Pensées autour de la polémique de l’I.U.T.S.

1/ Il est indéniable que le Burkina doit élargir son assiette fiscale, s’il veut atteindre une autosuffisance budgétaire qui le rendrait maître de son propre destin. Cette imposition des indemnités est un aveu de l’échec des politiques passées : taxes sur les parcelles et propriétés, taxe sur la bière, etc.

2/ Disons qu’il était temps ! Le Faso a hérité d’un système archaïque de calcul des salaires : brut, indemnités, etc. Peut-on vraiment aujourd’hui justifier une indemnité de sujétion ? Existe-t-il un métier qui n’a pas ses propres risques ? Le porteur à l’hôpital travaille certes dans un environnement où existent virus et bactéries en permanence ! Mais est-il plus en danger que l’informaticien qui ne soupçonne même pas que le clavier en face de lui, a plus de microbes au millimètre carré qu’une salle d’hôpital ?

Dans beaucoup de pays de nos jours, ce système est simplifié pour se débarrasser des indemnités. La réflexion sur le sujet doit être menée sur le sujet au Faso. Il en va de même pour les différentes catégories d’emplois. En existent-ils, qui sont plus importants que les autres ? Peut-on être douanier ou collecteur d’impôts sans avoir été enseigné ? Peut-on continuer d’enseigner sans être maintenu en bonne santé par l’infirmier et sans recevoir son salaire ?

Peut-être, la question n’est pas celle de l’imposition des indemnités, mais plutôt celle de l’existence même des indemnités !

Et puis pourquoi s’arrêter aux indemnités ? Les travailleurs ont beaucoup d’autres bénéfices imposables et imposés dans d’autres pays : voitures de service, maison, parking, bon d’essence, etc. L’agent du ministère arrive le matin et parque son engin ‘gratuitement’, c’est- à-dire aux frais du contribuable, tandis que moi, lorsque j’y arrive pour affaire me concernant, je dois laisser des espèces sonnantes et trébuchantes au parking ! Qui voudra d’une voiture de service si sa valeur est considérée comme un bénéfice en nature et imposée au bénéficiaire ?

3/ Personne n’aime perdre un acquis ! Mais dans le cas, les syndicats perdent-ils vraiment ? L’imposition des indemnités ne peut-elle pas être largement compensée par d’autres acquis comme la prise en charge des enfants de moins de 5 ans ? Des femmes enceintes ? Des personnes indigentes et de bien d’autres aspects du PNDES ? Que dire de l’effort de guerre que nous devons consentir pour lutter contre le terrorisme ?

Pour la première dans son histoire, un gouvernement burkinabè a des objectifs clairs et se donne les moyens d’atteindre ses objectifs. Il serait dommage que les syndicats se mettent en travers de la route de ceux que les burkinabè ont mis à la place où ils sont.

4/ Les chiffres ! Les mesures ! Un pays qui ne mesure rien, ne réalisera rien ! Le Faso manque cruellement de chiffres, de statistiques, à tel point qu’on nous offre ce spectacle ridicule de nous monter des denrées alimentaires pour nous dire l’inflation que leurs prix ont subie au cours des années. Amusant certes, mais lamentable tout de même ! Tout est mesurable et nous devrions investir beaucoup pour tout mesurer ! C’est n’est que, éclairé par des statistiques fiables que l’on peut faire des décisions judicieuses. Sans contredire M. Bassolma Bazié, l’inflation que subit un prix d’achat n’est pas une mesure de la détérioration du pouvoir d’achat ! Par exemple, si les salaires ont augmenté proportionnellement, alors le pouvoir d’achat reste le même. Sans statistiques fiables sur lesquelles le gouvernement et les syndicats peuvent s’entendre pour discuter, nous assisterons simplement à un dialogue de sourds.

Ces mêmes chiffres sont ceux qui devraient guider toute proposition d’alternative faite par les syndicats. Combien de milliards le gouvernement projette-t-il de récolter par cette imposition ? Les syndicats ont-ils des propositions alternes qui couvrent la note ? Il ne suffit pas de pointer du doigt 500 millions-ci, 200 millions-là. Pour offrir une vraie alternative, les propositions doivent au moins couvrir les projections faites.

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