« Le soleil Zida », ce nouvel astre de Kwesi Debrsèoyir Christophe DABIRE. 1/4

Je me coulais des vacances tranquilles à la campagne, consultant l’information sur mon téléphone mobile à chaque fois que je le pouvais, lorsque je suis tombé sur la « réponse » (7) de Kwesi Debrsèoyir Christophe DABIRE. C’est donc avec un peu de retard, que je m’essayerai de lui répondre. Comment en est-il arrivé là ? C’est ce que l’on s’efforcera de montrer dans cette première partie.

La révélation

C’est dans une de ses réflexions que C. DABIRE conclut en ces termes : « Pour dire et signifier, après que tout ou presque semble avoir été déjà connu et dit, toute la grandeur du soleil qui disparaît et s’éclipse pour faire place à la nuit qui tombe. Le soleil Zida (et non pas Zida soleil, pour ne pas donner dans la vénération, mais rester dans la comparaison et l’image) se couche et s’en va, pendant que l’obscurité de la nuit s’abat sur ses ennemis que déjà les harcèlements de la Justice plongent dans l’insomnie, et peut-être dans une juste nuit sans matin… » (1)

Une conclusion qui en troublât plus d’un. En effet, depuis que F. Nyamsi avait arrêté de nous narguer, nous avions rarement lu un article qui versait autant et manifestement dans la vénération – tout en s’en défendant du reste.

Plus surprenant encore, l’auteur n’était nul autre que le philosophe Kwesi Debrsèoyir Christophe DABIRE, que nous avions « découvert », un peu auparavant, dans des postures complètement différentes.

En effet, c’était avant la révolution, et nous bataillions une horde de plumes achetées que le camp “pro-referendum” avait lancé comme une meute de chiens contre les anti-referendum. Si les arguments des Nyamsi et autres petits penseurs étaient faciles à démonter – et nous nous y mîmes tous -, les écrits de M. Dijbo par contre étaient plus difficiles, illisibles, ésotériques en un mot – pour moi en tout cas, car je ne suis pas philosophe -. Du reste, il n’y avait entre nous aucun philosophe à ma souvenance.

Hervé Touorizou SOME s’efforçait tout de même, et de belle façon, de rendre sa monnaie à M. Djibo. Mais à vrai dire, il n’y avait personne pour parler sa langue maternelle à M. Dijbo.  Personne, jusqu’à l’arrivée bien sûr de C. DABIRE sur la scène.

Au style impénétrable de M. Djibo, il opposa un autre style plus simple, plus claire et plus concis. Une réflexion propre à lui, qui ne s’embarrassait même pas de citer les pères de la philosophie pour se justifier.  Merveilleux ! Simplement merveilleux !

L’on comprendra donc mon trouble vis-à-vis de la réflexion mentionnée ci-haut : tout avait changé – à mon avis en tout cas -, jusque dans le style. Pourquoi ? Que s’était-il passé entre temps ? Comment le philosophe réfléchi qu’il se révéla être jusque-là pouvait-il se révéler de nouveau maintenant, comme un fervent zélote ? Peut-être avait-il jugé bon de faire dans l’excès pour faire passer un message spécifique ? Assurément cet article avait une fin autre que de vénérer Zida !

Peut-être qu’entre temps, pendant que nous étions retournés à nos moutons, nous avions manqué quelque chose de d’important, qui justifierait aisément la réflexion. (1)  Je décidai d’attendre pour voir la tournure que prendraient les autres réflexions.

La confirmation

C’est à la publication d’un autre de ses articles que nous nous rendîmes compte qu’il n’y avait pas eu d’erreur. Dans cet article, nous découvrîmes la « zidamania », la « zidafolie » et la « zidaphobie ».

L’auteur y dénonçait un « faux scandale Zida », partant des « révélations » qui «se multiplient, se publient et se succèdent ».(2) Toutes des vaines tentatives d’éclipser le « soleil Zida » (1), qui, nonobstant les accusations de mauvaise gouvernance, restait tout de même intègre, puisque « si l’on réfléchit donc un peu, on ne peut pas tomber dans la facilité qui réduit l’intégrité et le patriotisme à l’absence de corruption (sans que la corruption soit pour autant un critère d’intégrité, on soutient ici que le lien d’exclusion entre intégrité et corruption n’est pas absolu et automatique) » (2). Pour preuve, les cas de Zuma, Lula et Dilma tous impliqués dans des scandales financiers mais dont l’intégrité n’est plus à démonter.

Cependant, il concédait que « La seule chose que l’intégrité exclut catégoriquement, c’est de tuer (l’homme intègre ne s’attaque pas à l’intégrité de l’autre pour la nier, mais se dévoue pour le respect et la dignité de tout homme). C’est pourquoi aucun dictateur ni aucun assassin ne peut être dit intègre… » (2).

