les antécédents que je cite ci-haut, et se prononce en la faveur des plaignants, c’est tout l’appareil du MPP qui viendra nous crier exclusion !

Si par contre, elle considère que les accusés se sont ravisés à la dernière minute et que cela suffit, c’est bien le reste de la classe politique et bon nombre de citoyens qui en seront déçus !

En effet, qui sont les architectes du système que nous avons rejeté le 31 Octobre ?

Ont-ils jamais regretté ou même condamné les assassinats de Thomas Sankara ? Dabo Boukari ? David Ouedraogo ? Norbert Zongo ?, etc.. Se sont-ils jamais insurgés contre les crimes économiques perpétrer les 27 années ou eux avaient le pouvoir ? La révolution du 31 octobre est-elle vraiment pour eux, juste une histoire de conquête de Kossyam, comme leurs anciens amis aiment à le dire ? En fait, après avoir été dans le system 27 ans, qu’on-t-il de mal à en dire ? Qu’y changeront-ils à part Blaise Compaoré ?

Quel que soit le jugement rendu, les germes des troubles à venir seront semés !

La non-participation aux élections ne peut pas être une punition

Un code définit les règles d’un jeu. Le code électoral définit les règles de l’élection.

Les dispositions du code ne doivent pas rentrer en contradiction avec les autres droits et devoirs du citoyen. Au Burkina, comme dans toutes les autres démocraties, la liberté d’expression et d’opinion est un droit du citoyen. Il se trouve cependant que le code électoral actuel enfreint à cette liberté ! En effet, tous les burkinabés sont libres de grandir jusqu’ à l’âge de 35 ans ! Ils sont libres de réunir leur caution par quelques moyens que ce soit ! Par contre, le code nous dit qu’ils ne sont pas libres de penser qu’une non-limitation du mandat présidentiel pourrait être une bonne chose. En particulier, pas au jour du 31 Octobre 2014 !

Une disposition particulière me dit-on pour sanctionner ceux qui ont voulu tripatouiller la constitution le 31 Octobre. Comme si le 31 Octobre était advenu en un jour ! Comme si le 31 octobre était juste à propos de l’article 37. Comme si un code électoral était fait pour punir !

Qu’ont fait ceux qui ont moins de 35 ans pour mériter d’être punis ?

Et ceux qui ne peuvent pas rassembler la caution ?

Du coup, des opposants de longues date à la modification de l’article 37, comme Gilbert Ouédraogo sont recalés parce qu’a la dernière minute ils ont changé d’avis. Du même coup, des partisans de cette modification, semblent ne pas être recalés parce qu’ils ont changé d’avis à la dernière minute. Voyez-vous-même le paradoxe : on laisse les partisans de toujours et on ‘sanctionne’ les opposants de toujours !

Conclusion

On comprend mal comment la transition n’a pas été en mesure de nous apporter des charges accablantes contres l’ex-majorité afin d’obtenir de lourdes condamnations en justice contre ceux-là qui ont bâti et soutenu tout ce que le peuple à rejeter dans sa révolution du 31 Octobre 2014.

On comprend aussi pourquoi le raccourci de transformer un code, qui devrait juste règlementer, en une sorte de fourretout qui règlemente et sanctionne a été préféré : c’était plus facile.

Mais à force de vouloir simplifier, on semble avoir créé plus de problèmes qu’on en a résolus : Un code en contradiction avec nos libertés, un code contesté de certains, un code faillit même dans son but de sanctionner les responsables de la tentative de tripatouillage de la constitution. Le pire, c’est qu’à quelques semaines de l’élection, on s’aperçoit que la transition n’a inquiété que le menu fretin du régime pourri que nous avons rejeté le 31 octobre 2014, pendant que les gros poissons, les architectes du système, se sont métamorphosés le temps d’une transition.

On se demande d’ailleurs, comment dans une démocratie, une sanction peut être prononcée contre un citoyen, sans même qu’aucune culpabilité ne soit prouvée à l’avance ! N’est-ce pas là un précédent dangereux ?

Le bon sens, aurait voulu que ceux qui ont enfreint la loi, soient conduits devant le juge pour y être jugé, reconnu coupable, condamné et sanctionné à la hauteur de leur forfait ! Que ceux qui seront acquittés devant le juge ait la liberté de se porter candidat quel que soit leur opinion !

