Yacouba Isaac Zida : cet ex-officier fait de téflon !

Puisqu’en cette période pré-électorale, beaucoup de gens s’activent déjà pour nous faire croire que M. Zida a encore des services à rendre à notre peuple, et, le temps me pressant, je vous propose en quelques brefs points, ma lecture de l’interview (1) que Mr. Yacouba Isaac Zida a accordé au journal « Le Pays ». Vous m’excuserez d’avance pour la forme inhabituelle.

 

 

Abordant le sujet de l’insurrection, M. Zida retient qu’il a dû agir pour circonscrire les dégâts au sein des populations. Il nous parle aussi de son rôle pendant la transition, en signalant qu’il a accepté d’accompagner le processus avec la bénédiction de tous.

 

1) L’insurrection, la révolution, comme j’aime la designer, n’a jamais été à propos de M. Zida ! Curieusement, c’est de lui-même, sinon seul, dont il se rappelle. De quoi se demander si M. Zida sait vraiment qui il est, lui qui est arrivé dans cette révolution comme un cheveu dans une soupe.

2) De quelles populations Zida parle-t-il ? Si tant il est vrai que l’insurrection est un mouvement populaire, alors lequel peuple fait subir des dégâts à quel autre peuple ? De penser que le peuple était contre lui-même le 31 octobre 2014, c’est simplement passer à côté de la plaque ! Le peuple, dans sa colère a brûlé ce que le peuple a construit. Vive le peuple ! Ni l’A.N., ni Kosyam, aucun édifice ne vaut la vie d’un citoyen !

3) Les « Zida, dégage ! » résonnent encore dans mes oreilles alors que j’écris ces lignes. J’ai souvenance, ce n’était certainement pas le peuple qui suppliait M. Zida de l’accompagner !  Il faut faire attention aux tendances révisionnistes de l’histoire de notre peuple, surtout quand cette histoire est si récente.

 

S’agissant de la décision la plus difficile, c’est la dissolution du RSP qui retient son attention.

 

1) Quelle grosse déception pour tous ceux qui nous crient les louanges de Zida et qui nous disent à quel point par son engagement révolutionnaire il a sauvé notre insurrection ! Personnellement, je m’attendais à quelque chose dans le genre Thomas Sankara le 15 octobre 1987, lorsque la réaction est venue pour mettre fin à la révolution. Sans aucune hésitation, il a sorti son arme pour défendre la révolution, sa révolution, parce que, « la patrie ou la mort, nous vaincrons ! ». Je m’attendais à un psychodrame de Zida devant le RSP : défendre la révolution des 30/31 octobre 2014 ou pas ? Telle était la question ce 16 septembre 2015. Elle l’était pour le peuple en tout cas, pas pour Zida !

2) Pourquoi n’en suis-je pas étonné ? Pour comprendre, je suggère une de mes réflexions en son temps : « Vers une transition avec des larbins » (2). Lorsque l’heure arriva de défendre la révolution des 30/31, ces larbins dont je parlais, qui avaient fait des pieds et des mains pour se mettre au-devant de la scène à la Primature, dans les ministères et à l’Assemblée, ces larbins disais-je sont resté tétanisés devant le C.N.D.

3) On ne coupe pas la branche sur laquelle on est assis ! C’est ici la vraie question de bon sens ! La réponse de Zida nous édifie aussi quant aux intérêts qu’il avait à cœur. Après tout, combien d’officiers de l’armée ont un patrimoine de plus de 800 millions ?

 

 

S’exprimant sur le plan sécuritaire, l’ancien Premier ministre sous la transition avoue regretter l’époque Compaoré, une époque où selon lui, Blaise Compaoré protégeait les Burkinabè de l’intérieur comme de l’extérieur.

1) Dabo Boukary, Lingani, Clément Ouédraogo, David Ouédraogo, Norbert Zongo, Nébié, pour ne citer qu’eux ! N’étaient-ils pas des citoyens burkinabè ?

2) Mr Zida oublie l’attentat du 15 Janvier 2016 ! Si cet attentat a été perpétré pendant la présidence de RMCK, il n’y a pas de doute que c’est pendant que Mr Zida gaspillait les ressources du contribuable burkinabé pour une vendetta personnelle contre G. Soro, que la germination, l’initiation, la préparation et la planification de ce projet macabre se sont faites : devant les yeux et sous la barbe de M. Zida !

3) Un des catalyseurs du terrorisme en Afrique de l’Ouest, est la prolifération des armes de guerre. Qui est responsable cette prolifération des armes de guerre dans la sous-région ouest-africaine ? Au Libéria ? En Sierra-Léone ? Au nord du Mali ? En Côte d’Ivoire ? Qui était indexé par les rapports de l’ONU pour les trafics d’armes ? Qui, M. Zida , qui ?