C’est alors que je me décidai de lui apporter la contradiction. D’entrée de jeu, je m’engouffrais dans les trous béants de son argumentation. Si donc, C. DABIRE voulait bien nous concéder – parce que, il faut le noter, il se complait à redéfinir les mots du dictionnaire sans pour autant être de l’académie française, et nous le montrerons dans un instant – que l’intégrité exclut de tuer, alors il devrait bien concéder que Zida n’était pas intègre parce que « En tant que numéro 2 du RSP, Zida a beaucoup de choses dont il doit répondre devant le peuple du Burkina ! Blaise Compaoré n’a pas pu être directement responsable des tactiques utilisées par le RSP pour tuer la révolution ! Si sur le terrain les officiers subalternes étaient directement responsables, au centre de commande, ce fut bien des officiers supérieurs qui décidèrent des tactiques de « guerre » ! Zida donc ne peut s’absoudre de l’ordre donné de tirer à balles réelles sur des manifestants non armés pour protéger la fuite des pontes du régime ! » (3).

Dans le reste de mon propos, je m’évertuai à démontrer le lien direct entre Zida et le système corrompu que la révolution avait rejeté. En particulier, à propos de la corruption, je m’exclamai en ces termes : « Nous avons tous été témoins de la déclaration des biens de Zida (3). Villa à Ouaga 2000 estimée à combien de centaines de millions ? 350 millions ! Un champ d’une valeur de 100 millions, une ferme de 100 millions, 2 villas, 110 millions, 30 millions d’économie en banque, etc… Combien de têtes de bovins ? Que l’on me dise, comment un officier de l’armée burkinabè, payé au salaire que nous pensons a pu accumuler une telle fortune ? Plus de 600 millions de CFA !

Que l’on nous montre les preuves du grossissement progressif ou non de cette fortune ! Que l’on nous montre les contributions fiscales qui justifient de cette fortune !» (3), car après tout, ne sommes-nous pas en droit de penser que « qui a bu boira » ?

C’est dans une diatribe (4) qui ne convainc pas sur la justice, que C. DABIRE fit sa critique de notre réflexion. Nous y retrouvâmes aussi, la même ligne de logique que, quelques mois au paravent, un de nos commentateur (*) avait tenue. C. DABIRE y soutenait, parlant des « intégristes » : « Leur vocabulaire seul les trahit qui en dit long en un seul mot : ceux qui, comme moi, essayent de défendre résolument le défendable dans l’indéfendable moral sont accusés par nos intégristes moraux de… »sanctifier » tel ou tel, c’est-à-dire celui ou ceux que leur vertu religieuse ou religion de la vertu ne tolérerait jamais dans leur propre…sanctuaire privé (que nul n’y pénètre s’il n’est saint) !». (4)

En rappel, j’avais conclu ma réflexion précédente en disant que, « A y voir clair, Zida ne peut être vu comme un saint, peu importe l’angle ! Il s’acoquine d’abord avec le régime Compaoré pour amasser une fortune immense. Il organise un putsch, le soir même où le peuple se libère du joug de la dictature et se bombarde président du Faso ! Lorsque sous la pression nationale et internationale il doit renoncer à ce poste, ce n’est que pour faire désigner son candidat au poste !» (3). Et C. DABIRE de poursuivre donc, « Comment un tel vocabulaire religieux pourrait passer anodin s’il n’appartenait à et ne provenait d’individus qui s’y connaissent en religion et en sainteté (celles de la déesse Vertu), suffisamment pour en écarter et exclure des humains ordinaires en faute ?!» (4)

Je conclus que l’auteur devrait avoir un certain talent à écrire des inepties. Toute cette argutie pour un choix de mot que je reconnaîtrais volontiers comme inapproprié, infortuné : « saint », comme dans « A y voir clair, Zida ne peut être vu comme un saint, peu importe l’angle ! ». D’en arriver à la conclusion que je serais un « intégriste moral » me paraissait un peu tiré par les cheveux, mais enfin, ce n’était point la première fois, puisque déjà dans (2), nous fumes tous témoins la tentative de redéfinir les mots du dictionnaire. Le mot « intègre », si l’argumentaire de l’autre nous avait fait douter un temps soit peu, se définie dans le dictionnaire que j’utilise, comme « d’une probité absolue » ! Voilà qui met une fin nette au débat stérile de « on peut être intègre et corrompu », en d’autre terme pour faire simple, « on peut être d’une honnêteté absolue et corrompu » ! Un non-sens n’est-ce pas ?

L’annulation du mandat d’arrêt contre G. Soro sera vécue comme une tentative de plus d’éclipser totalement le « soleil Zida » de notre vue. La « riposte » est presque épidermique « Cette affaire de mandat d’arrêt contre le PAN ivoirien suite au putsch de Diendéré n’est pas d’abord politique, diplomatique ni juridique avec un peu ou pas de judiciaire, elle est au contraire d’abord judiciaire. » (5) et l’auteur de nous citer le cas de Lockerbie.