Rien de cela n’a été fait ! La bête, aujourd’hui est en passe de revenir après avoir poussé une autre tête !

Seul le peuple libre du Burkina-Faso, pourra lui-même faire barrage à la confiscation de sa révolution, à travers les urnes ! La souveraineté du peuple ! Fallait-il peut-être commencer là ? On aurait certainement évité certains coups auto-infligés !

Koudraogo Ouedraogo

Koudraogo.ouedrago@gmail.com

Blog : https://burkinafache2015.wordpress.com/

Facebook : https://www.facebook.com/fasoalternance2015

L’exclusion : Argument fallacieux ou préoccupation réelle ?

« Le plus grand tort a été d’avoir fait ce putsch » ! Parole courageuse, d’un général courageux qui reconnait son tort et en assumera conséquences : « Personnellement, je n’ai pas peur d’affronter la justice. Je prendrais toutes mes responsabilités ». Ce courage force notre admiration, étant donné que c’est justement l’appel que nous lui avions lancé la veille (https://www.facebook.com/fasoalternance2015/posts/910672135687598). Nous osons espérer que Blaise Compaoré lui aussi, fera montre de courage et décidera de rentrer au pays pour affronter la justice et prendre pleinement sa part de responsabilité dans les évènements qui ont marqués ses 27 années de pouvoir.  Pour lui qui est tant attaché à la paix, la paix au Burkina, passe par la ! Dans tous les cas, il ne sied pas qu’un fils de notre illustre pays devienne un sans domicile fixe international.

Un argument fallacieux

Dans les textes, aucun parti n’est exclu de participation aux élections. Les textes en vigueur certes frappent certains membres proéminents de ses partis, mais quoi de plus normale serait-on tenté de dire !

Dans un parti politique, l’accent doit être mis sur les idéaux du parti et non sur les personnes. Le sens des responsabilités, comme je l’ai écrit déjà plusieurs fois devrait avoir incité beaucoup de responsables de ses partis à rendre volontairement leur démission et prendre congé de la scène politique nationale !

Les organes et les militants des partis concernés devraient eux-mêmes, forcer ce changement à la tête de leur parti ! C’était la seule façon de dire au peuple « Nous avons entendu votre message, nous allons changer ».

Le jour même, ou Ed Milliband a perdu les élections en Grande Bretagne, il a rendu sa démission à la tête du parti travailliste ! C’est cela la maturité d’un homme politique ! La prise de responsabilité, comme vient de le faire le Gal. Diendere ! Il n’y a pas d’excuse possible : le peuple, pendant que vous teniez les rênes du parti a rejeté votre projet ! Assumez-en les conséquences, comme des adultes !

L’incapacité des partis de l’ex-majorité à se renouveler ne fait-elle pas montre d’un manque criard de démocratie interne ! Si donc à l’intérieure même du parti il n’y a pas de démocratie, ne sommes-nous pas en droit de penser qu’ils répandront le même mal au sommet de l’Etat s’ils s’y trouvaient à nouveau ? A quoi donc aurait servi notre révolution ? Pour quoi donc seraient morts nos martyrs ?

Notons au passage, que ce manque de démocratie interne n’est pas l’apanage des parties de l’ex-majorité ! Si j’ai de l’admiration pour le PAREN qui a pu et su remplacer L. Bado ‘sans effusion de sang’, je m’interroge à propos par exemple de l’UNIR/PS qui pensent que une dernière fois encore à la présidentielle sera la bonne pour B.S. Sankara – pour qui j’ai beaucoup d’admiration cependant – ! C’est vrai, qu’ils font ainsi en France, mais ailleurs c’est du ‘un coup K.O’ !

Dans un pays pauvres comme le nôtre, les 25 millions ( ?) de caution ne fait-elle pas de la course à Kossyam une affaire entre bourgeois fortunés ? Ceux qui ont 25 millions ont-ils de meilleurs projets de société que celui qui n’a que 1 franc ? Peut-être alors faut-il monter à 1 milliard et se passer du coup de l’élection, parce qu’il n’y aura certainement pas 22 candidats !

