Manifeste d’un non-candidat aux élections : Des institutions.

Moi, Burkina Fâché, non-candidat aux élections couplées de cette année, vous présente à travers ce manifeste, ma vision pour le Burkina-Faso si je suis élu. Je battrai campagne sur ce manifeste, et vous pourrez, en fin de mandat me juger sur les acquis. Vous pourrez alors me reconduire si je me présente, ou essayer quelqu’un d’autre si vous n’êtes pas satisfait des résultats. Ce manifeste n’a pas la prétention de détenir la vérité. Au contraire, il a la prétention d’ouvrir le débat avec vous, mes concitoyens pour qu’ensemble nous arrivions à une solution qui sorte notre pays de son sous-développement.

Aujourd’hui, je me propose de m’entretenir avec vous des institutions de la république.

Bonne lecture.

Introduction

Le passage de notre pays à une vie démocratique, il y a environ une vingtaine d’année, a permis une explosion d’institutions républicaines pour supporter notre jeune démocratie. Nous pouvons citer :

Le CES, le Médiateur du Faso, la deuxième chambre, l’Assemble Nationale, les différents organes de régulation (presse, télécommunication, etc.). En un mot, si les institutions étaient un gage de démocratie, le Burkina – Faso serait une démocratie aguerrie !

Etat des lieux

Un cout trop élevé : Les institutions de notre république nous coutent beaucoup trop cher ! A tous les niveaux du système, cela semble être le pillage organisé des maigres ressources de la nation :

La présidence de la république fonctionne sur un budget des plus opaques. Elle maintient au moins un avion présidentiel, plusieurs palais à travers le pays et une garde présidentielle presque en dehors de notre system de défense nationale.

Au niveau des ministères, on assiste à chaque gouvernement à une explosion des postes ministériels avec leur corollaire en termes de salaires, retraites, liste civile, etc. Il y a une absence absolue de transparence dans le processus de nomination des individus et aussi dans la manière dont les ministères sont créer et supprimer.

L’Assemblée Nationales est sans doute l’institution la plus couteuse de toutes. Elle a elle-même fixé les salaires des députés à un niveau en dehors de toute proportion avec les réalités du pays, elle s’est exemptée de toutes les taxes et impôts que le citoyen lambda paye, elle se vote des bonus de fin d’année pour agrémenter les fêtes et est sur le point de se doter d’un régime spéciale de retraite. L’institution qui devrait défendre la République est celle la même qui tombe la République !

Le Médiateur du Faso, le CES, la cours constitutionnelle et bien d’autres institutions, malgré leur poids sur le budget nationale ont bien du mal à convaincre les citoyens de leur efficacité.

La justice, malgré les traitements (de salaire) en dehors du barème de la fonction publique demeure corrompue ou inefficace aux yeux des burkinabé.  Cela peut s’expliquer par l’impression que beaucoup ont que seul le menu-fretin est inquiété pendant que les gros poissons se la coule douce. De plus des dossiers brulant comme celui de Thomas Sankara ou de Nobert Zongo n’ont pas vraiment avancé en plus d’une décennie d’instruction. Personne ne sait combien ces dossiers coutent au contribuable malgré le peu de résultat observable. Récemment, la préférence donnée à la médiatisation de certains cas fait douter quant à l’équité d’un éventuel procès, les présumés – innocent – ayant d’une façon ou d’une autre été déjà condamnés du fait même de leur livraison à la presse nationale et internationale.

La fonction publique est surtout caractérisée par son incivisme et sa politisation. Corruption, incompétence, absentéisme, démotivation, mesquinerie sont autant de maux que l’on y rencontre. Les médiocres salaires versés aux fonctionnaires contribuent certainement pour beaucoup à ces maux ; mais l’affairisme général des politiques gangrènent le système tout entier.

Réformes

Présidence du Faso :

Le system actuel rend le président peu visible sur le plan intérieur. En effet le system présidentiel permet au premier ministre de gérer le quotidien sur le plan interne tandis que le président se préoccupe de la politique étrangère. A défaut d’aller vers un régime parlementaire ou le président devient purement honorifique, il convient de rajuster le partage des responsabilités pour rendre le président plus actif sur le plan intérieur. Une réflexion doit être menée dans ce sens. Ma préférence est le system parlementaire ; mais il faut avouer que notre démocratie n’est pas encore suffisamment mure pour cela.

Une meilleure transparence dans la gestion de cette institution. La publication des comptes de la présidence permettra aux Burkinabé de savoir exactement combien a été dépensé sur le vin ou le champagne servi à la présidence,  combien sur la coiffure ou les chaussures du PF. C’est le contribuable qui sert la liste civile alors il a le droit de savoir.

Il faut aussi ouvrir la présidence au public afin de permettre au commun des mortels de voir ou vit et travaille l’homme ou la femme élu par eux pour présider au destin du pays.

Au niveau des réformes pour réduire le train de vie, nous suggérons la suppression de l’avion présidentielle en même temps que la réduction drastique des déplacements à l’étranger du chef de l’Etat. Combien de chefs d’Etat recevons-nous au Faso chaque année ? Alors pourquoi est-ce alors nous qui sommes toujours dans les pays des autres ? Si Faso noonma, alors …

La garde présidentielle devrait aussi être supprimée pour être remplacée par les services secrets et la police comme cela se fait ailleurs.

