« Le soleil Zida », ce nouvel astre de Kwesi Debrsèoyir Christophe DABIRE, 2/4

Analysons à présent, l’argument de C. DABIRE qui fait de moi plutôt que lui, celui-là qui est ému par l’« amitié et la fraternité » au point de « refuser à bien tendre et ouvrir les leurs (oreilles) et entendre raison lorsque les Burkinabè parlent de justice ».

Et pourtant, nous n’en avons cure ni de l’amitié ni de la fraternité dans cette affaire !

20% ne sont pas 100% ou 80%. Et pourtant !

Commençons donc par la contradiction que C. DABIRE prétend m’apporter sur l’argument économique que j’ai développé dans ma réflexion précédente (6). Il s’exclame en ces termes : « Mais, que l’on sache, ces importations ne sont pas des dons ou aides humanitaires des Ivoiriens pour les Burkinabè, par charité, mais s’inscrivent dans une logique d’échanges commerciaux entre voisins, donc importations payantes !». Or, il est bien connu qu’il ne suffit pas d’avoir de l’argent pour acheter un bien. Encore faut-il que le bien soit sur le marché ; et de plus, que vous ayez accès au marché. Sans accès au marché à quoi vous servira votre argent ? C’est cet accès qui, du reste, défini ici les fameux liens « d’amitiés et de fraternité », dans le sens bien sûr du commun intérêt. Le marché ghanéen est beaucoup moins accessible au Burkina-Faso que le marché ivoirien. Un fait qui s’explique simplement par des liens de transport – en plus de la route nous avons une voie ferrée qui va jusque dans la capitale économique de la Côte-d’Ivoire, non sans passer par la nôtre -, une langue – officielle – commune, une monnaie commune, des accords économiques communs dans le cadre de l’UEMOA, etc. Il est donc indéniable, que la Côte-d’Ivoire et le Burkina-Faso sont beaucoup plus intégrés que le Ghana et le Burkina-Faso. Une intégration reconnue et soutenue par les plus hautes institutions financières du monde. (9) Alors, non, M. DABIRE, je ne « repousse » pas la raison de l’histoire pour la remplacer par une autre qui serait économique, je repousse l’histoire des origines, pour la remplacer par l’histoire de l’économie, c’est-à-dire, le comment du pourquoi nous sommes – économiquement, cela s’entend- là où nous sommes aujourd’hui.

C’est cette histoire de l’économie, qui vous apporte la contradiction lorsque que vous affirmez « Mais 20% ne sont pas 100% ou 80%. .. Et les 80% des autres importations qui ne viennent pas de la Côte d’Ivoire, qu’en faites-vous ? ». Heureusement, d’autres avant moi se sont déjà penchés sur la problématique. Je me permets de vous citer de larges pans de leur analyse :

« L’impact de cette crise s’y est d’abord fait sentir sur le secteur du transport. En effet, avant la crise ivoirienne, le port d’Abidjan constituait le plus important point de transit des marchandises à destination du Burkina Faso. La RCI est en effet le seul pays côtier et frontalier à disposer d’un axe ferroviaire reliant la mer à Ouagadougou, la capitale. Comme il n’existe pas de substitution possible, il en est résulté une relative dépendance des opérateurs économiques burkinabè vis-à-vis du port autonome d’Abidjan. En effet, le chemin de fer reste très compétitif en terme de coût de revient par marchandise transportée. De plus, le délabrement du réseau routier ralentit l’acheminement des produits et met à rude épreuve le parc automobile. »  (8)

« La fermeture des frontières entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire est donc une contrainte majeure pour les opérateurs économiques burkinabè qui se sont orientés néanmoins très rapidement vers d’autres pays côtiers comme le Ghana, le Togo et le Bénin. Cette situation a cependant occasionné une augmentation de leurs frais de transport. La déviation d’une partie du fret malien, nigérien et burkinabè sur Lomé au Togo et Cotonou au Bénin a aussi eu pour effet d’intensifier le trafic routier sur l’axe Koupéla-Ouagadougou, dont le bitume avait été refait en août et septembre 2002. A peine quelques semaines plus tard, le revêtement commençait à subir des dégradations importantes dues à la surcharge des camions, alors même que ces travaux de réfection n’étaient pas encore réceptionnés. » (8)