Combien de burkinabè sont-ils exclus de la course parce qu’ils ne peuvent réunir la caution ?

Qu’en est-il de la limitation de l’âge ? N’exclut-elle pas les moins de 35 ans ?

Les burkinabè de l’étranger ? Ils ne peuvent même pas voter, encore moins être des candidats !

Bref, si des conditions sont posées, elles lèseront toujours quelqu’un ! N’est-ce pas là , la nature même d’une condition que de scinder les choses en deux : Oui ou Non, Vrai ou Faux, Passe ou Casse ?

Hors, on ne peut pas ne pas poser des conditions ! Il le faut, mais il faut qu’elles soient juste.

Une préoccupation réelle

C’est la loi qui  garantit les libertés ! Mais la loi n’est pas toujours parfaite ou même juste ! Rappelons-nous que nous nous sommes révoltés contre Blaise Compaoré, pour l’empêcher de faire ce que pourtant les textes semblaient bien l’autoriser à faire ! Du reste, parce que nous savions que la loi l’autorisait, nous y avons apporté des modifications à travers le ‘verrouillage’ de l’article 37 !

Le tort de Blaise Compaoré, c’est d’avoir oublié que la loi n’est pas faite pour elle-même, mais plutôt pour les hommes ! Et les hommes disaient NON !

Le nouveau code électoral, il faut se l’avouer est arbitraire ! La cours de la CEDEAO l’a déjà dit, et sur le plan national, nous avons du mal à l’interpréter ! Que faire de ceux qui ont supporté le projet au début et se sont ravisés ensuite ? Cas des Rock, Salif et Simon .. Si la loi est juste, alors nul n’est au-dessus de la loi ! Comment peut-on l’appliquer aux citoyens moins bien connus quand adviendront les municipales ? Après tout, des stades entiers ont été remplie (recto-verso) de supporteurs comme de non-supporteurs ! Qu’en sera-t-il de ceux qui n’ont jamais rien dit haut et fort, mais était là, aux meetings, peut-être même par curiosité ?

S’il y a eu crime, que la loi sévisse et que les coupables sachent les motifs pour lesquelles ils sont condamnés, et donc perdent leurs droits civiques ! Autrement, se retrouver inéligible pour avoir exprimé une opinion, n’est tout simplement pas juste ! Une injustice qui se fait beaucoup plus cuisante lorsque d’autres citoyens ont exprimé la même opinion et ne sont pas frappés par la même loi ! Cela devient de l’arbitraire, de l’exclusion.

Pour ma part, avoir supporté le projet de révision constitutionnelle, relève de la liberté d’expression et d’opinion ! Combien de fois me suis-je opposé à Nyamsi ou à Djibo pour leur expliquer justement que dans le principe, si les conditions d’un referendum transparent étaient réunies, j’irais volontiers au referendum ?!

Le nouveau code électoral va donc à l’encontre de la liberté d’expression et d’opinion ! Et cela n’est pas acceptable dans une démocratie !

Je souscris entièrement à l’esprit du code électoral, qui est celui de forcer un renouvellement de la classe politique dans certains partis ! Malheureusement, la lettre du code fait tout autre chose et exclus bel et bien, de façon injuste des citoyens de notre peuple !

La seule voie juste qui prive un citoyen de son éligibilité, c’est la condamnation en justice ! Il nous faut des condamnations, rendues par une justice libre et indépendante ! Les chefs d’accusation sont légion, en commençants par les malversations en tous genres de ses 27 dernières années ! (1)

Conclusion

Je voudrais lancer le même appel au président Kafando et au CNT, que j’ai lancé au Gal. Diendere ! Faites preuve de courage et de responsabilité !

Le courage de reconnaitre que le nouveau code électoral fait fausse route, quant à la protection de la liberté d’expression et d’opinion.

La responsabilité et la maturité de l’abroger.

Le coup d’Etat est peut-être fini, mais les questions soulevées méritent que l’on s’attarde dessus pour les résoudre. En fait il importe peu que nous pensions ou nom que le code soit exclusif ! Ce qui importe, c’est que des citoyens le pensent ! La transition étant un consensus, il importe donc d’arriver à un consensus sur la question.