Nous suggérons aussi la vente des résidences présidentielles dans les provinces. Elles ne servent à rien, le chef de l’Etat n’allant pas aussi fréquemment dans les provinces. De plus, nous pensons que le premier des burkinabés devrait supporter l’économie locale lors de ses déplacements en allant loger à l’hôtel.

La Justice :

Une seule réforme essentielle dans ce cadre : Independence !

Comment pouvons-nous arriver à une indépendance de notre justice ? Il conviendrait qu’avec les acteurs de ce secteur, nous identifions ensemble les entraves à l’indépendance et que nous envisagions ensemble comment corriger ses entraves.

Nous créerons aussi des tribunaux spéciaux pour évacuer les vieux dossiers comme celui de SANKARA, Norbert Zongo, etc. Amnistie ne veut pas dire mutisme. Le peuple a le droit de savoir et comprendre ce qui s’est passe. Maintenant que nous ne pouvons même pas sanctionner, nous osons espérer que Blaise Compaoré aura enfin le courage de s’expliquer !

L’Assemblée nationale

Etant de loin l’institution qui coute le plus à l’Etat, elle sera aussi celle que nous reformerons le plus.  Un député est élu pour servir les électeurs de sa circonscription. Ainsi donc, la première reforme consistera à supprimer la liste nationale afin de favoriser le rapprochement entre le député et son électorat.

Pour mieux servir ses électeurs, le député devrait être imprégné des réalités de ses électeurs. Nous trouvons que le niveau de rémunération actuelle de nos députés n’est donc pas réaliste. Il conviendrait donc de ramener les salaires à un niveau pas très loin des salaires des hauts gradés de l’administration publique. Il est difficile de donner une justification valable au niveau actuel de rémunération. La fonction publique qu’exerce le député peut être gérer autrement avec le minimum d’impact pour le contribuable. Les arrangements qui sont actuellement en vigueurs me paraissent très mauvais marché pour le contribuable.

En fait, tout ce qui concerne les avantages et le salaire des députés devrait être soumis à referendum ou à une commission. Ainsi donc, le salaire, le régime fiscal seront décidés par le peuple que ses députés servent puisqu’ils nous ont montré leur incapacité à se gérer eux même. Le problème n’est pas propre au Burkina Faso. On se rappelle le scandale sur les réclamations des députés en Angleterre par exemple. Lorsque l’on décide soi-même de sa rémunération, il faut avoir un esprit fort pour ne pas succomber à la tentation. Les députés du BF nous ont démontré que leur esprit était faible, bien faible, très bien faible ! C’est pourquoi, il faut trouver une autre façon de réguler les affaires qui touchent à l’assemblée elle-même.

Les prêts automobiles seront supprimer et remplacer par le remboursement des frais de transport après présentation du reçu. Ni l’AN, ni l’Etat ne sont des sociétés immobilières ! Ceux qui veulent des prêts peuvent se les procurer suivant les mêmes circuits que tout le monde auprès des institutions financière et de crédit de la place. Cela du reste permettra à nos honorables de comprendre à tel point nos banques ne servent pas notre économie et de suggérer des reformes comme celles dont je parle dans mon manifeste sur l’emploi et l’économie.

Il en va de même pour les per diem pendant les sessions. Le per diem sera réaligné avec ceux de la fonction publique. Tous les hommes ont les mêmes besoins en logement et en nourriture. Le député est l’homme du peuple et par conséquent devra vivre comme la majorité de ce peuple !

Le député aura droit à un bureau dans sa circonscription électorale. L’Etat payera le loyer jusqu’à un certain plafond et le député aura l’obligation d’y consulter au moins 2 fois par semaine. Les salaires du personnel engagé par le bureau du député seront pris en charge par l’Etat : ceci inclus les assistants(es) et les chercheurs qui travaillerons à plein temps ou a temps partiel. Une limite sera impose afin d’éviter des abus du système.

Les ministères :

La constitution devrait définir de façon claire et précise les ministères de la république ! Une bonne dizaine à mon avis. Par exemple aux USA, les départements d’Etat sont connus ! C’est la même chose en Angleterre ou les ministères avec portefeuille (senior minister) sont connus.  Cela permettra une maitrise des dépenses quant aux émoluments des ministres et permettra aussi à l’opposition reconnu d’avoir un porte-parole pour chaque département et ainsi d’enrichir le débat politique de la nation. Cela permettra aussi à l’élite des partis politiques de se fixer des objectifs précis en fonction des ministères qu’ils visent et de développer une certaine expertise du domaine.

