Dévaluation du CFA: les pros et cons.

La rumeur ces derniers jours se fait persistante sur la dévaluation du franc CFA. Vous avez sans doute lu des articles ou même reçu des mails sur le sujet.

Cela fait longtemps que j’avais envi d’écrire un article sur le sujet, mais l’occasion ne s’était jamais présentée.

La zone CFA est une très vaste zone. En effet ce sont près de 16 pays au total qui utilise la même monnaie même si le CFA de la BEAC n’est pas interchangeable avec celui de la BCEAO. Le mécanisme du CFA est assez simple pour le profane. La France, ancienne puissance coloniale garantie la convertibilité de la monnaie et les banques centrales de la zone s’engagent à déposer un certain pourcentage de leurs avoirs auprès du trésor français.

La question de la dévaluation du franc CFA a été mainte fois posée avant maintenant.

Les contres

 Du point de vu d’un pays entièrement dépendant des importations comme le Burkina Faso, la dévaluation du CFA , si elle est effective, sera une catastrophe. En effet, il faudra beaucoup plus de CFA pour s’offrir exactement le même bien. L’on se rappelle la dernière dévaluation et l’effet que cela a eu sur les prix du riz, des motos, du fer à béton, etc ..

Même pour les produits locaux, il y a  des changements de prix assez drastiques parce que certains maillons de la chaîne de productions sont importés.

En claire donc, pour les pays dont la balance commerciale est déficitaire, une monnaie faible est loin d’être une bénédiction !

Avec le spectre de la famine qui s’annonce du fait de la pluviométrie déficiente, le contexte mondial caractérisé par une hausse générale des prix des denrées alimentaires, une dévaluation pourrait avoir des conséquences désastreuses pour les pays les plus pauvres de la zone franc.

Les pour

Contrairement à ce que l’on peut penser, la monnaie ne sert pas seulement à acheter ! Elle sert aussi à vendre .  Dans la zone franc, si les pays pauvres comme le Burkina Faso, ne produisent presque rien et se contente juste d’acheter, des pays suffisamment riche comme la Cote d’Ivoire par exemple produisent et ont besoin d’écouler leur production.

En exemple, le café et le cacao ivoirien n’est plus très compétitifs sur le marché international parce que le franc CFA est suffisamment cher. Une solution très souvent utiliser dans un tel cas, c’est de dévaluer sa monnaie. L’on peut se rappeler le cas de la Lire italienne . La monnaie peut être un atout dans ce cas.

Nous savons tous que la croissance de la zone franc est très insuffisante. Une dévaluation du CFA devrait en principe rendre notre production locale beaucoup moins cher aux acheteurs étrangers, et ainsi nous redonner un peu plus de compétitivité. Nos économie consomme plus qu’elle ne produisent, et il faut impérativement inverser cette tendance si nous devons tirer notre épingle du jeu. Un dévaluation pourrait encourager la consommation des productions locales.  Consommons UEMOA !

Aller plus loin

On en peut pas parler du CFA sans évoquer la question de la parité fixe . A qui profite elle ? Est elle nécessaire ? Il est indéniable que la parité fixe permet un meilleur contrôle de l’inflation dans la zone franc. Mais il existe bien d’autre moyen de contrôle de l’inflation . Alors que gagnons nous d’autre en fixant la parité de notre monnaie ?

Il n’est pourtant pas difficile de citer ce que nous perdons : Par exemples, en ne disposant pas a notre bon vouloir de presque 60% des avoirs de nos banques centrales, nous perdons potentiellement des sommes colossales. Nous avons aussi vu la cherté relative de notre monnaie rendait notre production non-competititve sur le marché international. Il serait souhaitable que nous puissions utiliser le taux d’échange de notre monnaie pour attirer les acheteurs. Corollaire de cette situation, notre industrialisation est très en retard, parce que avec un CFA fort, nous pouvons nous offrir des biens fabriqués ailleurs.

Ces dernier mois, nous avons suivi avec combien de peine les pays des la zone euro essaye de maintenir la monnaie commune. En effet, beaucoup d’économistes prédisent la fin de l’euro, ou alors une intégration beaucoup plus accrue des politiques financières des états membres de la zone. La zone CFA, en plus de 50 ans d’exercice n’a jamais connu de tel problème ! Cela nous le devons au fait que nos économies sont si embryonnaires qu’elles ne sont pas impliqués dans les marcher financiers mondiaux.  Les problèmes de l’Euro devrait nous servir de leçons: sans intégration fiscale , l’intégration monétaire peut se révéler un challenge !

Conclusion

Tout ne sera pas rose pour tous le monde si le CFA venait à être dévaluée. A long terme cependant, une relance de la croissance dans la zone franc devrait compenser les effets néfastes de la dévaluation. Il convient cependant de se poser les vraies questions à mon avis et de prendre les décisions qui s’imposent des maintenant, même si elles sont douloureuses. Je pense qu’il est grand temps de se défaire de la parité fixe de notre monnaie commune pour la laisser fluctuer sur le marché. Un pays comme le Ghana a lui seul est en mesure de le faire avec sa monnaie et ne s’en porte pas si mal ! Les pays de la BEAC et de la BCEAO devrait pouvoir le faire eux aussi. La monnaie est un instrument, il est grand temps que nous nous en servions pour nous développer plutôt que pour maintenir notre dépendance vis à vis de notre ancienne colonisatrice !

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