(1) Le procureur du Faso vient d’annoncer un Gel des avoirs de certains partis et quelques personnes. Un très bon début.

Notons que les circonstances ayant conduit à la révolution en Octobre dernier méritent aussi une commission d’enquête. Comment se justifie la volteface de l’ADF/RDA ? Y-a-t-il eu trafic illicite d’influence ?

Réformes au Faso: III- Du pouvoir législatif !

Dans la première partie de mon blog sur les réformes, j’ai suggéré que la constitution élargisse les droits fondamentaux des burkinabè pour inclure le droit à une éducation gratuite et obligatoire jusqu’à 16 ans, le droit à un environnement sain du paludisme, et qu’elle – la constitution –  assure l’égalité de tous devant la maladie en créant les conditions nécessaires à l’épanouissement de structure médicale nationale de haute qualité, en interdisant explicitement les évacuations médicales – au compte de l’Etat – pour les hommes politiques de notre pays. (1)

Dans la deuxième partie, j’ai traité du pouvoir exécutif. J’ai exposé ma vision d’un Président du Faso, rassembleur, unificateur de la nation. A ce titre donc, il ne dispose vraiment d’aucun pouvoir. Son rôle est grandement honorifique !

J’ai aussi traité d’un gouvernement d’élus. Elus d’abord à l’Assemblée Nationale ou au Sénat, puis promus au poste de ministre par le premier ministre. Le premier ministre lui-même est élu parmi ses pairs de l’Assemblée Nationale, puis nommer par le Président du Faso. Finalement, j’ai suggéré que la constitution elle-même détermine les ministères (7 ministères clef) et limite le nombre de ministères (15 au maximum). (2)

Aujourd’hui, je me propose de traiter des pouvoirs législatifs :

 De l’Assemblée Nationale

C’est l’organe législatif. Les députes recommandent (élisent) le premier Ministre qui est alors nommé par le Président du Faso. Ils élisent aussi le président de l’Assemblée.

Les députes peuvent mettre fin aux fonctions du premier ministre si la majorité absolue lui retirent leur confiance lors du vote de confiance organisé à cet effet, sous proposition d’un des groupes parlementaires. Le premier ministre déchu offre alors immédiatement sa démission au Président du Faso qui l’accepte, et réintègre le parlement avec ses ministres et un nouveau premier ministre est alors recommandé au Président du Faso.

Le parlement doit être représentatif ! Il doit être d’au plus 1/50000, soit 1 député pour 50 000 habitants tout au plus. Cela devrait porter le nombre de députés a environ 340 pour les 17 millions que nous sommes.

Pour être représentatif, il convient aussi que les salaires soient revue pour mieux les alignés avec ceux des burkinabés. Ainsi donc, les députés devront être payé selon la grille salariale de la fonction publique, dans la plus ‘haute’ catégorie normale. Par exemple, aujourd’hui, c’est la catégorie A. La constitution pourrait baliser les émoluments en fixant par exemple le pourcentage maximum au-delà duquel le salaire des députés serait anticonstitutionnel. Bien sûr, l’article serait non-révisable ! Exemple : Le salaire net des députes ne saurait être plus de 10% supérieure à celui de la catégorie ordinaire la plus élevé de la fonction publique.

Tout citoyen burkinabé ayant la majorité devrait pouvoir être candidat. Les candidatures indépendantes devraient être acceptées.

Ils ont droit à une pratique dans leur circonscription électorale, avec au plus 3 collaborateurs – chercheurs – . Ils doivent exercer au moins une fois par semaine dans la pratique pour se mettre à l’écoute des problèmes de leurs électeurs. L’Etat ne prendra pas en charge un loyer supérieure à la moyenne pour la ville ou se trouve la pratique, ni les salaires supérieures à ceux de la catégorie correspondante de la fonction publique pour les même qualifications et expériences professionnelles.

Les frais de transport vers Ouagadougou pour affaires parlementaires, les frais d’hôtel, du loyer, ou des traites sur une immobilisation servant de logement au député pendant les cessions parlementaires seront remboursables.

Le député est relevé de ses fonctions si la majorité absolue du nombre de voix qu’il a obtenu à l’élection signent une pétition dument vérifiée par les autorités administratives locales – préfet, police -. Le gouvernement organisera alors une élection locale dans la circonscription pour remplacer le député que sa circonscription à rappeler.