Je suggère aussi que tous les ministères ainsi définis par la constitution ne soient attribués que à des élus de l’assemblée nationale et cela pour une certaine responsabilisation des ministres. Avoir un ministre non-élu à mon sens, c’est un peu comme un coup d’Etat ou l’on assume le pouvoir sans vraiment un mandat valide du peuple. Ainsi donc, pour un poste aussi important qu’un ministère de la république, je pense qu’il est nécessaire d’être élu, d’avoir un mandat à soi confié par le peuple ! Ainsi, on sait qu’on a des comptes à rendre au peuple ! En cas de bavures, de scandale ou d’incompétence le ministre peut toujours rendre sa démission pour retourner à l’assemblée. J’ose espérer que cela rendra plus facile les démissions qui sont un fait rare sous nos cieux. De plus, cela mettra fin a l’incompétence notoire que nous observons des ministres nomme de façon népotique.

C’est aussi une question de logique. Les campagnes se battent sur programme. Les élus forcement connaissent le programme, ce qui n’est pas le cas pour un technocrate qui avait d’autres chats à fouetter !

Les technocrates et les experts peuvent aider dans les directions générales et les postes de conseillers.

La Fonction publique

Plus de 8000 fonctionnaires recrutés chaque année depuis des années maintenant. Je ne connais pas le nombre exact de fonctionnaires dans ce pays. Je parie que le ministère lui-même ne le connait pas ! Mais peu importe ! Ce ne sont pas les chiffres absolus qui compte ici mais plutôt la valeur, le rendement que nous les citoyens en tirons. Ces rendements, nous pouvons les mesurés par la longueur des heures d’attente pour une CNIB, une création d’entreprise ou une opération à l’hôpital. Lorsqu’on analyse ces files d’attente, on conclut indéniablement qu’il ya bien trop de fonctionnaires qui sont dans les bureaux à faire nous ne savons quoi ! Continuer à recruter au rythme actuel dans de telles conditions est suicidaire à mon sens. C’est pourquoi je suggère une suspension des recrutements pour au moins une législature. Pendant cette suspension, nos objectifs seront :

– la réallocation des fonctionnaires à des fonctions réelles ou  il y a du pain sur la planche : l’enseignement par exemple manque beaucoup de personnelle tandis que des diplômés sont assis dans des bureaux climatises à Ouaga sans rien faire vraiment d’important !

– la modernisation des moyens de travail. A l’heure du numérique, beaucoup de services peuvent être offerts aux citoyens en ligne sous forme de self-service.

– la hausse des salaires de base à un niveau qui valorise le travail de même que la réorganisation des avancements de sorte à les lier à la performance. Ma préférence est une petite fonction publique bien payé,  motivée et travailleuse plutôt qu’une fonction publique aux effectifs pléthoriques qui passe le temps à se tourner les pouces.

Pour lutter contre la corruption, en plus de la hausse des salaires annoncée ci-haut, je propose de faire comme au Niger : la mise en place d’un numéro vert anti-corruption. La nomination de juge anti-corruption pour suivre les dénonciations venues du publique. Le port d’un badge ou le nom et le numéro matricule sont clairement lisible sera obligatoire. Ainsi le citoyen a tout ce qu’il faut pour déposer sa plainte sur le numéro vert.

Pour financer les augmentations des salaires et la modernisation, des économies seront réalisées comme suit :

– suppression des missions internes et de la presque totalité des missions externes. J’ai déjà écris plusieurs articles sur mon blog à ce sujet. Il n’est pas du tout rentable, ni écologique de déplacer véhicules, chauffeurs et  personnelle pour une réunion d’une heure à l’autre bout du pays ! L’organisation d’une conférence téléphonique coutera beaucoup moins, même au prix actuelle, beaucoup moins encore lorsque la modération permettra d’utiliser des outils comme la voix ou vidéo sur l’internet ! Beaucoup d’entre vous ont utilisé des outils comme Skype gratuitement par exemple. Les fonctionnaires pourraient faire de même !

– une mesure qui accompagne la suppression des missions, est celle de la suppression des vehicules de l’Etat dans la fonction publique. De la même façon que la fonction publique n’a pas d’avion pour les missions à l’étranger, elle n’aura pas de vehicules.  Seules les ministres auront des vehicules de fonction et ceci pour des raisons d’ordre sécuritaires et pratiques. Pour le reste, si un déplacement est vraiment nécessaire, il faudra utiliser les transports publics. Cette mesure en plus de faire des économies énormes en termes d’achat de vehicules et de carburant permettra de dynamiser certains secteurs de l’économie en créant une demande de service de la part de l’Etat.

Les Autres institutions

Les autres institutions de la république seront revues afin de juger de leur rentabilité au citoyen. Toute institution qui sera jugée non ou peu rentable sera supprimée. Par exemple, nous précéderons à un regroupement massif de nos ambassades pour n’avoir qu’une dizaine dans le monde entier. Pour un pays pauvre comme le Faso, être représenté à Paris, Bruxelles, Bonn, Vienne est simplement démagogique. Combien nous coute notre représentation à Taiwan en relation avec les échanges économiques que nous avons avec Taiwan ? Si cela se trouve, le cout que nous payons pour maintenir cette ambassade aurait pu en une année construire un hôpital Blaise Compaoré équipé de technologie de pointe ! Nous aimons bien nos amis, mais aussi notre pays!

Il y a les multiples projets et organes qui dépendent directement de la présidence de la République. Tous seront supprimer ou réintégré dans le circuit normal de l’Etat !

 

 

 

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