« De même, la diminution des recettes est évidente pour le Trésor public du Burkina Faso… » (8)

« Outre l’augmentation des frais de transport, et donc du prix des marchandises, de la dégradation des routes et du parc automobile, la crise ivoirienne a eu des répercussions sur l’emploi au Burkina Faso. » (8)

« ..(Sitarail).. Son manque à gagner s’élevant à 60 millions de francs CFA de bénéfice mensuel, elle a dû mettre au chômage technique une partie de son personnel d’exploitation. »

« Bobo-Dioulasso, capitale économique, .., la crise ivoirienne a un impact considérable sur l’activité économique avec, à court terme, des répercussions sur l’emploi et les revenus des populations. »

Et de conclure, « La crise ivoirienne pèse donc sérieusement sur l’activité économique du Burkina Faso ».

Voilà qui montre, si le besoin en était, que « toucher » au 20%, affecte l’ensemble du système : « 20% ne sont pas 100% », et pourtant !

Il apparait donc que mon argument ne s’embarrasse point de sentiments, mais s’appuie plutôt sur des observations économiques.

Qui, de toi ou de moi, ignore cette histoire pourtant récente, pour se lancer dans des théories sans fondements ni historiques, ni politiques, ni économiques, ni même juridiques ? Et tu oses parler d’obscurantisme à mon égard ?

En effet pourquoi, dites-le nous, courrions-nous le risque d’affecter tout le pays ? Quel tort a été fait au Burkina-Faso dans cette affaire ?

Tu vas trop vite en besogne

Si vous descendiez, juste un instant de vos grands chevaux, pour faire montre d’un peu de raison, de moins de passion et rechercher le sujet, vous vous seriez rendu compte que la date des enregistrements sur laquelle tout le monde s’accorde, c’est celle du 27 Septembre 2015, soit presque 10 jours après le coup d’Etat du CND ! (10)

Expliquez-nous donc, comment le 27 Septembre, des individus comploteraient encore le coup d’Etat qui avait eu lieu presque 10 jours auparavant, comme vous le prétendiez :

«Cette affaire de mandat d’arrêt contre le PAN ivoirien suite au putsch de Diendéré..  est au contraire d’abord judiciaire avec évidemment un peu de politique, de diplomatie et de juridique, si le plaignant n’est pas seulement l’Etat burkinabè mais les familles des victimes du putsch ».(5) Combien de burkinabè furent victime d’actes directement ou indirectement liés à cette conversation ?

Si vous émettez des doutes sur la date, et pensez alors que la conversation date d’avant le coup d’Etat, expliquez-nous donc, pourquoi votre « soleil Zida » n’a pas déjoué le coup et sauver ainsi, la vie de nos martyrs qui sont morts pour défendre la démocratie ?

Du reste, le transcrit de la conversation (11) vous donnera beaucoup de fil à tordre dans ce cas.

Quel tort, dans cette conversation (11) est fait au Burkina-Faso, à part celui d’avoir pris le mauvais parti ? À part d’avoir – si on ose pousser les choses – « proférer » des menaces ?

Or, à propos de proférer des menaces, vous écriviez, «La courageuse citoyenne Safiétou Zongo Lopez est convoquée et entendue par la justice parce que des propos d’elle menaceraient non pas les citoyens et l’ordre public mais un palais de justice ». (4)

Pourquoi le parallèle entre les deux situations ne vous saute-t-il pas aux yeux ? Parce que vous êtes doublement aveuglé par l’émotion d’une part et la passion pour votre « soleil Zida » d’autre part.

L’émotion t’aveugle tant

C. DABIRE, la passion vous anime tellement que vous n’avez même pas lu ma réflexion (6) qui n’est aucunement basée sur « l’amitié et la fraternité ».