Ainsi donc, le pouvoir reste aux mains du peuple : A travers les députes, le peuple peut à tout moment se débarrasser d’un gouvernement incompétent, sans attendre la fin de la législature par un vote de confiance. Il peut aussi se débarrassé à tout moment d’un député incompétent par une pétition de la circonscription du député, signée par la majorité absolue des votes exprimés en faveur du député lors de son élection.

La représentativité de l’Assemblée, (340 membres) devrait rendre difficile les tentatives d’achat des consciences comme nous l’avons vu avec l’ADF/RDA et l’article 37. A moins d’être riche comme Crésus, il devrait être mathématiquement impossible de se payer une majorité absolue à 171 députés !

Avec la configuration de l’échiquier politiques actuel, plusieurs coalisions de parti devront être nécessaires pour aboutir à la désignation d’un premier ministre et d’un gouvernement. Il faudra donc ensemble s’entendre sur un programme de gouvernement après les élections, chose qui devrait permettre d’arrondir les excès des uns et des autres et d’arriver à des programmes qui peuvent vraiment marcher pour notre pays.

 Du Conseil Economique et Social

Je recommanderais la suppression pure et simple de cette organisation.

 Du Sénat

La deuxième chambre du parlement. Il – le sénat – est moins représentatif avec un taux d’au plus 1/500000 soit environ 30 sénateurs pour les 17 million que nous sommes. Il se compose comme suit :

1/6 nommé par la majorité parlementaire,

1/6 nommé par le CFOP,

1/6 nommé par les Chefs coutumier et religieux

1/6 nommé pas les OSC reconnu d’utilité publique,

1/3 élu par les ‘universitaires’, i.e tout citoyen burkinabés ayant reçu un diplôme au moins équivalent a une License, d’une université/institut ou autre maison de formation membre du CAMES ou reconnu par le CAMES.

Le Sénat relie toutes les lois sauf les lois des finances.

Le Sénat transmet ses recommandations à l’AN qui doit les prendre en compte. Le Senat peut être l’initiateur de loi qu’elle transmet alors à l’AN.

Une loi est adoptée si elle est adoptée à l’AN et au Sénat. Le Président du Faso en fait alors la promulgation.

 Du Conseil Constitutionnel

Je garderais toutes les attributions courantes. Le mode de nomination suivant est suggérer :

  • 3 juges nommés sur proposition du gouvernement,
  • 3 juges nommés sur proposition du CFOP,
  • 4 juges nommés sur proposition des OSC, autorités religieuses et traditionnelles.

Le CFOP, les OSC et les autorités religieuses et coutumières devraient aussi pouvoir saisir le conseil constitutionnel, en plus de ceux déjà cites par la constitution actuelle.

Conclusion :

Les propositions citées ci-haut sont sous-entendues par trois principes :

  • Encrer le développement du Burkina Faso dans la constitution. Même si un gouvernement arrivait à la tête de l’Etat sans programme, le simple respect de la constitution devait permettre au pays de toujours aller de l’avant.
  • Toujours équilibrer les forces en présence, par le mode de nomination au Conseil constitutionnel d’une part, et d’autre part en contrebalançant l’AN par un Senat, lui-même en équilibre suivant son mode de sélection.
  • Remettre le pouvoir entre les mains du peuple, qui élit et rappelle ses députes, qui eux à leur tour désigne un gouvernement pour diriger le pays.

Ces propositions sont faites pour ouvrir le débat. Les principes qui sous-entendent les propositions sont plus importants que les propositions elles-mêmes qui j’en sur pourrons prendre diverse formes, certaines plus appropriés que les miennes.  Ensemble, donnons donc matière à plancher à la commission en charge des réformes constitutionnelles pour cette période transitoire.

Des voix, et non des moindres se sont élevées pour en appeler à une Vème république ! (3) C’est un argument technique dont je ne saurais me mêler. Ces voix reconnaissent comme moi que la victoire du peuple les 30 et 31 Octobre derniers, sera desservie par l’aspect présidentielle de la  constitution courante. Je partage entièrement cet avis, et exhorte la commission des reformes à se mettre à l’œuvre pour que notre victoire se reflète par une transition vers un régime parlementaire aux élections prochaines.