Mais en fait, quelle est la relevance de Lockerbie dans le cas du Burkina-Faso ? Si l’auteur cherchait vraiment à nous montrer par l’exemple des cas similaires, il n’aurait pas pu manquer le cas des attentats du 11 Septembre à New-York. En effet, les enquêtes ont révélé très rapidement la piste des saoudiens. Pourtant, des membres de la famille Ben Laden ont été autorisés de quitter les USA, et ensuite, ce n’est pas en Arabie Saoudite que Bush est allé guerroyer, c’était plutôt en Irak et en Afghanistan !

Le cas des attentats du 11 Septembre nous paraît plus pertinent à cause de l’importance économique (pétrole) et géopolitique (Iran ) de l’Arabie Saoudite pour les USA, tandis que la Libye ne représentait rien de cela.

Pour l’auteur, rien ne pourrait justifier le retrait du mandat, pas même le fait que 4 millions de nos compatriotes y vivent : « Il n’y a donc aucun rapport entre le grand nombre de Burkinabè qui vivent en Côte d’Ivoire et une affaire judiciaire de mandat d’arrêt justifié ou non ».

Il se montre confient quant au sort qui pourrait être réservé à nos compatriotes si les choses prenaient une mauvaise tournure « Au contraire, évoquer inlassablement nos concitoyens et cette affaire liée au putsch de Diendéré, revient à insinuer que les Ivoiriens (autorités et simples citoyens) pourraient user de représailles contre d’innocents Burkinabè qui n’ont absolument rien à voir avec un mandat lancé par une Transition avec laquelle ils n’étaient peut-être même pas d’accord. Comme si le traumatisme de la crise ivoirienne de l’ivoirité, dans laquelle beaucoup de Burkinabè sont morts d’être seulement burkinabè et pas agresseurs ni combattants, obsédait encore nos autorités du Burkina. Mais dans ce cas c’est la confiance en l’ami et frère Ivoirien qui en prend sacrément un coup !». (5)

Pour lui apporter la contradiction, je développai une argumentation entièrement basée sur l’intérêt économique (6). Je commençai par émettre des doutes sur la possibilité de poursuivre une personne pour avoir discuté de stratégie : « Nous entendons deux interlocuteurs qui discutent stratégie ».

J’énumérai ensuite ce que la Cote d’Ivoire représentait économiquement – les anglophones parlent ici de « national interest », qui se traduit littéralement par « l’intérêt national », c’est à dire la raison d’Etat – pour notre pays : « Plus de 20% de nos importations », « Plus de 4 millions de nos compatriotes y vivent », « plus de 50% des ménages ayant des transferts de fonds bénéficie d’un transfert provenant de la Côte-d’Ivoire », une « monnaie commune ». En somme, « Nos intérêts passent par ceux de la Côte-d’Ivoire !»

Autant d’argument pour recommander une certaine prudence. Je ne manquai point de dénoncer le comportement peu recommandable de celui qui se devait en premier lieu de défendre les intérêts du Burkina dans cette affaire, Zida !

Conclusion

Ainsi cerné de tous les côtés par une argumentation solides et méthodiques, et dans laquelle il a du mal à trouver une faille, quel autre argument C. DABIRE allait-il nous sortir pour continuer de vénérer son « soleil Zida » ? Allait-il simplement faire son « mea culpa » et retrouver enfin la sérénité, plutôt que de passer le temps à s’offusquer que des citoyens et les syndicats demandent qu’un audit soit fait de la transition ?

C’est dans sa « réponse » (7) que nous découvrîmes ces nouveaux arguments sur lesquels nous reviendrons dans les deuxièmes, troisième et quatrième partie de notre réponse.

Koudraogo Ouedraogo

Blog : http://burkinnafache2015.wordpress.com

Membre, Faso 2020 : http://faso2020.org

(*) le pseudonyme ‘SOME’ commentait :

« .. Personne n’a posé zida comme un saint (si ca existe) ; personne n’a dit que zida n’a pas détourné, etc. Nous fustigeons cette ingratitude sélective qui nous fait fermer les yeux sur certains pour les ouvrir très grands avec d’autres pour des faits certes délictueux, mais véniels.

.. Tu veux te poser en donneur de leçons, en sage, en connaisseur de la chose patriotique, etc. mais tu te révèles un piètre, un pauvre qui prétend penser et veut péter plus haut que son derrière. Ton écrit et ta démarche sans queue ni tête sont tellement biaisés que tu n’atteins même pas la cheville de l’écrit de Christophe dabire que tu tentes d’émuler et qui t’as tant énervé pour te décider à écrire. Je n’entre même pas dans les idées que tu tentes vainement d’avancer. ».

Références

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :