21 ans après La Baule : Partie 2: Comment ils ont réussi

21 années après La Baule. je vous propose cet article en 4 parties afin de constater l’état des lieux, analyser les raisons du succès des uns et de l’échec des autres et finalement réfléchir sur les perspectives d’avenir :

  1. 21 ans après La Baule : Partie 1: Etat des lieux
  2. 21 ans après La Baule : Partie 2: Comment ils ont réussi
  3. 21 ans après La Baule : Partie 3: Comment ils ont échoué
  4. 21 ans après La Baule : Partie 4: vers un renforcement de la démocratie

Dans la première partie de cet article, je me suis efforcé de dresser un état des lieux 21 annnees après La Baule. J’ai terminé l’article en exposant la vue du monde extérieur sur nos états en matière de développent démocratique. Cette vue se résume à l’indice de démocratie publie par  « The Economist » toute les 2 annees, et dont je reproduis le classement de 2010 pour ce qui concerne les Etats francophones présents à La Baule.

Pour ce deuxième article sur le sujet, je voudrais propose ma propre analyse des raisons des succès et des échecs démocratiques en Afrique francophone. Je propose d’omettre volontairement les régimes hybrides : Le Sénégal et le Rwanda. Le Sénégal est l’une des plus vieille ‘démocratie’ du monde francophone africain. Malgré les difficultés que connaît ce pays sur le plan démocratique en ce moment, il ne fait nul doute que la classe politique joue son rôle effectif en apportant la contradiction au pouvoir. Nous pouvons donc espérer que, dans le cas du Sénégal, le pays ne pourra que aller de l’avant dans la culture démocratique lorsque les perversions de son système auront été corrigés dans les textes constitutifs. Pour ce qui est du Rwanda, je pense que du fais encore récent du génocide, des circonstances atténuantes peuvent être consenties à ce pays.

Je propose donc d’analyser d’une part  les raisons du succès dans les démocraties imparfaites, et d’autre les raisons de l’échec dans les pays classés dans la catégorie des « régimes autoritaires ». Pour ces derniers, étant donné qu’ils sont le plus grand nombre, je propose une étude de cas sur le Burkina Faso. Le Burkina Faso, parce que je connais bien ce pays, mais aussi parce que son expérience est comparable à celui de beaucoup d’autre pays dans la même catégorie.

Les démocraties imparfaites:

Le Bénin et le Mali sont les seuls pays d’Afrique francophone dans cette catégorie. Ces pays ont non seulement réussi le multipartisme, mais aussi et surtout l’alternance démocratique. Pour essayer de comprendre pourquoi eux et pas les autres, ma recherche s’est d’abord porte sur les faits qualitatifs : taux d’alphabétisation, PIB, etc … Très vite, il a été apparent qu’il ne serait pas possible , sur la base de ces critères de justifier le succès ou l’échec des uns et des autres.

Par exemple le taux d’alphabétisation du Bénin , 34,7 % est inférieure a celui du Togo , 60,9% !  Le Togo, qui a un taux nettement supérieur à celui du Mali qui est de 46,4%  selon Index Mundi.

Quant au Revenu national Brut  (en US $) : Bénin : 750   Mali: 680   Togo :440.  Il n’y a pas grande différence entre ces 3 pays.

Ainsi donc, vu que les statistiques quantitatives et qualitative ne permette pas d’expliquer ni le succès , ni l’échec des uns et des autres , nous sommes amené à faire référence aux critères sociaux, afin de tenter de trouver une explication possible. Ceci donc est mon analyse, et je suis sur quelle comporte des failles donc nous pourrons discuter.

L’expérience de la dictature.

Le Bénin a connu sa dictature sous nul autre que Mathieu Kérékou. Ce militaire de formation a dirigé son pays d’un main de fer depuis  les années 1972, jusque dans les années 1990 . Le marxisme-leninisme y a été érigé en doctrine de gouvernance:  Un parti unique, une constitution qui consacre la suprématie de l’Etat tout en brimant les libertés individuelles, une économie entièrement à la charge de l’Etat ! Lorsque à la faveur de la crise économique et bancaire qui secoue le pays, les mouvements de protestation paraissent finalement au grand jour, le régime de Kérékou réagi ferment en durcissant la  répression, avant de finalement accepter le principe d’une conférence nationale.

Au Mali, Moussa Traoré sévit depuis les années 1968. Lorsque en 1991, alors que le Mali subissait de plein fouet les effets des ajustements structurels (PAS) des voix s’élèvent pour réclamer plus d’ouverture et de meilleures conditions, la répression est sanglante. Face au refus de dialoguer de Moussa Traoré, et ayant considération des innocents dont les corps continuaient de s’amasser à la morgue de Bamako, des officiers de l’armée interviennent pour mettre fin au règne de celui que la rumeur avait surnommé « Balla ».

Ces expériences douloureuses ont elles permis à ces deux nations d’être sans doute plus envieuse de leur liberté que d’autre ? N’est ce pas bien la dictature des monarques de France qui donna lieu à la révolution française ?

La remise des compteurs a Zéro.

Après l’ère des dictatures vint aussi bien pour le Bénin que pour le Mali, la période de transition. Cette période très importante pour ces deux pays. En effet, dans chacun de ces pays, une conférence nationale fut organisée. Elle avait pour but entre autre de réconcilier les bourreaux avec les victimes, et aussi d’élaborer une nouvelle constitution. L’on peut s’imaginer qu’après d’aussi longe période de dictature, les idées ne pouvait pas manquer quant à savoir ce qu’il fallait mettre dans la constitution afin d’évider à l’avenir une autre dictature. Des leçons ont certainement été apprises; et cela est très important. Un peuple qui n’a pas la faculté d’apprendre des leçons de son passé est voué à un perpétuel recommencement !

Je ne voudrais pas non plus ignorer l’importance de la ‘confession’ des ‘bourreaux’, et l’absolution reçue des victimes. Très souvent, on entend parler de pardon. Il ne faut pas ignorer que pour pardonner, il faut d’abord qu’il y ait reconnaissance des fautes, des tords. Il n’est pas possible de pardonner à celui qui n’a pas reconnu son tord ! Du moins, le pardon dans ce cas est nul et non avenu, puisque faute il n’y a pas ! Les conférences nationales ont bien joué ce rôle, en permettant d’abord les confessions, puis en amnistiant après.

Deux grands hommes d’Etat.

Si Kérékou a humblement reconnu sa défaite, Amadou Toumani Touré lui ne s’est même pas présenté aux élections. En acceptant de s’éclipser tout les deux, ils ont immédiatement montré , des le début du processus que l’alternance était possible. Ceci est un facteur dont on ne peut mesurer l’immensité de la portée. d’entrée de jeu, la confiance est établi et la population sait qu’elle a vraiment le pouvoir de décider. Cela se ressent aujourd’hui encore aussi bien au Bénin qu’au Mali par l’engouement des populations à l’approche des élections:  Une « élection est une fête » , en tout cas pour les béninois !

Pour ma part, l’attitude aussi bien de Kérékou que de Amadou Toumani Touré a permis à leur pays respectif de partir du bon pied. Il ont transmis un message puissant a leur successeur quant à la protection de la démocratie. En revenant ensuite au pouvoir, ils ont permis a la classe politique de prendre du recul afin de mûrir en maturité.

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