Certains éléments ont déjà aussi été repris dans le nouveau code électoral. Par exemple, les candidatures indépendantes sont désormais un acquis.

J’estime que le passage au régime parlementaire est une nécessité absolue pour notre peuple. Mon souhait pourtant, est que la présidentielle soit couplée avec l’adoption de la nouvelle constitution. Si, par contre, pour résoudre ce problème, il faille prolonger la transition, que cela soit.  En sommes, je pense que comme disent les anglais, « No deal is better than a bad deal » – pas d’accord est mieux qu’un accord mauvais accord – !

Si nous élisons un président fort, ne soyons pas étonner qu’il devienne un homme fort dans les années qui viennent, de la même manière que Blaise Compaoré ! Ne pensons pas non plus qu’un président fort voudra volontairement réformer la constitution afin de s’affaiblir lui-même ! Et que ferait-il alors s’il en ait à son premier mandat ? Retourner à l’AN comme député ? Non, il diminuerait alors la fonction du Président du Faso.

Ne manquons donc pas l’occasion pendant que nous avons encore le temps.

Koudraogo Ouedraogo

Email : koudraogo.ouedraogo@gmail.com

Blog :  https://burkinafache2015.wordpress.com/

L’impunité nous perdra !

Presque quatre mois déjà dans cette période transitoire et les maux qui ont causé la chute de l’ancien régime font déjà surface ! En effet, sous le prétexte de préserver la paix et la cohésion, la transition est en train d’être mise en péril. On se demande si d’ici à l’élection, nous n’aurons pas droit à une deuxièmes révolution (1), cette fois beaucoup plus violente et radicale que la première.

Certains n’ont rien appris de la révolution !

Pour preuve ! Le communiqué du CDP qui nous dit, je cite « Faut-il le rappeler, le projet de modification de l’article 37 de la Constitution, soumis à l’Assemblée Nationale, consistait à porter la limitation des mandats consécutifs du Président du Faso de 2 mandats à 3 mandats. En outre, il prévoyait d’inscrire cette nouvelle limitation parmi les dispositions intangibles de la constitution. Certains partis, tout en déclarant leur opposition à cette réforme, avaient admis le principe qu’elle puisse donner lieu à un référendum. »

En d’autres termes, les signataires de ce texte, ne reconnaissent point avoir fait quelque chose de mal ! Ils soutiennent que modifier la constitution pour donner un mandat supplémentaire à Blaise Compaoré contribuait à enrichir la démocratie dans ce pays ! Ils nient même le fait que l’achat des consciences de l’ADF/RDA n’aurait jamais conduit au referendum ! Ils taisent le consensus du CCRP de laisser en l’état toute proposition non consensuelle ! Bref, ils sont blancs comme des anges ! C’est nous le peuple qui avons fait la révolution, qui avons mis fin à un mandat démocratiquement acquis. C’est nous les putschistes !

Ainsi donc, certains vont jusqu’ à créer des comités pour le retour de Blaise Compaoré dont le mandat démocratique a été interrompu – par le même peuple qui le lui avait confié -! Une autre FEDAB/BC en sorte. Une façon de nous narguer, parce qu’en réalité, Blaise Compaoré s’est volontairement exilé ! Rien, sauf ses propres crimes n’empêche ce citoyen burkinabè de retourner au Faso !

D’autres, sont sortis en publique, devant les micros demander pardon. A qui ? Qu’en sais-je ? C’est sans doute de la politique Africaine. Sinon, comment peut-on comprendre un tel acte ! Pire, qui leur a pardonné ? Ou suffit-il seulement de demander pardon pour se considérer pardonné ? Cela serait trop facile ! Je l’ai déjà dit, et le répète, même a l’Eglise, on fait pénitence ! En politique, la demande de pardon vient après la démission !

La démission permet d’assumer toute la responsabilité de sa faute ! Hors, aucun de ses messieurs n’a encore rendu sa démission ! Ils ne reconnaissent même pas leur faute, encore moins l’assumer !

Les actes doivent avoir des conséquences, sinon c’est l’impunité totale !