En fait, l’expression n’y apparaît qu’une seule fois, dans mon introduction «.. le dauphin constitutionnelle d’un pays frère et ami ».

Je vous défie de trouver une seule phrase dans ma réflexion qui vient en défense de M. Soro !

C. DABIRE, vous êtes si aveuglé par l’émotion que vous ne remarquez même pas que 4 millions de burkinabè ne sont pas en Côte d’Ivoire à cause d’une quelconque amitié avec la Côte-d’Ivoire ! Ils y sont pour des raisons économiques. Ils y sont allés pour travailler, et y sont restés pour gagner une vie.

L’intérêt du Burkina Faso en Côte-d’Ivoire est économique ! C’est pourquoi, C. DABIRE, on s’en fiche éperdument de ton « amitié et fraternité », dont tu nous rabâches les oreilles. C’est aussi la raison pour laquelle on s’en fiche doublement que les Mossi, Lobi et Dagara viennent du Ghana. Cela n’a rien à voir avec le sujet !

En outre, ton argument ne tient pas la route non plus ! L’expression « pays frère et ami » n’a pas forcement grand-chose à voir avec les origines. On n’est pas frère, que seulement parce que l’on partage la même lignée parentale ou ancestrale !

On peut être frère, parce que l’on partage le même combat. On peut être frère parce que l’on a les mêmes aspirations.

Ainsi, les soldats sont-ils des « frères d’armes », les chrétiens des « frères en Christ », les musulmans des « frères musulmans » etc. Sous la révolution, le peuple palestinien est devenu « frère et ami » du peuple burkinabè qui partageait son combat pour l’émancipation. De même que les peuples d ‘Afrique du Sud, de la Namibie et je ne sais quelles autres contrées où nous retrouvions cette fraternité dans la pensée et l’action. Cite J. Ky-Zerbo si tu veux, pour faire cultivé, mais saches que cela n’apporte rien à ton argument, qui lui-même est hors sujet !

Merci du rappel sur la proportion de l’aide internationale dans notre budget. Il faudra tout simplement réviser le pourcentage à la hausse si les 20% venait à être perturbés : 90% ?, 99% ?, est-ce moins troublant pour vous ?

Finalement, nous notons, C. DABIRE, que vous vous y connaissez bien s’agissant de la sagesse des Koffi Olomidé (1) et Gadji Celi (7). Nous n’avons nul doute que vous excellez aussi à les danser puisque le Nègre de Senghor – que vous connaissez tant – « est un être rythmique. C ‘est le rythme incarné … Instinctivement ils dansent leur musique, ils dansent leur vie ».

Conclusion

Une fois encore, comme ce fut le cas dans sa réflexion précédente (4), C. DABIRE prend un seul mot (‘saint’ avant, maintenant ‘frère et ami’) et se lance dans des contorsions impossibles pour à la fin ne rien prouver ni apporter au débat. Une diarrhée verbale qui ne s’appuie même pas sur les faits, mais plutôt sur une prétendue acerbité de sa plume.

Or des arguments plats, même énoncés par les plus belles plumes, resteront plats.

Quant à moi, je me plais bien à être un quidam. Pourquoi penses-tu que je garde si jalousement mon identité ? Quidam à qui tu dois tout de même (en partie en tout cas) certains de tes droits fondamentaux reconnus dans la constitution : droit à l’éducation, à l’assainissement (12) et même l’arrêt des évacuations sanitaires afin de forcer le développement de nos propres structures sanitaires. Certains le font pour la gloire, d’autres pour le pays, mais chaque homme a son prix. Le mien, c’est le bien être de mon pauvre mais cher Faso.

Sans rancune, mon frère et ami (sauf à propos du « soleil Zida » et de Senghor, nous menons le même combat).

Koudraogo Ouedraogo

Blog : http://burkinnafache2015.wordpress.com

Membre, Faso 2020 : http://faso2020.org

Références

 

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