4) Enfin, se basant sur la mauvaise performance de RMCK et de son équipe dans les sondages, Zida conclut qu’il ne s’agit que d’une simple question de bon sens que de regretter l’époque Compaoré. Une interprétation plutôt binaire de la chose statistique : puisqu’on n’est pas satisfait de RMCK, alors on regrette Blaise Compaoré. Il n’y a pas plus fausse interprétation ! Il en existe, j’en suis certain, comme Zida, qui regrette leurs oignons d’Égypte. Pour nous le peuple, qui n’avons jamais eu ces oignons, nous ne sommes pas du tout près de les regretter, parce que nul ne peut regretter ce qu’il n’a jamais eu.

 

Concernant le dossier de l’insurrection, M. Zida trouve qu’il faut ou bien prononcer une amnistie générale ou alors, poursuivre les vrais coupables qu’il désigne comme « les auteurs du projet de modification de l’article 37 de la Constitution d’une part et d’autre part, ceux qui ont décidé, lors d’un bureau politique national, de monter à l’assaut des Forces de défense et de sécurité et d’incendier l’Assemblée nationale ».

 

1) Projeter de modifier la constitution en son article 37 n’était pas un crime.

2) Demander au peuple d’assister à une plénière de l’A.N. n’est pas un crime non plus.

Jusque-là aucune faute, d’aucun côté ! Les enfreintes à la loi commencent à partir du moment où :

3) On décide d’empêcher les citoyens d’accéder à leur propre assemblée, un droit que la loi du pays garantit.

4) On met des militaires dans les rues pour maintenir l’ordre. Ce n’est pas le rôle de l’armée.

5) On décide d’appliquer le « shoot to kill », autrement dit, tirer non seulement à balle réelle, mais aussi et surtout avec l’intention de tuer et non de handicaper ou désarmer !

6) Les institutions de la République sont empêchées de fonctionner, parce que dissoute par un coup d’État. Le Faso ne s’arrête pas au Président du Faso ! La démission de celui-ci ne saurait justifier qu’un officier de l’armée se bombarde Président du Faso. Ce n’est pas un poste pour un militaire, cela ne l’a jamais été et ne le sera jamais. En Bolivie, E. Morales a rendu sa démission et est allé en exile. Aucun officier ne s’est encore bombardé Président de la République.  Pourtant, l’armée bolivienne a 14 coups à son actif !

7) Le fruit ne tombant pas loin de l’arbre, cet argumentaire, nous l’avons déjà entendu pendant le procès du putsch, où des avocats se sont perdu en essayant de nous démontrer qu’il n’y avait pas coup d’autant que la transition elle-même était un coup ! Un argument qui ignore la souveraineté du peuple ! C’est le peuple qui confie la gestion du pouvoir à des individus, et donc le peuple peut reprendre son pouvoir à tout moment ! Le peuple est souverain.

 

En guise de conclusion, M. Zida affirme sa disponibilité à servir son pays qu’il aime, mais à condition que cesse « cet acharnement inutile ».

 

1)  Amusant ! Quelles expertises Zida possède-t-il, et qui ne sont pas à la disposition du Président du Faso déjà ! RMCK a nettement plus d’expérience en politique, et en tant que Président du Faso, dispose de l’expertise militaire d’une armée forte de 14 000 hommes, de l’expertise de l’Agence Nationale de Renseignement, et des appuis financiers et militaires de nos partenaires, sans parler d’un réservoir de talents de 16 millions (moins 1).  Zida sait-il vraiment qui il est ?

2) Piètre façon, n’est-ce pas, d’aimer et de servir son pays en le saignant de ses maigres ressources pour aller le dépenser au profit d’un pays tiers ! Il faut remonter aux Paul Biya et d’autres despotes africains du même acabit pour observer ce niveau de vassalité ! Même Kwassi Kwamé est resté en C.I à côté ! Voyez-vous, pour faire de la révolution, il faut d’abord se libérer de son esclavage mental ! Apparemment, ce n’est pas demain la veille avec YIZ qui regrette l’époque de son maître Compaoré !

 

 

 

Conclusion :

Rien ne colle à YIZ ! Aucune critique, aucune faute, aucun crime : trafic d’influence, corruption, incompétence, arrivisme, haute trahison, assassinat, coup et blessure ? Certains ont fait pire nous dit-on. Dans le dossier de l’insurrection, le CDP est coupable, l’opposition burkinabé est coupable, le peuple du Faso dans son ensemble est coupable, tous, sauf le petit officier du RSP, Téflon Yacouba Isaac Zida, qui ne fît que son devoir ! Oui, YIZ est fait de téflon, comme ces poêles sur lesquelles aucune friture ne colle. Il le croit, ses supporters le croient, c’est donc « YES à Téflon YIZ » en 2020, puisque nous regrettons tant l’époque Compaoré, et, à défaut d’avoir Kwassi lui-même, c’est de ses anges dont nous nous contenterons. Cependant, l’impunité étant une des causes de la révolution des 30/31 octobre 2014, l’on est en droit de se demander si le Faso a besoin de politiciens fait de téflon qui n’assument rien et ne sont responsables de rien, et qui se cachent derrière leurs crimes derrière des amnisties générales à la manière de B. Compaoré lui-même.

 

 

 

 

 

 

Koudraogo Ouedraogo

Blog: https://burkinafache2015.wordpress.com

 

 

 

 

Références :

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