Il faut préserver la paix sociale en mettant fin à l’impunité !

En janvier, j’écrivais dans un de mes blogs qu’il n’appartenait pas au MATS de suspendre un quelconque parti politique. Je suis toujours de cet avis. Mais cela suppose que nous ayons des partis politiques responsables. Des partis politiques démocratiques qui savent laver leur linge sale en famille.

En termes clair, j’attendais du CDP, de l’ADF/RDA et de tous les autres partis qui ont soutenu la modification de l’article 37, qu’ils mettent à la retraite tous leurs cadres qui ont soutenu la modification de l’article 37. On ne peut tout simplement pas avoir soutenu une politique qui a échouer avec fracas et rester à son poste ! Il n’y a aucune logique en cela ! Il y va même de la survie du parti !

Hors, le constat que je peux faire est très amers ! Quatre mois après la crise, les mêmes sont la ! Les partis semblent avoir été incapables à s’autoréguler pour écarter les coupables ! Ceci se comprend très aisément du moment où avant la révolution, aucune voix ne s’est élevée dans ses partis pour contredire les zélés tripatouilleurs de la constitution !

La question qui se pose aujourd’hui est vraiment de savoir ce qu’il faut faire vis-à-vis de cette situation. Une chose est certaine, nous ne pouvons pas nous payer le luxe de ne rien faire ! Si, les autres cadres de ces partis politiques n’ont pas pu se débarrasser de la mauvaise graine, comment pouvons attendre de Raogo l’analphabète qu’il discerne et écarte la mauvaise graine aux élections ? L’état n’est pas garant de la démocratie dans les partis politique ! Par conséquent, nous ne pouvons imposer à aucun parti politique, le renouvellement de ses instances.

L’Etat cependant, est garant de la justice, de l’équité devant les citoyens. Il est garant de la paix, de la transparence des élections. Il existe donc, des axes d’action qui s’offrent encore à la transition :

  1. L’Etat est garant de notre république ! N’en déplaise au Front Républicain, la tentative de modifier sur mesure notre constitution, dans le seul but de plaire et de servir à Blaise Compaoré a été une atteinte grave à la République. La preuve ?! Eh bien, un mandat suspendu en cours, et une transition. Les responsables directs de cette situation doivent répondre de leur forfait. Les responsables, ce n’est pas nous qui avons fait la révolution, c’est bien eux qui nous ont forcé à faire la révolution. Même dans sa dernière forme, le projet de loi de modification de l’article 37 est très accablant ! Nous avons eu des aveux en publique par des demandes de pardon. Il faut appliquer la loi dans toute sa rigueur !
  2. L’Etat est garant de la paix et de la quiétude des citoyens. Hors, la sortie récente du Front Républicain pour nous dire qu’il n’a rien fait de mal, la création de mouvement pour le retour de Blaise Compaoré, etc. sont autant de faits et de gestes qui menacent quotidiennement la paix et la quiétude. Ce sont des faits d’une arrogance digne de l’avant révolution ! Les burkinabè ne sont pas mort devant les balles meurtrières de Blaise Compaoré, du CDP, de l’ADF/RDA pour que ces même viennent encore nous pomper l’air ! Combien de temps pensez-vous que ces messieurs nous narguerons avant que cela explose encore ? Pour leur propre sécurité, ces messieurs doivent être assignés à résidence avec la police nationale à la porte pour assurer leur sécurité.
  3. S’il est vrai que c’est la révolte de M. Kafando devant une affaire comme celle de Guiro lui a valu beaucoup de vote pour présider la transition, alors qu’il se révolte encore maintenant ! Je suis certain que les preuves ne manquent pas pour poursuivre la plupart de ces messieurs pour quelques malversations financières dans ce pays ! Laurent Bado parle de « délit d’apparence » ! Lorsque certains veulent bruler pour voir qui reconstruirait le premier, nous sommes en droit de nous demander d’où vient leur argent ! Nous savons tous les salaires des fonctionnaires, députes et autres personnalités. Saisissons donc les comptes bancaires, et procédons aux vérifications nécessaires pour nous assurer que dans l’exercice de leur fonction, il n’y a pas eu d’indiscrétions. C’est notre droit ! Au passage, assurons nous que le fisc à récupérer son du !
  4. L’argent est le nerf de la guerre ! Le CDP est un parti politique crée par un capitaine de l’armée Burkinabè ! Le CDP a les moyens qu’aucun capitaine de cette même armée n’a ! Encore un délit d’apparence ! En attendant que chaque centime de ce parti soit justifié devant le fisc, il faut geler tous les biens du parti par précaution. On ne peut pas demander aux burkinabè, de supporter les prix actuels des hydrocarbures pour permettre à la SONABHY de se refaire une santé financière, sans justifier au peuple ou l’argent de la SONABHY est passée ! C’est un secret de polichinelle, tous les financements illicites dont ce parti a bénéficié !

Conclusion

Par souci pour la paix, le peuple a soutenu une politique d’inclusion de tous ses fils après la révolution des 30 et 31 Octobre. Beaucoup avait espérer que après avoir été publiquement vomit, certains se seraient retirer dans leur village respectifs pour se repentir en contribuant efficacement au développement locale. Hors quatre mois plus tard, nous faisons le constat amère que le naturel des 27 dernières années est revenu au gallot. Les voilà une fois encore au-devant de la scène, qui nous narguent tant est leur arrogance!

Un rappel à tous, que Paix ne rime pas avec impunité, sinon, la journée nationale du pardon nous aurait évité d’arriver là où nous sommes aujourd’hui ! Aucun citoyen n’est au-dessus de la loi ! L’Etat doit veiller, à ce que chacun paye à la hauteur de son forfait ! C’est la condition sine qua non pour tenir des élections transparente et paisible dans ce pays !

Les chefs d’accusation ne manquent pas ! Au contraire !

(1)

Le débat fait encore rage sur le nom à donner à cet évènement qu’a vécu le Burkina Faso les 30 et 31 Octobre 2014, poussant même certaines têtes pensantes à se prononcer sur la question. Le préalable pourtant à un tel débat, selon mon humble avis, est la définition suivant la langue, de chacun de ses mots ! L’histoire comme, la politique ou la philosophie ont tous la langue en commun.

Voici donc les définitions suivant le Larousse (www.larousse.fr) en ligne :

Insurrection :

  • Action de s’insurger, de se soulever contre le pouvoir établi pour le renverser : L’insurrection de février 1848.
  • Littéraire. Opposition vivement exprimée : Insurrection de la dignité en face d’une humiliation.

Insurger :

  • Manifester son hostilité, son profond désaccord à l’égard de quelqu’un, de quelque chose ; se dresser contre : S’insurger contre l’injustice, contre un dictateur.

Révolution :

  • Changement brusque et violent dans la structure politique et sociale d’un État, qui se produit quand un groupe se révolte contre les autorités en place et prend le pouvoir.
  • Les forces révolutionnaires, le pouvoir issu de ce changement : La victoire de la révolution.
  • Changement brusque, d’ordre économique, moral, culturel, qui se produit dans une société : Une révolution dans la peinture.
  • Agitation soudaine et passagère, provoquée dans le public par un fait inhabituel : Un cambriolage audacieux a mis le quartier en révolution.

Le 31 Octobre 2014, il y a eu au Burkina Faso un « Changement brusque et violent dans la structure politique et sociale » du Burkina-Faso – État -, « quand un groupe » s’est « révolté contre les autorités en place » et a pris « le pouvoir ». Cette paraphrase, définit la révolution !

Il y a eu une révolution, selon la langue de Molière ! Il y a des subtiles nuances entre insurrection et révolution. On peut s’insurger sans violence tandis que la révolution est violente – morts, dégâts matériels – . La révolution prend le pouvoir – avec violence – tandis que l’insurrection devient une révolution lorsqu’elle cherche a renversé le pouvoir. Si l’insurrection donc ne parvient pas à renverser le pouvoir, elle reste une insurrection. Si par contre elle renverse le pouvoir, elle devient une révolution.

Toutes les révolutions ne sont pas marxistes ! La Révolution Française en 1789 n’était pas une révolution marxiste ! C’était une révolution pourtant ! Bourgeoise !

Voici pour mes 1 F. CFA de contribution au débat !